Logis d'officiers

Édifice fédéral du patrimoine classé

Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, Québec
Vue au coin © Parks Canada / Parcs Canada, 2009 HRS #
Vue au coin
© Parks Canada / Parcs Canada, 2009 HRS #
Vue au coin © Parks Canada / Parcs Canada, 2009 HRS #Vue en angle du logis d'officiers, montrant la composition symétrique et régulière du bâtiment, ses proportions équilibrées, et le rythme régulier des ouvertures, 1989. © Canadian Parks Service / Service canadien des parcs, 1989.
Adresse : Lieu historique national du Canada du Fort-Lennox, Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, Québec

Loi habilitante : La Politique du Conseil du Trésor sur la gestion des biens immobiliers
Date de désignation : 1989-12-07
Dates :
  • 1821 à 1827 (Construction)

Événement, Personne, Organisation :
  • Samuel Romilly, commandant des Royal Engineers  (Architecte)
Ministère gardien Parcs Canada
Référence du rapport BEEFP 89-057
Numero RBIF : 06669 00

Description du lieu patrimonial

Le logis d’officiers au lieu historique national du Canada du Fort-Lennox est une construction de maçonnerie de deux étages, suivant un plan rectangulaire, qui mesure 27 sur 13 mètres et qui est couverte par un toit en croupe métallique. La composition classique sévère de l’édifice combine des bandeaux en pierre calcaire lisses et une maçonnerie de pierre contrastante à la base, aux angles et aux arcades. Un portique à arcades domine la façade principale, qui donne sur le terrain de parade du fort, dont le logis des officiers délimite le pourtour à l’instar des autres grands bâtiments du fort. La désignation se limite au tracé au sol du bâtiment.

Valeur patrimoniale

Le logis d’officiers est un édifice fédéral du patrimoine classé en raison de son importance historique, de l’intérêt qu’il présente sur le plan architectural et de la place privilégiée qu’il occupe au sein de son milieu.

Valeur historique
Le logis d’officiers est étroitement lié à la stratégie de défense des frontières du Canada mise de l’avant entre 1820 et 1830. À la suite des expériences de la guerre de 1812-1814, les forces militaires britanniques ont révisé leur stratégie défensive pour parer aux attaques provenant du sud, par voie du lac Champlain et de la rivière Richelieu, et ont décidé de construire une nouvelle fortification à l’Île-aux-Noix. Le fort et les bâtiments qu’il renferme évoquent donc aussi les discussions d’ordre stratégique et tactique qui ont influencé le développement de la vallée du Haut-Richelieu. Le logis d’officiers a été construit en tant qu’élément intégral du fort et fait partie de l’infrastructure de logement aménagée à même les remparts pour loger la garnison britannique. Il accueillait maints officiers qui commandaient les divers régiments d’infanterie et d’artillerie déployés dans la région de Montréal.

Valeur architecturale
Conçu par Samuel Romilly, commandant des Royal Engineers, le logis d’officiers est d’une qualité esthétique supérieure. Il s’agit d’une composition bien équilibrée et sophistiquée où l’on sent une influence du style palladien, notamment dans la façade principale, le portique et l’effet contrastant de la pierre taillée et de la maçonnerie bossagée, ainsi que des influences néoclassiques qui paraissent dans les lignes sévères des façades secondaires. D’une conception fonctionnelle supérieure, le bâtiment abrite des quartiers confortables dignes des officiers qui y sont logés. L’extérieur bien conservé et l’intérieur relativement intact, avec sa menuiserie de haute qualité et un grand nombre de détails architecturaux d’originaux, démontrent que les matériaux sélectionnés se sont avérés très résistants et de haute qualité et qu’un savoir-faire irréprochable a été investi dans la construction.

Valeur environnementale
Le logis d’officiers renforce le caractère militaire de son cadre dans le fort, tel qu’il est vu de l’extérieur, et contribue à affirmer celui du terrain de parade. L’emplacement, ainsi que son rapport avec le paysage bucolique de l’Île-aux-Noix, sont intacts. L’image bien connue de la façade principale de l’édifice et de son portique en fait un repère familier dans la région, ce qui contribue à définir la vallée du Richelieu à titre de « vallée des forts ».

Sources : André Charbonneau et Yvan Fortier, Logis d’officiers du fort Lennox (Québec). Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine rapport de recherche 89-057; Logis des officiers – Casemates des fronts nord et ouest, Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix (Québec), Énoncé de la valeur patrimoniale, 89-057.

Éléments caractéristiques

Les éléments qui définissent le caractère du logis d’officiers devraient être respectés.

La composition bien équilibrée et sophistiquée du bâtiment où l’on sent une influence du style palladien ainsi que des influences néoclassiques, sa conception fonctionnelle supérieure qui donne lieu à des quartiers confortables, et l’excellente qualité des matériaux et de l’exécution, c’est-à-dire : la composition symétrique et régulière du bâtiment, ses proportions équilibrées, son portique à arcades, son toit en croupe et le rythme régulier des ouvertures, autant d’éléments d’inspiration classique; l’ouvrage de maçonnerie adroit, qui fait un contraste entre la pierre calcaire lisse posée en appareils serrés et la pierre bossagée de la base, des coins et des arches; les nombreux détails originaux à l’intérieur, dont les rampes des escaliers, les chambranles de portes et de fenêtres qui témoignent du riche décor menuisé, les foyers d’origine et autres éléments caractéristiques du décor intérieur, le plâtre et les tapisseries sur les murs, tous des détails qui reflètent le rang supérieur des quartiers réservés aux officiers; la distribution des pièces, qui est essentiellement intact et qui reflète l’utilisation des chambres privées au-dessus des salles communes.

La façon dont le bâtiment renforce le caractère militaire de son cadre et constitue un repère dans la région, c’est-à-dire : la ressemblance délibérée entre le logis des officiers et son homologue, le corps de garde, ce qui crée une composition symétrique par rapport à l’entrée du terrain de parade du lieu historique national du Canada du Fort-Lennox; le fait que les terrains soient intacts dans les fortifications et aux alentours et qu’aucune construction plus récente n’y ait été ajoutée.

Énoncé de valeur patrimoniale

Avis de non-responsabilité - L'énoncé de valeur patrimoniale a été mis en place par le BEÉFP, afin de clarifier l'objet de la désignation d'un bâtiment fédéral du patrimoine et ce qui confère à l'édifice son importance patrimoniale. Il est donc un document de référence clé pour toute personne impliquée dans un projet d'intervention sur des édifices fédéraux du patrimoine et il est utilisé par le BEÉFP lors de ses examens d'intervention.

Le logis d'officiers a été construit pendant la période 1821-1827 selon les plans de l'ingénieur Samuel Romilly, alors commandant des Ingénieurs royaux du district de Montréal. Il semble qu'on puisse aussi lui attribuer la conception de certaines des casemates érigées entre 1819 et 1830.

Le logis d'officiers et les casemates sont des parties intégrantes du Fort-Lennox qui est devenu un lieu historique national en 1922. Aujourd'hui, le logis abrite à l'étage, les bureaux du service au public du parc historique national du Fort-Lennox et au rez-de-chaussée, des salles d'exposition. Les casemates sont pour la plupart inutilisées à l'exception de l'une d'entre elles, qui abrite une génératrice. Les casemates font partie du plan d'interprétation du Fort-Lennox. Ces immeubles appartiennent au Service canadien des parcs.

Voir le rapport 89-57 du BEEFP.


Raison des désignations

Le logis d'officiers a été désigné "classé" et les casemates des fronts nord et ouest ont été désignées "reconnues." Ces immeubles ont été désignés parce que leur construction témoigne de la stratégie défensive mise de l'avant entre 1820 et 1830 pour défendre les frontières du Canada. De plus, l'on considère comme excellente la qualité esthétique du logis d'officiers et comme très bonne celle des casemates du front nord. Enfin il faut souligner que le lien historique entre tous ces bâtiments et l'encadrement paysager de l'Île-aux-Noix est demeuré inchangé.

Suite aux expériences de la guerre de 1812-1814, les militaires britanniques n'ont pas hésité à revoir la stratégie défensive pour parer aux attaques provenant du sud et quelques années plus tard on a décidé de construire une nouvelle fortification à l'Île-aux-Noix: le Fort-Lennox. Celui-ci aura comme objectif premier d'arrêter toute progression ennemie par le lac Champlain et la rivière Richelieu. Le logis d'officiers et les casemates ont été construits pour répondre aux besoins de la garnison britannique affectée au Fort-Lennox.

Le logis d'officiers, malgré une volumétrie relativement simple, présente une architecture attrayante et une qualité esthétique évidente. L'arrangement de la maçonnerie sur la façade principale de l'édifice, sans doute inspiré du style palladien, fait ressortir la remarquable série d'arcades derrière laquelle se trouve un portique longitudinal. Quant au traitement plus dépouillé des façades secondaires, on y perçoit une influence néo-classique.

L'intérieur du logis d'officiers présente aussi un intérêt puisque le décor menuisé est demeuré sensiblement ce qu'il était au moment de la construction et que les cloisons originelles, malgré quelques modifications, existent toujours.

Enfin le bon état de conservation d'un grand nombre de détails architecturaux d'origine du logis d'officiers démontre que les matériaux sélectionnés se sont avérés très performants et qu'une excellente qualité d'exécution a été maintenue pendant toute la durée de la construction.

La qualité architecturale des quatre premières casemates construites sur le front nord est reliée à leur distribution symétrique de part et d'autre du passage de la porte d'entrée du fort. Sur le plan fonctionnel, la conception des casemates, situées autant sur le front nord que sur le front ouest, est typique du génie militaire de l'époque qui prescrivait l'utilisation du remblai des remparts pour ériger des locaux à l'épreuve des bombes. Ces casemates, prenant la forme de voûtes de maçonnerie du type plein-cintre ou anse de panier, servaient aux diverses fonctions complémentaires et utilitaires reliées à l'opération d'une garnison. Différents matériaux et détails ont été utilisés pour la conception des casemates associées au logis d'officiers ou aux casernes. Ces distinctions, dans la qualité des finis par exemple, avaient pour objet de démarquer l'officier du soldat dans la hiérarchie militaire.


Éléments caractéristiques

Logis d'officiers:

La valeur patrimoniale de cet édifice repose sur ses façades arborant un habile agencement de pierres taillées et sur le grand nombre de détails originaux de son décor intérieur.

Le contraste existant entre la maçonnerie des pans de murs, présentant une surface lisse, et les pierres en bossage, utilisées pour renforcer les quatre coins du bâtiment et les arcades, est une particularité notable de l'édifice et se doit d'être préservé. La similitude évidente entre le logis d'officiers et son pendant, le corps de garde, crée un ensemble symétrique par rapport à la porte d'entrée menant au champ de parade du Fort-Lennox. Un portique avec des arcades, un toit en croupe et une répartition régulière des ouvertures sont autant d'éléments qui définissent cette similitude et qui ne doivent pas être modifiés sinon l'impact de cette symétrie architecturale, sans aucun doute voulue au moment de la conception du fort, risque de s'amoindrir.

Il est indéniable qu'un grand soin doit être apporté aux balustres des escaliers, chambranles de portes et de fenêtres qui constituent des exemples du riche décor menuisé intérieur du logis d'officiers. Tout aménagement muséologique à venir devrait être conçu de façon à ne pas modifier la répartition existante des espaces et à ne pas dissimuler les foyers d'origine et autres éléments distinctifs du décor intérieur.

Casemates des fronts nord et ouest:

L'effet d'ensemble créé par une enfilade d'ouvertures sous les remparts des courtines nord et ouest du Fort-Lennox détermine en grande partie la valeur patrimoniale des casemates. Ces espaces voûtés recouverts de terre méritent d'être conservés puisqu'ils sont des composantes essentielles du fort. Plusieurs détails remontant à la construction des casemates, comme les foyers, petits lavabos et autres détails du genre subsistent encore. Ils devraient être maintenus en place et protégés. Les voussures et le bandeau en maçonnerie du décor en façade des casemates, sises de part et d'autre de la porte d'entrée du fort, aident à renforcer cette symétrie déjà mentionnée. L'aspect actuel des casemates devrait être préservé.

L'encadrement paysager du logis d'officiers et des casemates correspond encore aujourd'hui à ce qu'il était lorsque les militaires britanniques occupaient l'Île-aux-Noix. Heureusement aucune construction n'est venue perturber cet ensemble fortifié. Si la vocation commune du Fort-Lennox et de l'Île-aux-Noix est maintenue dans le futur, la continuité de l'encadrement paysager actuel devrait être assurée.