Cette semaine en histoire

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Une porte sur une autre culture

Semaine du lundi le 28 avril 2014

Le 1er mai 2013, la Société canadienne des postes émet une série de cartes postales et timbres commémoratifs portant l’image des portes des quartiers chinois du Canada, et ce, pour souligner l’importance du patrimoine chinois au pays. La série inclut notamment une représentation de la « porte des intérêts harmonieux » située à Victoria, en Colombie-Britannique, où se trouve le plus vieux des quartiers chinois du Canada.

Carte postale illustrant la « porte des intérêts harmonieux » de la série commémorative des portes des quartiers chinois
© Société canadienne des postes, 2013
Le quartier chinois de Victoria est fondé en 1858, lorsque la découverte d’or dans le fleuve Fraser incite des immigrants chinois à venir s’établir dans l’Ouest. La communauté connaît une seconde vague d’expansion dans les années 1880, avec l’arrivée d’une nouvelle vague de Chinois travaillant à la construction du chemin de fer national. Le quartier chinois de Victoria est alors le plus populeux du Canada. Sa population décline toutefois au 20e siècle, et ses bâtiments sont laissés à l’abandon. Le quartier commence à reprendre vie dans les années 1980, lorsque s’amorcent des projets de restauration.

La construction de la « porte des intérêts harmonieux », en 1981, s’inscrit dans ce mouvement de renouveau. Le nom de cette construction symbolique évoque les efforts déployés par les autorités municipales et la communauté pour préserver le patrimoine de la communauté chinoise. L’équilibre des couleurs (bleu, vert, rouge et or) et des symboles qui décorent la porte font écho à ce désir d’harmonie. Les deux lions en pierre qui l’encadrent sont un don de la ville chinoise de Suzhou, qui est jumelée à Victoria.

L’école publique chinoise a été construite en 1909 pour accueillir les enfants chinois à qui l’école publique était interdite. C’est aujourd’hui un centre culturel.
© Agence Parcs Canada / Andrew Waldron / 2011

Seul quartier chinois en Amérique du Nord où subsistent des bâtiments datant du 19e siècle, celui de Victoria présente une variété de styles architecturaux. Les bâtiments commerciaux les plus anciens sont du style italianisant en vogue à l’époque, avec ses toits plats, ses fenêtres rectangulaires, ses détails d’inspiration classique et ses corniches surdimensionnées. Au début du 20e siècle, les architectes commencent à intégrer des éléments d’inspiration chinoise pour créer un style hybride qu’incarne notamment l’école publique chinoise. Outre ses corniches de style italianisant et ses fenêtres Tudor, le bâtiment présente sur sa façade et son escalier des motifs rouges caractéristiques. Il est aussi coiffé par un mât de drapeau d’inspiration asiatique, un toit en pente à couverture de bardeaux et à l’avant-toit et aux coins retroussés.

Le plan d’aménagement très dense du quartier chinois est propice à de nombreuses cours secrètes et à des passages étroits. La ruelle Fan Tan, qui fait à peine un mètre de large, est le plus étroit de ces passages! Elle tient son nom du Fan Tan, jeu de gage populaire à l’époque où la ruelle était bordée de maisons de jeu et de fumeries d’opium. Les joueurs échappaient aux policiers en empruntant les nombreuses issues qu’offrait la ruelle. De nos jours, l’endroit accueille des boutiques d’artisans et sert souvent d’arrière-plan lors de tournages pour la télévision et le cinéma.

Le quartier chinois de Victoria est un lieu historique national, tout comme le quartier chinois de Vancouver. Les travailleurs chinois du chemin de fer du Canadien Pacifique sont désignés événement historique national, et certains membres de la communauté, comme Wong Foon Sien, ont été désignés personnes d’importance historique nationale.

Mai est le mois du patrimoine asiatique! Pour en savoir plus sur les Chinois au Canada, consultez Le quartier chinois de Victoria : un quartier d’hommes, Le quartier chinois de Vancouver : un quartier animé! et Commémoration des travailleurs chinois du rail dans les archives de Cette semaine en histoire.

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