Lieu historique national du Canada du Monastère-de-l’Hôpital-général-de-Québec
Québec, Québec
Vue de la façade et du cimetière adjacent
© Parcs Canada | Parks Canada, Christine Boucher, 2024.
Adresse :
260, boulevard Langelier, Québec, Québec
Loi habilitante :
Loi sur les lieux et monuments historiques (L.R.C. (1985), ch. H-4)
Date de désignation :
2025-02-07
Dates :
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1671 à 2002
(Construction)
-
1671 à 1671
(Établissement)
Événement, Personne, Organisation :
-
Aucun architecte ou constructeur n’a pu être identifié pour les ailes les plus anciennes de cet ensemble conventuel. Les architectes suivants ont été identifiés pour les ailes les plus récentes:
Pierre Lévesque : aile Notre-Dame-des-Anges (1929), aile de
(Architecte)
Autre nom(s):
-
Monastère de l’Hôpital général de Québec
(Nom de la désignation)
Numéro du rapport de recherche :
2024-12, 2024-12-A
Description du lieu patrimonial
Le lieu historique national du Canada du monastère de l’Hôpital général de Québec est un complexe architectural situé dans la basse-ville de Québec, à la jonction des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur. Le plan irrégulier du complexe est formé de plusieurs ailes correspondant à l’ancien hôpital général et au monastère des Augustines : seule la partie correspondant au monastère, toujours propriété des Augustines, fait l’objet de la désignation à titre de lieu historique national. L’ensemble conventuel comprend les onze ailes du monastère construites entre 1671 et 2002, à savoir la chapelle Notre-Dame-des-Anges (1671), la sacristie et le chœur des Récollets (1679), l’aile des Récollets (1680), le presbytère (1710), l’aile de l’Apothicairerie (1714), la première aile de la communauté (1737), la seconde aile de la communauté (1843), l’aile Notre-Dame-des-Anges (1929), l’aile de l’infirmerie (1939, rénovée en 2015), le chœur des religieuses (1964) et l’infirmerie (2002), en plus de la maison du jardinier (1840) et de sa dépendance. Outre ces bâtiments, il comprend plusieurs grands espaces paysagers, un jardin et trois cimetières. Les limites du lieu sont définies par un mur d’enceinte, le long de la rue des Commissaires Ouest, par la rue Saint-Anselme et par la propriété du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale dont la limite nord est bornée par la rue Simon-Napoléon Parent. Mentionnons que le cimetière de l’Hôpital général est inclus dans les limites du lieu, même s’il a été désigné lieu historique national du Canada en 1999.
Valeur patrimoniale
Le monastère de l’Hôpital général de Québec (Québec, Québec) a été désigné lieu historique national du Canada en 2025. Ce lieu est reconnu pour les raisons suivantes :
• situé sur le territoire traditionnel de plusieurs Premières Nations, cet ensemble conventuel occupé de façon continue par les Augustines depuis 1693 constitue un éloquent témoin de leur œuvre hospitalière. Plus ancien établissement conventuel au pays, il revêt une importance capitale pour l’histoire hospitalière, religieuse et sociale du Canada;
• s’inspirant de la tradition européenne, les bâtiments du monastère des Augustines illustrent de façon remarquable l’évolution de l’architecture et des techniques de construction au pays depuis la seconde moitié du XVIIe siècle. Certaines parties témoignent de l’aspect original du décor du monastère, dont le réfectoire du bâtiment hérité des Récollets, avec ses lambris en pin, et la chapelle Notre-Dame-des-Anges, avec sa voûte cintrée en bois et son magnifique retable;
• hors de portée des bombardements pendant le siège de Québec et n’ayant jamais subi d’incendie majeur, les bâtiments témoignent d’une grande authenticité. L’ensemble constitue un lieu de préservation d’un patrimoine architectural et artistique de première importance, lequel est dans un état de conservation remarquable.
Le monastère de l’Hôpital général de Québec s’est développé sur l’ancien domaine des Récollets et a été occupé de façon continue par les Augustines depuis 1693. Arrivés en Nouvelle-France en 1615, les Récollets établissent leur couvent en bordure de la rivière Saint-Charles à partir de 1620. Après un exil forcé à la suite de la prise de Québec par les frères Kirke à la solde de l’Angleterre, les Récollets reprennent possession de leur domaine en 1670 puis construisent une église (1671-1673) et un nouveau monastère en pierre (1680-1684). En 1692, l’évêque Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727) acquiert le couvent des Récollets et y fonde un hôpital général, ouvert aux pauvres, aux malades, aux invalides ainsi qu’aux vieillards. En 1693, il confie la direction de cet hospice aux Augustines de la Miséricorde de Jésus, une communauté de sœurs hospitalières cloîtrées qui sont déjà responsables de l’Hôtel-Dieu de Québec. Le monastère de l’Hôpital général de Québec sert d’hôpital militaire pendant la guerre de Sept Ans et particulièrement pendant le siège de Québec (1759) et la bataille de Sainte-Foy (1760), accueillant sans distinction les soldats blessés, alliés ou ennemis. En 1775, le monastère est occupé par les révolutionnaires de la Nouvelle-Angleterre. De plus, il a été le lieu de refuge de la population victime des grands incendies dans les quartiers adjacents de Saint-Roch (1845) et de Saint-Sauveur (1866). En 1999, les religieuses se départissent de la section du bâtiment qui servait d’hôpital général. L’endroit devient un Centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) géré par le gouvernement du Québec.
Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbal, juin 2024.
Éléments caractéristiques
Parmi les caractéristiques qui confèrent à ce lieu sa valeur patrimoniale, notons :
— sa localisation dans la municipalité de Notre-Dame-des-Anges, au sein de la basse-ville de Québec, à la jonction des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur;
— sa délimitation au sud et à l’ouest par un mur de clôture de pierre le long de la rue des Commissaires Ouest;
— le cimetière de l’Hôpital général (LHN, 1999), de même que les deux cimetières de la communauté, l’un aménagé à l’intérieur du cloître et l’autre, dans la partie sud-ouest de la propriété, avec leur charnier;
— les grands espaces paysagers et le jardin;
— la maison du jardinier et sa dépendance;
— la disposition des bâtiments et les quatre cours intérieures, celle du cloître étant complètement fermée;
— les caractéristiques architecturales extérieures de la chapelle Notre-Dame-des-Anges, dont le plan rectangulaire, la nef à un vaisseau terminée par un chevet plat, le toit à deux versants, la sacristie à quatre niveaux coiffée d’un toit plat, les matériaux, la façade (dont le pignon percé d’un oculus, le porche, les ouvertures cintrées et rectangulaires, les retours de corniche), le clocher à deux étages à la jonction de la sacristie et du bâtiment des Récollets, les fenêtres cintrées et rectangulaires, les lucarnes cintrées et les corniches moulurées;
— les caractéristiques architecturales extérieures des ailes Notre-Dame-des-Anges, de la première aile de la Communauté et du presbytère, dont leurs volumes (notamment le plan rectangulaire, les élévations de trois étages et demi et les toits à deux versants droits), les matériaux (dont les murs en pierre et les couvertures en tôle à la canadienne), les murs coupe-feu, les ouvertures (rectangulaires et cintrées, notamment les lucarnes à croupe et à pignon, les fenêtres et les portes en bois à imposte) les balcons en bois, le porche d'entrée, les esses et les ornements;
— les caractéristiques architecturales extérieures du chœur des Religieuses, du bâtiment des Récollets, de la seconde aile de la Communauté ainsi que de l’aile de l'Apothicairerie, dont leurs volumes (notamment le plan rectangulaire, les élévations d’un à cinq étages et les toits plats), les matériaux (dont les murs en pierre), les ouvertures, les chambranles en pierre de taille, les galeries, les esses et les ornements;
— les caractéristiques et détails des intérieurs originaux qui subsistent toujours, incluant le décor de la chapelle (la voûte cintrée en bois, les lambris à panneaux décorés de paysages peints, le retable du chœur, le maître-autel et son tabernacle), le grand escalier du cloître, les armoires encastrées et l’ensemble du mobilier intégré à l’architecture, les éléments menuisés, les planchers en bois, les plafonds à couvre-joints et à caissons, et la charpente de bois d’origine de la chapelle.