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L’incendie de Niagara-on-the-Lake

Semaine du lundi le 9 decembre 2013

 Le 10 décembre 1813, les habitants de Niagara-on-the-Lake regardent, impuissants, les soldats américains mettre le feu à leurs foyers. Auparavant appelée Newark et capitale du Haut-Canada, Niagara est une petite ville prospère située sur la rivière Niagara, un tronçon de la frontière qui voit de nombreux affrontements pendant la guerre de 1812.

Soldats américains allumant des torches pendant une reconstitution historique de     « Niagara on Fire ».
© Comité du bicentaire de Niagara-on-the-Lake / Tony Chisholm / 2013
En 1813, les Américains s’emparent de nombreux forts dans la région de Niagara. Le vent tourne alors que l’année tire à sa fin, et les forces britanniques et canadiennes, sous les ordres du lieutenant-général Gordon Drummond, marchent sur le fort George qu’occupent les Américains. Le fort, sous le commandement du brigadier-général George McClure, est mal défendu faute de troupes. McClure choisit donc de battre en retraite, mais décide d’incendier Niagara avant de vider les lieux, soi-disant pour priver les Britanniques et les Canadiens de quartiers d’hiver.

Et c’est ainsi que par une journée glaciale et neigeuse, les résidents de Niagara doivent abandonner leurs foyers et laisser les Américains y mettre le feu. La force américaine compte notamment un groupe formé d’Américains récemment immigrés au Canada et qui s’étaient battus pour leur ancienne patrie pendant la guerre. Cette unité pro-américaine était appelée les « Canadian Volunteers ». Selon un témoin, après le passage des Américains et des Volunteers, il ne restait de la ville que des tas de cendres et des rues jonchées de meubles.

Illustration de l’incendie d’une maison de Niagara, tirée de The Pictorial Field-Book of the War of 1812 par Benson J. Lossing.
© Harper & Brothers
Cette destruction gratuite indigne la population canadienne et avive son désir de vengeance. Drummond et ses troupes s’emparent rapidement des forts George et Niagara situés de l’autre côté de la rivière, dans l’État de New York. Ils prennent ensuite les villes de Lewiston et de Black Rock, puis incendient Buffalo, toujours aux États-Unis. Si les Américains brûlent Niagara dans le but de miner le moral des Canadiens et de nuire aux soldats britanniques, leur geste a en réalité l’effet contraire et motive plutôt ces derniers à se venger!

L’armée récupère les briques dans les décombres de la ville et s’en sert pour ériger le fort Mississauga, aujourd’hui un lieu historique national et le seul fort en forme d’étoile au Canada. Quant aux citoyens de la ville, ils retroussent leurs manches et rebâtissent leurs demeures. En 2003, Niagara-on-the-Lake a été désigné un lieu historique national en raison de son architecture caractéristique du début du 19e siècle. Cette désignation a contribué à faire reconnaître la valeur patrimoniale de bâtiments comme le palais de justice du district de Niagara. Le fort George, situé à proximité, est aussi désigné un lieu historique national.

Cette année marque le bicentenaire de la guerre de 1812. Pour en savoir plus, consultez la page Commémoration de la guerre de 1812 dans le site Web de Parcs Canada. Pour en apprendre davantage sur la région de Niagara pendant la guerre de 1812, lisez Assaut nocturne au port Niagara, Droit au cœur, L’échec des troupes américaines à Frenchman’s Creek et Les Américains capturent le fort George.

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