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John Anderson : libre!

Semaine du lundi 10 février 2014

Le 16 février 1861, John Anderson, un esclave en fuite, évite de justesse un retour dans les fers lorsqu’il est aquitté par un tribunal de Toronto. 

John Anderson
© Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2013

Né au Missouri dans une famille d’esclaves, Anderson est séparé de sa femme et de ses enfants lorsqu’il passe aux mains d’un nouveau maître. En 1853 il décide de s’enfuir au Canada, où il sera libre et pourra réunir l’argent nécessaire pour acheter la liberté de sa famille. Malheureusement, dans sa fuite désespérée, il tue Seneca Diggs, un gardien d’esclaves. Anderson parvient à gagner Windsor, en Ontario, mais son répit est court. En 1854, les autorités américaines l’accusent formellement de meurtre et exigent son extradition. Lord Elgin, alors gouverneur général du Canada, refuse. Toutefois, en 1860, un juge de Brantford, en Ontario, a vent de l’histoire et commande qu’Anderson soir arrêté. James Gunning, un détective de Detroit, se rend alors à Brantford avec des preuves et un mandat d’arrestation officiel.

Le 24 novembre 1860, Anderson comparaît devant un tribunal de Toronto qui doit décider de le renvoyer ou non aux États-Unis. En vertu des lois canadiennes, le geste d’Anderson n’est pas considéré comme un meurtre car il défendait sa liberté contre un esclavagiste. Les juges qui entendent sa cause considèrent cependant qu’en vertu des lois du Missouri, Anderson a commis un meurtre et qu’il doit donc être rendu aux autorités américaines.

Osgoode Hall, à Toronto, où l’appel de John Anderson a été entendu
© Imprimeur de la Reine pour l'Ontario, 2013

Mais tout n’est pas perdu! De nombreux Canadiens sont sympathiques à la cause d’Anderson. Une pétition circule et recueille plus de 2 500 signatures. Les signataires craignent en effet que si Anderson est extradé aux États-Unis, aucun esclave fugitif ne sera jamais plus en sécurité au Canada. La British and Foreign Anti-Slavery Society porte la cause en appel en Grande-Bretagne, car le Canada est alors encore une colonie britannique. Cependant, l’appel d’Anderson est entendu au Canada avant que cette audience ne puisse avoir lieu et Anderson est libéré. Les abolitionnistes canadiens et britanniques qui appuient à la fois l’homme et sa cause se réjouissent!

Le mouvement abolitionniste, qui a permis la libération de John Anderson, est un événement d’importance historique nationale. Osgoode Hall, à Toronto, où l’appel de John Anderson a été entendu, est un lieu historique national.

Février est le mois de l’histoire des Noirs. Pour en savoir plus sur les esclaves fugitifs qui ont vécu au Canada, lisez : Shadrach Minkins, La voix de la liberté, La légendaire Harriet Tubman, Thornton et Lucie Blackburn mettent à l’épreuve la Loi sur les criminels fugitifs et Mary et Henry Bibb, un couple engagé!

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