Patrimoine mondial : Canada

Áísínai’pi (Writing-On-Stone)

Alberta


 

Nom du pays : CANADA

Liste établie par :
Agence Parcs Canada
25, rue Eddy
Gatineau (Québec) K1A 0M5

Date : Mars 2004

NOM DU BIEN

ÁÍSÍNAI’PI

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

ALBERTA 49°N - 111,63°O

DESCRIPTION

Au sein du territoire traditionnel des Niitsítapi (Pieds-Noirs : Kainai, Piikáni et Siksika), Áísínai’pi (« c’est dessiné/écrit ») est un lieu sacré où les formations géologiques abritent des esprits, dont les « écrits » se reflètent dans plus d’une cinquantaine de sites d’art rupestre. Le parc provincial Writing-On-Stone (Áísínai’pi), dont les 1 718 hectares s’étendent dans la vallée de la rivière Milk, est une enclave spectaculaire dans le paysage de la prairie mixte qui couvre le centre-sud de l’Alberta et s’étend jusqu’aux puissants monts Kátoyissiksi (Sweetgrass Hills, Montana, États-Unis). Défini par les anciennes falaises de grès érodées de la vallée, le site est caractérisé par des vues saisissantes, des lueurs et des sons fantastiques, des formations de « cheminées de fées », des coulées adjacentes, de même que par des habitats des Prairies riches en espèces mammifères, aviaires et végétales. Pendant 4000 ans au moins, des Autochtones se sont arrêtés en ce lieu au cours de leurs migrations saisonnières. Les sites de pétroglyphes et de pictogrammes que l’on aperçoit sur les parois de la vallée comprennent plusieurs milliers de motifs répartis en des centaines de scènes, surtout des motifs anthropomorphes, zoomorphes et matériels. Les images illustrent des figures cérémonielles et rituelles, les exploits de chasseurs et de guerriers, ainsi que des animaux divers. De nouveaux motifs, créés après le contact avec les Européens au début du 18e siècle, comprennent des fusils, des chevaux et des figures humaines dynamiques, les instruments des contacts entre Autochtones et Blancs et les changements culturels. Des lieux de sépulture, des lieux de recherche de visions ainsi qu’un cercle d’influences, en bordure de la vallée, marquent également la spiritualité des lieux. Les connaissances traditionnelles décrivent les origines et l’histoire. Un poste de la Gendarmerie royale du Canada a été reconstruit sur l’emplacement du poste originel. L’identification, par les Niitsítapi, des monts Kátoyissiksi (situés aux États-Unis) en tant qu’élément intégrant du paysage culturel, de même que leur souhait de voir cet endroit inclus dans une proposition d’inscription, nécessiteront une étude plus approfondie.

JUSTIFICATION DE LA « VALEUR UNIVERSELLE EXCEPTIONNELLE » DU BIEN

Critères auxquels satisfait le bien

(i) Áísínai’pi représente un chef-d’œuvre d’expression artistique du peuple Niitsítapi;

(iii) il apporte un témoignage exceptionnel, au moyen de pétroglyphes, de pictogrammes, d’éléments du paysage, de sites archéologiques et de traditions orales, sur la continuité et l’évolution de la vie des Niitsítapi dans la région des grandes plaines;

(iv) il s’agit d’un exemple éminent de paysage associé à la spiritualité des Autochtones.

Garanties d’authenticité et/ou d’intégrité

L’art rupestre est en grande partie protégé à titre de ressource historique provinciale et le site est géré en tant que parc provincial dans le cadre d’un plan de gestion qui date de 1997. Des graffitis datant de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle qui se trouvent dans certains secteurs fort fréquentés, nécessitent des mesures d’atténuation.

Comparaison avec d’autres biens similaires

Évalué comme le plus important complexe d’art rupestre dans la région des grandes plaines et comme le principal exemple de la relation intime entre l’art rupestre et le paysage sacré dans la région, le site est aussi l’une des concentrations les plus élaborées d’art rupestre dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Dans l’étude thématique, intitulée L’art rupestre, qu’il a réalisée pour le compte d’ICOMOS, Jean Clottes qualifie les lieux de meilleur site d’art rupestre au Canada et de site sans pareil dans la région des grandes plaines, où cette forme d’art est répandue.