Caserne
Édifice fédéral du patrimoine classé
Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, Québec
Façade
© Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada.
Adresse :
1, 61ième avenue, Lieu historique national du Canada du Fort-Lennox, Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, Québec
Loi habilitante :
La Politique du Conseil du Trésor sur la gestion des biens immobiliers
Date de désignation :
1992-01-09
Dates :
-
1825 à 1829
(Construction)
Événement, Personne, Organisation :
-
Captain P. Cole
(Architecte)
-
Ministère des Travaux publics
(Architecte)
Autre nom(s):
-
la grande caserne
(Autre nom)
-
Fort Lennox, Caserne
(Autre nom)
Ministère gardien
Parcs Canada
Référence du rapport BEEFP
90-027
Numero RBIF :
06669 00
Description du lieu patrimonial
La caserne du lieu historique national du Canada du Fort-Lennox est le plus grand bâtiment du côté ouest du terrain de parade qu’il domine. Surnommée « la grande caserne » dans la région, le bâtiment se distingue par l’échelle imposante de sa façade en pierre qui est accentuée par un avant-corps couronné d’un fronton. La symétrie de la composition, l’espacement régulier des ouvertures, le toit en croupe percé de cinq cheminées, les meurtrières et l’imposant escalier extérieur sur le mur arrière comptent parmi les autres caractéristiques qui distinguent ce bâtiment. La désignation se limite au tracé au sol du bâtiment.
Valeur patrimoniale
La caserne est un édifice fédéral du patrimoine classé en raison de son importance historique, de l’intérêt qu’elle présente sur le plan architectural et de la place privilégiée qu’elle occupe dans son milieu.
Valeur historique
La caserne est associée au thème de la défense du Haut et du Bas-Canada. Après la guerre de 1812-1814, les officiers britanniques ont dû reformuler leur stratégie de défense pour parer au risque d’une invasion des forces américaines par le lac Champlain et le fleuve Richelieu. Ils décidèrent donc de construire une fortification à l’Île-aux-Noix, plutôt qu’à Saint-Jean, en raison des nets avantages présentés par cet emplacement en cas d’attaque navale. La caserne a donc contribué au rôle stratégique de la fortification.
Valeur architecturale
La caserne témoigne d’une excellente conception esthétique influencée par l’architecture palladienne au Canada au début du XIXe siècle. À une époque où les casernements militaires étaient habituellement de simples ouvrages utilitaires, le style formel de ce bâtiment lui donne une allure grandiose. Le plan intérieur, conçu dans l’intention de loger autant de soldats que possible, est simple et très fonctionnel. La qualité de l’exécution se voit dans les murs en maçonnerie bien exécutés, à assises régulières, complétés par des pierres d’angle en bossage. La longévité de la caserne et le bon état des matériaux employés reflètent la haute qualité de la construction.
Valeur environnementale
La caserne entretient un rapport inchangé avec son emplacement. Elle domine le côté ouest du terrain de parade et renforce le caractère militaire du cadre du fort historique où elle est située. Le bâtiment est bien connu des visiteurs et du personnel au lieu historique national du Canada du Fort-Lennox.
Sources : Gisèle Piédalue avec la collaboration d’André Charbonneau, Yvan Fortier et de Paul Trépanier, Corps de garde et caserne du fort Lennox, Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine, rapport de recherche, rapport 90-027; Caserne, Fort Lennox (Québec), Énoncé de la valeur patrimoniale, 90-027.
Éléments caractéristiques
Les éléments qui définissent le caractère de la caserne devraient être respectés.
Son excellente conception esthétique, sa très haute fonctionnalité et l’excellence des matériaux employés et de l’exécution, c’est-à-dire : l’échelle imposante, le volume rectangulaire et la symétrie de la composition, le tout coiffé d’un toit en croupe percé de cinq cheminées; l’échelle imposante de la façade avec son avant-corps terminé par un fronton percé d’un oculus, ce qui témoigne de l’influence palladienne; l’espacement régulier des ouvertures, les meurtrières percées dans le mur arrière et les murs latéraux et l’imposant escalier extérieur greffé au mur arrière; la compartimentation de l’intérieur, les murs épais et les voûtes; les murs en maçonnerie bien exécutés, à assises régulières, avec des pierres d’angle en bossage et les éléments en bois et en brique du bâtiment; les fenêtres à nombreux petits carreaux; les éléments intérieurs, dont les cinq foyers, les portes en métal et la quincaillerie des portes et les anneaux fixés au plafond.
La façon dont la caserne entretient un rapport inchangé avec son emplacement, renforce le caractère militaire du cadre du fort historique où elle est située et est un bâtiment bien connu du fort Lennox, c’est-à-dire : son rapport soutenu avec le terrain de parade et les ouvrages défensifs; son échelle imposante, son style et les matériaux utilisés, qui s’harmonisent avec les autres bâtiments du fort et entretiennent un rapport avec eux; sa haute visibilité, son échelle imposante et sa dominance du côté ouest du terrain de parade; le fait que le bâtiment est connu localement par le nom de « grande caserne » et sa fonction de musée, qui font qu’il est bien connu des nombreuses personnes qui visitent le lieu historique national et de celles qui y travaillent.
Énoncé de valeur patrimoniale
Avis de non-responsabilité -
L'énoncé de valeur patrimoniale a été mis en place par le BEÉFP, afin de clarifier l'objet de la désignation d'un bâtiment fédéral du patrimoine et ce qui confère à l'édifice son importance patrimoniale. Il est donc un document de référence clé pour toute personne impliquée dans un projet d'intervention sur des édifices fédéraux du patrimoine et il est utilisé par le BEÉFP lors de ses examens d'intervention.
La construction de la caserne du fort Lennox a eu lieu entre 1825 et 1829, sous la supervision de divers officiers du génie, dont le capitaine P. Cole. Sa fonction première était d’abriter les soldats. Suite à la désignation du Fort-Lennox comme lieu historique national en 1922, le bâtiment a été utilisé comme entrepôt et salle à café. Entre 1940 et 1944, il a servi de dortoir aux réfugiés. Durant les étés de 1945 à 1948, la caserne a abrité les activités de la Jeunesse étudiante catholique. Aujourd’hui, on trouve une cantine et des toilettes publiques à l’extrémité sud du bâtiment, alors que le reste du rez-de-chaussée sert d’entrepôt et d’atelier. Une partie de l’étage abrite une reconstitution de dortoir des soldats au XIXe siècle; le reste du plancher est inoccupé. La caserne est partie intégrante du lieu historique national du Fort-Lennox. Parcs Canada est responsable de la caserne. Consulter le rapport 90-27 du BEEFP.
Raisons de la désignation
La caserne du fort Lennox a été désignée édifice classé pour ses grandes qualités architecturales et environnementales, ainsi que pour l’importance du thème historique quiluiestassocié.
Alors que les casernes sont généralement conçues comme de simples bâtiments fonctionnels, la caserne du fort Lennox arbore une allure grandiose. Sa conception esthétique reflète l’influence de l'architecture palladienne au Canada durant les premières décennies du XIXe siècle. Son aménagement intérieur, qui devait permettre de loger le maximum de soldats, fait preuve d’une grande simplicité. La stabilité de cette caserne et le bon état de conservation des matériaux témoignent de la qualité de sa construction.
Le bâtiment que l’on surnomme 'la grande caserne' domine le côté ouest du champ de parade. À peu de chose près, cette caserne a conservé son lien d’origine avec les autres bâtiments de la forteresse. À l’étage, l’installation muséologique qui illustre la vie quotidienne du simple soldat constitue un attrait certain pour les visiteurs.
La caserne du fort Lennox est aussi associée à la thématique de la défense du Canada. Suite à la guerre de 1812-1814, les officiers britanniques ont dû repenser la stratégie défensive pour arrêter toute progression ennemie par le lac Champlain et la rivière Richelieu. Ils ont alors décidé de construire une fortification à l’Île-aux-Noix plutôt qu’à Saint-Jean, à cause de ses nets avantages dans le cas d’une attaque navale. La caserne a contribué au rôle stratégique de cette fortification.
Eléments caractéristiques
La valeur patrimoniale de la caserne repose sur sa conception formelle, sur ses détails de construction, sur son organisation spatiale et sur les éléments qui font référence à ses fonctions d’origine. Elle repose également sur sa relation avec le terrain de parade et les autres bâtiments de la fortification.
La caserne doit son allure grandiose à sa façade de dimensions imposantes, mais surtout à son avant-corps central orné d’un fronton à oculus d’inspiration palladienne. Comme autres traits distinctifs de cet édifice, on note sa composition symétrique, la répartition régulière des ouvertures, le toit à croupes, les cinq souches de cheminées, les meurtrières (murs latéraux et arrière) et l’imposant escalier extérieur situé sur l’élévation arrière. Toutes ces caractéristiques formelles sont à préserver. Si le toit devrait être refait, on devrait utiliser les matériaux et les techniques d’époque afin de maintenir l’intégrité du caractère architectural. Les fenêtres à petits carreaux jouent un grand rôle dans la composition de cet édifice et devraient être réparées ou remplacées par des copies conformes aux anciennes.
Les murs de la caserne arborent un travail de maçonnerie très bien exécuté qu’il faudrait préserver. Les pierres en bossage disposées en chaîne d’angle harpée contrastent avec la maçonnerie des pans de murs où les pierres sont posées à assises réglées. Pour préserver l’intégrité visuelle des murs, il est recommandé que le mortier de rejointoiement et les pierres de remplacement soient identiques aux matériaux anciens (composition, couleur, profil et type d’appareil). Il faudrait ainsi traiter tous les éléments métalliques contre la corrosion. Tous les éléments en bois et en brique qui font partie du concept structural d’origine mériteraient également d’être conservés.
L’intérieur de cette caserne est dépourvu de tout élément décoratif. Il serait préférable de préserver cette simplicité dans les aménagements futurs. La compartimentation des espaces, les murs épais, les voûtes et les meurtrières sont autant d’indices que la caserne pouvait servir de réduit. Il est donc recommandé de ne pas porter atteinte à l’intégrité de ces éléments. Par ailleurs, toute nouvelle utilisation, partielle ou globale, le bâtiment devrait pouvoir s’adapter à l’organisation spatiale existante et permettre d’intégrer les finis intérieurs d’époque encore en place. Sont à documenter et à préserver les cinq foyers, les portes en métal et leur quincaillerie ainsi que les anneaux ancrés dans les plafonds.
Le maintien de l’intégrité de l’environnement et des ouvrages défensifs entourant la caserne est grandement souhaitable. La relation de cette dernière avec les autres bâtiments de la fortification s’est maintenue au fil des ans. Il faudrait veiller à ce qu’aucune construction ne vienne perturber son environnement immédiat et sa relation avec le terrain de parade. L’introduction de concepts d’aménagement paysager qui dérogeraient du contexte militaire du lieu est à éviter.