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Une voix pour les anciens combattants

Semaine du lundi le 25 novembre 2013

Entre le 25 et le 27 novembre 1925, la Légion royale canadienne, le plus gros regroupement de vétérans du Canada consacré à l’action sociale et au service, voit le jour lors d’une assemblée de la Great War Veterans Association à l’hôtel Malborough de Winnipeg, au Manitoba. C’est là que les délégués d’une quinzaine d’organisations d’anciens combattants réunies s’entendent pour créer un nouveau groupe national. La fusion donne naissance à la Canadian Legion of the British Empire Service League, qui deviendra en 1926 la Légion royale canadienne. Fondée sur les principes de la loyauté et de la camaraderie, la Légion vise à permettre aux anciens combattants de la Première Guerre mondiale de défendre leurs intérêts d’une seule et même voix et d’honorer leurs compagnons d’armes.

Premier président de la Légion, le Lieutenant-général sir Percy Lake
© Agence Parcs Canada / Parks Canada Agency, 2008.
En 1918, à la fin de la Grande Guerre, environ 350 000 soldats rentrent au Canada, et les 73 000 soldats toujours au pays sont démobilisés. Tous doivent réintégrer la vie civile, mais bon nombre trouvent la transition difficile. Certains ont du mal à trouver un emploi dans un monde qui se modernise à vue d’œil. D’autres doivent composer avec les séquelles de leurs blessures physiques ou psychologiques.

Plusieurs associations de soldats voient le jour, et bon nombre se donnent comme mission d’améliorer le sort des anciens combattants au Canada. Ces organisations sollicitent l’appui du gouvernement fédéral pour fournir des soins aux blessés de guerre, distribuer des pensions et des allocations aux anciens combattants, et s’occuper des personnes à charge des défunts et des blessés.

L’hôtel Marlborough, Winnipeg
© Image reproduite avec la permission de Les Prairies selon Peel, une initiative numérique des bibliothèques de l’Université de l’Alberta.

Dès le milieu des années 1920, cette brochette d’organisations se livrent directement concurrence pour obtenir l’attention de la population et du gouvernement. Elles ne tardent pas à ce rendre compte que pour maximiser leur impact et atteindre leurs objectifs, elles doivent unir leurs voix. La plus grosse de ces organisations, la Great War Veterans Association, propose donc de fusionner en une seule toutes les organisations d’anciens combattants.

Au fil des années, la Légion devient un groupe influent dans la revendication des droits des vétérans. Elle convainc notamment le gouvernement canadien d’adopter la Loi sur les allocations aux anciens combattants en 1930, laquelle prévoit la distribution de prestations et de pensions aux soldats blessés. Ne souhaitant pas voir les erreurs du passé se reproduire, la Légion est très active durant la Seconde Guerre mondiale. Elle encourage le gouvernement canadien à mieux servir ses soldats, et celui-ci décrète la Charte des anciens combattants et met sur pied un ministère consacré aux anciens combattants. La Légion établit également une tradition d’engagement communautaire en mettant sur pied des programmes de sport pour les jeunes. Chaque année, la Légion mène la célèbre campagne du coquelicot qui lui permet d’amasser une grande partie des fonds nécessaires pour financer ses programmes, en plus de contribuer au maintien du Jour du Souvenir.

La Fondation de la Légion royale canadienne a été désignée événement d’importance historique nationale en 2009. Pour en savoir plus sur d’autres groupes de revendication au Canada, lisez les articles suivants : "La voix nationale des parents en éducation," La Canadian Woman's Christian Temperance Union, et La convention de tous les Juifs canadiens.

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