Lieu historique national du Canada de l’Édifice-D.A. Gillies
Arnprior, Ontario
Bureau de poste, Arnprior, Ontario, vers 1906
(© Unknown/Reverend Woodhouse Collection / Library and Archives Canada | Inconnu/collection Reverend Woodhouse / Bibliothèque et Archives Canada / C-002996)
Adresse :
35, rue Madawaska, Arnprior, Ontario
Loi habilitante :
Loi sur les lieux et monuments historiques (L.R.C. (1985), ch. H-4)
Date de désignation :
2024-08-13
Dates :
-
1896 à 1898
(Construction)
-
1967 à 1967
(Significative)
-
1991 à 1991
(Significative)
Événement, Personne, Organisation :
-
Thomas Fuller, architecte en chef du Dominion
(Architecte)
Autre nom(s):
-
Édifice D.A. Gillies
(Nom de la désignation)
-
Édifice David A. Gillies Building
(Autre nom)
-
Bureau de poste et bureau des douanes d'Arnprior
(Autre nom)
-
Musée d'Arnprior et du district
(Autre nom)
Numéro du rapport de recherche :
2023-28, 2023-28-A
Description du lieu patrimonial
Le lieu historique national du Canada de l’Édifice-D.A. Gillies, un important point d’intérêt local, est un bâtiment de deux étages et demi présentant une silhouette et une ligne de faîte dynamiques ainsi qu’une tour d’horloge octogonale flanquée de deux façades à peu près symétriques, chacune dotée d’une grande lucarne murale à pignon. Une annexe d’origine d’un étage se trouve au nord du bâtiment principal. Les murs de l’édifice présentent un éventail coloré de pierre calcaire et de grès et allient ouvertures en arc, encorbellements, cordons et lettres sculptées. Construit de 1896 à 1898, il illustre l’éclectisme pittoresque de la fin de l’époque victorienne et une libre utilisation d’éléments du renouveau historique intégrant le style roman richardsonien et des éléments du style gothique et flamand. Le lieu désigné correspond à l’empreinte du bâtiment.
Valeur patrimoniale
L’édifice D.A. Gillies a été désigné lieu historique national du Canada en 2024. Ce lieu est reconnu pour les raisons suivantes :
• construit de 1896 à 1898 selon les plans de Thomas Fuller, architecte en chef du Dominion, ce bâtiment remarquable est un exemple représentatif des petits bureaux de poste et de douanes urbains bâtis dans le cadre d’un programme national visant, à cette époque, à regrouper les services fédéraux dans des structures attrayantes et bien situées;
• sa hauteur de deux étages et demi, le recours à des matériaux de haute qualité, sa conception qui illustre l’éclectisme pittoresque de son époque et une libre utilisation d’éléments du renouveau historique, son emplacement bien en vue et son aménagement intérieur font du bâtiment un excellent exemple de l’ensemble de l’œuvre de Fuller et de la conception de la fin de l’époque victorienne ainsi qu’un symbole des aspirations du Dominion;
• le bâtiment est sauvé de la démolition et change de vocation grâce aux efforts d’un défenseur du patrimoine de la région, D. A. Gillies, dans le cadre d’un projet visant à souligner le centenaire du Canada à Arnprior en 1967, puis devient un exemple du nouveau mouvement de préservation du patrimoine de cette décennie.
L’édifice D.A. Gillies est une représentation modeste, mais excellente, des efforts du gouvernement fédéral visant à ériger des immeubles fédéraux distinctifs et attrayants dans les petites villes du pays. Construit de 1881 à 1896 pour servir de bureau de poste et de douane, il est conçu par Thomas Fuller, architecte en chef du Dominion du Canada. L’édifice illustre l’approche appliquée par Fuller dans la conception de bureaux de poste dans les petits centres urbains et, à cet égard, présente des éléments distinctifs tels qu’une tour d’horloge et des murs en pierres locales et importées des Maritimes. Ainsi, il incarne la création, à la fin du XIXe siècle, du « style Dominion », qui confère une apparence canadienne distinctive aux édifices fédéraux. Menacé de démolition au milieu des années 1960, l’édifice est épargné grâce aux efforts d’un marchand de bois local, David A. Gillies, qui en fait don à la Ville pour qu’il devienne un centre culturel. Dans le cadre d’un projet visant à souligner le centenaire du Canada à Arnprior en 1967, l’édifice est rénové pour devenir une bibliothèque ainsi qu’un musée, représentant l’un des rares mais importants projets patrimoniaux financés à l’occasion de cette célébration nationale.
Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbal, décembre 2023.
Éléments caractéristiques
Parmi les caractéristiques qui confèrent à ce lieu sa valeur patrimoniale, notons :
— son emplacement à l’intersection des rues Madawaska et John North au centre-ville d’Arnprior, en Ontario;
— la volumétrie de deux étages et demi et la silhouette pittoresque de l’ensemble principal et de l’aile nord d’un étage en forme de L, la symétrie des façades sud et ouest de l’ensemble principal, et la tour octogonale du coin sud-ouest;
— son style architectural qui combine le roman richardsonien et l’éclectique victorien, ainsi que ses matériaux, dont les revêtements muraux polychromatiques, les surfaces et l’ornementation en pierre sculptée rugueuse, le soubassement en calcaire gris de Beckwith, les murs supérieurs en grès de North Elmsley, les linteaux et appuis de fenêtres ainsi que les éléments décoratifs en grès rouge de la Nouvelle-Écosse, ainsi que des détails ornementaux en pierre, dont des lettres sculptées, des cordons et des encorbellements;
— l’entrée principale en retrait avec des portes doubles et une imposte, l’entrée en saillie orientée vers l’ouest dotée de portes doubles, d’un toit en croupe et d’une imposte, l’entrée ouest en saillie de l’aile nord d’un étage dotée de portes doubles, ainsi que le parapet à gradins orné d’un soleil levant sculpté, les larges fenêtres à arc plat du rez-de-chaussée, les voussoirs épais, les grandes ouvertures rectangulaires des fenêtres et les linteaux en pierre proéminents;
— la cheminée centrale et les lucarnes murales à pignon sur les façades sud et ouest ornées de pierres taillées en forme de pyramide, et les lucarnes à pignon en croupe du troisième étage;
— les toits en pavillon cintrés tronqués et les toits en croupe de l’aile nord d’un étage, ainsi que le revêtement en métal;
— l’entrée en arc de la tour octogonale, les ouvertures rectangulaires étroites des fenêtres, l’encorbellement, l’horloge à quatre cadrans intégrés dans des lucarnes semi-circulaires, et la coupole dotée d’un toit cintré et d’un épi de faîtage;
— les fenêtres à guillotine des premier et deuxième étages et leurs meneaux à motif de damier;
— les éléments intérieurs et les finitions, notamment les voûtes des premier et deuxième étages, l’escalier doté de pilastres imposants et de rampes nobles, et les plafonds en bois.