Nouvelle-Écosse
Nom du pays : CANADA
Liste établie par :
Agence Parcs Canada
25, rue Eddy
Gatineau (Québec) K1A 0M5
Date : Mars 2004
NOM DU BIEN
GRAND-PRÉ
SITUATION GÉOGRAPHIQUE
NOUVELLE-ÉCOSSE 45,12°N B 64,32°O
DESCRIPTION
Grand-Pré est le centre symbolique de la patrie du peuple acadien, ainsi que le principal « lieu de la mémoire acadienne ». C’est ici que les Acadiens transformèrent des marais salés côtiers millénaires en des terres fertiles - le grenier de l’Acadie. La déportation tragique des Acadiens en 1755, chassés des terres qu’ils avaient physiquement créées grâce à leur labeur acharné et à leur ingéniosité, est marquée par la chapelle commémorative (1922-1930), la Croix de la déportation (1924), la statue en bronze d’Évangéline - héroïne du poème romantique Evangeline de Henry Wadsworth Longfellow (1920) - et par d’autres monuments. Des vestiges archéologiques sous terre représentent aussi l’occupation et la mémoire collective. La région porte encore les signes distincts de la colonisation et de l’occupation du territoire que sont les terrains marécageux endigués, les terres hautes et les forêts s’élevant depuis la baie qui identifiaient leur implantation agricole prospère, de 1682 à 1755, de même que des vestiges de l’adaptation unique, par les Acadiens, des méthodes d’endiguement françaises du 17e siècle des terres marécageuses salées. L’empreinte de ressources culturelles reflétant l’implantation délibérée de « planteurs » de la Nouvelle-Angleterre sur les terres acadiennes, juste après la Déportation, demeure visible.
JUSTIFICATION DE LA « VALEUR UNIVERSELLE EXCEPTIONNELLE » DU BIEN
Critères auxquels satisfait le bien
(iii) Grand-Pré apporte un témoignage exceptionnel sur une tradition culturelle qu’expriment les types persistants de modes de peuplement et d’occupation du territoire créés par les Acadiens;
(iv) il s’agit d’un exemple éminent de paysage illustrant l’impact, sur un peuple colonial, de l’affrontement des empires européens du 17e siècle et de la première moitié du 18e siècle;
(vi) la Déportation est un événement d’une signification universelle exceptionnelle du fait de son impact sur les peuples vivant en Amérique du Nord et en France, et plus particulièrement sur la collectivité acadienne actuelle.
Garanties d’authenticité et/ou d’intégrité
L’absence de ressources architecturales de surface authentifiées, la survie de vestiges sous terre datant d’avant la Déportation dans le lieu historique national du Canada de Grand-Pré, de même que le paysage environnant, témoignent de l’impact de l’expulsion, à l’occasion de laquelle les fermes furent incendiés. L’intégrité élevée du modèle acadien de peuplement et d’occupation du territoire, l’empreinte laissée par les ressources culturelles des « planteurs » de la Nouvelle-Angleterre, de même que la pérennité de l’agriculture familiale définissent le paysage vivant et évolutif. Parcs Canada gère le lieu historique national du Canada de Grand-Pré. Le district historique rural adjacent porte la désignation d’un lieu historique national du Canada, mais n’est pas officiellement protégé.
Comparaison avec d’autres biens similaires
Grand-Pré est le centre spirituel et émotionnel de l’histoire des Acadiens et le seul secteur important d’établissement des premiers Acadiens dans le district de Minas à ne pas être urbanisé. Les autres sites acadiens importants en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick ne sont pas comparables au point de vue de la durée temporelle, ou en tant que « lieux de la mémoire acadienne ». Les sites acadiens que l’on trouve en Louisiane (États-Unis) ne peuvent représenter que la vie des Acadiens après la Déportation, et non au sein de leur patrie.