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Louis Riel : coupable!

Semaine du lundi le 15 juillet 2013

 Le 20 juillet 1885, Louis Riel, accusé de haute trahison, plaide non coupable.

Louis Riel
© Bibliothèque et Archives Canada / C-018082

Leader des Métis et francophone d’éducation catholique dans les actuelles provinces du Manitoba et de la Saskatchewan, Riel est accusé de haute trahison par le gouvernement fédéral de Sir John A. Macdonald. Son rôle dans la rébellion et résistance du Nord-Ouest et les batailles de Fish Creek, Cut Knife et Batoche motive l'accusation de trahison par défaut d'allégeance à la Couronne britannique et au Dominion du Canada, crime passible de la peine de mort.

Le procès débute le 28 juillet à Régina, Saskatchewan. Le jury est composé d’anglophones protestants. Si la procédure avait lieu à Winnipeg - dans la province de Riel - le jury aurait été composé de 12 jurés - dont 6 francophones, selon la norme. Sir Charles Fitzpatrick est l'un des avocats qui défendent Riel. Malgré les désirs de son client qui s'oppose à cette stratégie, Fitzpatrick allègue que Riel souffre d'aliénation mentale pour tenter de sauver la vie de son client.

Le tribunal où Louis Riel est traduit en justice
© O.B. Buell / Bibliothèque et Archives Canada / PA-120244

Le 31 juillet, devant une salle d’audience pleine à craquer, Fitzpatrick prononce une éloquente défense. Il affirme les griefs des Métis, la folie de Riel et sa certitude que le jury n’enverra pas Riel à la potence. À deux reprises, Louis Riel prend la parole. Il ne veut pas être jugé fou et maintient qu’il avait agi pour défendre les droits des Métis et des Autochtones dans l’Ouest du Canada.

Malgré ces discours émouvants, le jury déclare Riel coupable, mais recommande la clémence. Le juge Richardson ordonne la peine de mort. Louis Riel est pendu le 16 novembre 1885.

Louis Riel s'addressant au jury lors de son procès
© O.B. Buell / Bibliothèque et Archives Canada / C-001879

Louis Riel est désigné personne d’importance historique nationale en 1956, en reconnaissance de son rôle auprès des Métis et de sa participation dans l’entrée du Manitoba dans la Confédération. Dans l’historiographie et la mémoire canadienne, Riel ne fait pas l'unanimité : certains le considèrent comme un héros de la rébellion et résistance du Nord-Ouest, tandis que d’autres jugent qu'il n'est rien de plus qu'un rebelle et traître qui a abusé de son pouvoir. De nos jours, Riel est vu comme un symbole des Métis et un patriote qui a été victime de différences de religion et d’ethnicité. D’ailleurs, pour les Manitobains, le troisième lundi du mois de février est dédié à Louis Riel.

L’éminent juriste et homme d’état, sir Charles Fitzpatrick, a aussi été désigné personne d’importance historique nationale.

Pour en savoir plus sur Louis Riel et la résistance des Métis, veuillez lire Batoche: terres sacrées des Métis, La bataille de Duck Lake, Chef et général: Gabriel Dumont et La bataille de Frenchman Butte dans les archives de Cette semaine en histoire, ou visitez le Lieu historique national de Batoche.

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