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Comment ça, « la vieille fille de McGill »?

Semaine du lundi le 13 janvier, 2014

Carrie Matilda Derick naît le 14 janvier 1862 à Clarenceville (Québec). Femme brillante, elle passe à l’histoire à titre de première femme professeure dans une université canadienne et titulaire du premier cours de génétique donné à l’Université McGill de Montréal.

Carrie Derick, première Canadienne à obtenir le titre de professeure
© Musée McCord / William Notman & Son / 1890
Enseignante dès l’âge de 15 ans, Carrie devient directrice de l’école locale à 19 ans. Elle est admise à McGill en 1887. À l’époque, cela ne fait que trois ans que l’institution accepte les femmes. Un an après qu’elle ait obtenu son baccalauréat, l’Université l’engage comme assistante à l’enseignement. On hésite à confier une charge de cours à une femme. Elle finit toutefois par obtenir cette fonction et devient professeure adjointe en 1904. Par contre, elle doit travailler beaucoup plus fort que ses collègues masculins, pour une fraction du salaire et de la reconnaissance. Et même si elle satisfait toutes les exigences, l’université de Bonn, en Allemagne, refuse de lui décerner un doctorat parce qu’elle est une femme.

En 1909, bien qu’elle ne porte pas encore le titre de professeure et qu’elle ne soit pas reconnue à sa juste valeur, Carrie continue de travailler comme chef du département de botanique de McGill. Elle reçoit enfin le titre de professeure de botanique morphologique en 1912. Elle se consacre alors à l’étude de la biologie des végétaux et crée un nouveau cours révolutionnaire sur l’évolution et la génétique. Sa contribution à la science lui vaut d’être inscrite à la liste des « American Men of Science » en 1910.

Carrie Derick a créé le premier cours de génétique offert à l’Université McGill
© Compte 90-105, Services scientifiques, 1920s-1970s, Smithsonian Institution Archives
La contribution de Carrie Derick n’est pas limitée au campus de l’Université McGill. Ainsi, elle milite au sein de la Fédération canadienne des femmes diplômées des universités, de la Montreal Suffrage Association, et du Conseil national sur l’enseignement, où elle prend position en faveur du droit de vote, de l’admission des femmes aux titres professionnels et de la légalisation de la contraception. Sur la question controversée de la contraception, elle n’hésite pas à s’opposer au premier ministre du Québec, sir Lomer Gouin, qui confiera par la suite : « Comme elle m’a fait rougir, cette vielle fille de McGill ».

Carrie Matilda Derick a contribué à abattre les obstacles qui bloquaient l’accès des femmes aux carrières professionnelles et universitaires. Elle est reconnue comme personne d'importance historique nationale.

Pour en savoir plus sur les femmes dans les universités canadiennes, consultez Première femme à faire des études universitaires. Pour en savoir plus sur les femmes dans le monde de la science, lisez Harriet Brooks, un femme de science.

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