Patrimoine mondial : Canada

Atikaki / Woodland Caribou / Premières nations visées par l’Accord (Pimachiowin Aki)

Manitoba et Ontario

Nom du pays : CANADA

Liste établie par :
Agence Parcs Canada
25, rue Eddy
Gatineau (Québec) K1A 0M5

Date : janvier 2008

NOM DU BIEN

ATIKAKI / WOODLAND CARIBOU / PREMIÈRES NATIONS VISÉES PAR L’ACCORD
(PIMACHIOWIN AKI)

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

MANITOBA-ONTARIO 51° N – 95° O

DESCRIPTION

Des Premières nations du Manitoba et de l'Ontario, avec l'appui du gouvernement des deux provinces, ont proposé la création d'un réseau mondialement reconnu d'aires protégées et de paysages aménagés sur leurs territoires traditionnels, et envisagent de demander la désignation de ce réseau comme site du patrimoine mondial. Ce projet, connu sous le nom de Pimachiowin Aki, vise une région du Bouclier canadien et couvre 40 147 km2 de forêt boréale englobant des terres ancestrales des Premières nations et des aires protégées contiguës situées de part et d'autre de la frontière provinciale. La majorité de l'aire visée par le projet est composée de territoires traditionnels des Premières nations, dont il faudra planifier l'utilisation pour mieux délimiter un éventuel site du patrimoine mondial. Les parcs touchés comprennent les parcs provinciaux Atikaki et Atikaki-Sud au Manitoba, ainsi que le parc provincial Woodland Caribou, quatre autres parcs dont l'ajout est proposé et la réserve de conservation Eagle – Snowshoe, tous en Ontario. Ces parcs et ces terres protégées représentent en tout une aire de valeurs naturelles et sauvages d'une superficie de plus de 8 500 km2. Les territoires traditionnels des Premières nations et les terres de désignation provinciale, ensemble, font partie de la forêt boréale coniférienne continue qui s'étend sur tout le nord du Canada.

La forêt est dominée par des peuplements d'épinette noire et de pin gris et comporte une strate arbustive formée d'éricacées, de mousses et de lichens. Au nombre des espèces forestières secondaires figurent le tremble, le bouleau blanc, l'épinette blanche et le sapin baumier, de même que certaines espèces issues des prairies et des régions de forêts décidues de l'Est. Quatre cours d'eau, assortis de falaises, de chutes d'eau et de rapides, traversent la région. L'un d'eux, la rivière Bloodvein, a été reconnu et désigné en tant que rivière du patrimoine canadien. On y trouve aussi des reliefs caractéristiques de la région du Bouclier, dont des stries glaciaires, des dépôts de till et des vestiges du lac glaciaire Aggasiz. La région procure un habitat essentiel à un segment de population d'une espèce menacée, le caribou des bois, et protège aussi l'habitat de la lamproie brune, une espèce dont la situation est jugée préoccupante. D'autres animaux sauvages représentatifs de la région sont l'ours noir, le loup, le lynx et différents rapaces nocturnes, de même que la truite grise, le brochet et le doré jaune. Il existe sur les lieux de nombreux sites archéologiques, ce qui démontre que la région revêt depuis longtemps une importance spéciale pour les Premières nations. Le site est l'une des aires protégées de la région circumpolaire qui ont été recommandées à l'atelier sur les forêts boréales tenu en Russie en octobre 2003 en vue d'une éventuelle inscription sur la Liste du patrimoine mondial. L'aire visée par le projet est considérée comme faisant partie de l'écorégion mi occidentale du Bouclier canadien, laquelle fait elle-même partie de la province biogéographique de la Taïga canadienne (classification d'Udvardy).

JUSTIFICATION DE LA « VALEUR UNIVERSELLE EXCEPTIONNELLE » DU BIEN

Critères auxquels satisfait le bien

(v) Le site, qui est un exemple éminent des modes de vie traditionnels des Autochtones au sein de l’écozone boréale, illustre une forme d’occupation du territoire qui est représentative d’une culture et de l’interaction humaine avec l’environnement;

(vii) il comporte des valeurs d’une beauté naturelle exceptionnelle, caractérisées par des rivières sauvages et de vastes étendues vierges formées de forêts boréales, de lacs et de marécages;

(ix) il s’agit d’un paysage boréal intact, qui illustre un éventail de processus écologiques liés à l’histoire glaciaire et à l’écologie du feu;

(x) il contient une intéressante diversité d’espèces caractéristiques de la région, de même qu’une espèce menacée (le caribou des forêts) et une espèce qui suscite des préoccupations spéciales (la lamproie brune).

Garanties d’authenticité et/ou d’intégrité

Les deux gouvernements provinciaux mettent actuellement la dernière main à des plans directeurs concernant les parcs provinciaux et, par ailleurs, envisagent conjointement de désigner une « réserve intégrale interprovinciale » (dont l’établissement est prévu pour 2008). Les Premières nations ont proposé d’inclure dans le site envisagé de vastes terres entourant les parcs. Les Premières nations s’efforcent de protéger la terre – une mesure indispensable au bien-être de leurs enfants et à la préservation de leur culture.

Comparaison avec d’autres biens similaires

La région boréale circumpolaire (telle que définie par Larsen) comporte un vaste réseau de huit Sites du patrimoine mondial naturel, dont trois sites importants en Russie – les forêts vierges de Komi (3,3 millions d’hectares), le lac Baïkal (8,8 millions d’hectares) et les volcans du Kamchatka (1,8 million d’hectares). En Suède, le site de la Laponie couvre une superficie de 940 000 hectares. Au Canada, il existe quatre sites au sein de la région boréale : Wood Buffalo (4,5 millions d’hectares), Nahanni (480 000 hectares), Gros-Morne (180 000 hectares) et le complexe des parcs St. Elias (10 millions d’hectares, y compris la partie partagée avec les États-Unis). Le site boréal du Bouclier canadien qui s’étend sur le Manitoba et l’Ontario, exclusion faite des aires de ressources traditionnelles, est d’une taille nettement plus restreinte, sauf pour ce qui est de Nahanni (que l’on a proposé d’agrandir) et du Gros-Morne (qui a été inscrit pour des raisons liées à ses caractéristiques d’ordres géologique et panoramique). Au point de vue de la longueur et peut-être du paysage, ses systèmes de rivières sauvages sont également d’une qualité inférieure à celle de plusieurs des endroits susmentionnés. Cependant, l’aspect qui distingue ce site de tous ceux qui précèdent est son emplacement dans l’écorégion boréale située au centre-sud du Bouclier canadien, où d’autres espèces appartenant aux écozones adjacentes se situent aux limites de leur territoire. C’est aussi le seul endroit (à l’exception du Gros-Morne) où vit le caribou des forêts. Il s’agit d’un lieu intact, caractérisé par une végétation dominée par les incendies et recouvrant une topographie à sol mince, coupée par des cours d’eau rapides et parsemée d’une multitude de lacs, d’étangs et de marécages. Il donne forme à la notion du milieu naturelle canadien et offre depuis longtemps des moyens de subsistance à des Premières nations qui continuent de compter sur sa générosité.

Version mars 2004