Peinture de Bernard Pelletier © Parc Canada, Bernard Pelletier |
Le bison a assuré la survie des Autochtones des grandes plaines d'Amérique du Nord durant des millénaires. Sa viande servait de nourriture, sa peau était utilisée pour des vêtements et des abris, ses nerfs, ses os et ses cornes pour des outils, et son crottin alimentait le feu. Le précipice à bisons représentait le moyen le plus efficace d'abattre un grand nombre de ces bêtes. Les Autochtones les dirigeaient vers le précipice et, en bas, les dépeçaient. Les précipices à bison étaient communs dans les plaines septentrionales d'Amérique du Nord, mais Head-Smashed-In (ou estipah-skikikini-kots en pied-noir) dans les collines de Porcupine dans le sud-ouest de l'Alberta est le plus imposant, le plus vieux et le mieux préservé.
On ne peut compter les milliers de bisons qui ont subi cette chute de 10 à 18 mètres, depuis 5 700 ans peut-être et jusqu'au milieu du 19e siècle. Au pied de la falaise, des ossements sont enfouis jusqu'à 11 mètres sous terre. Un site de dépeçage d'un kilomètre de long se trouve tout près, marqué de traces d'entrepôts de viande et de lieux de cuisson et recouvrant jusqu'à un mètre d'os de bisons abattus. Les terres au sommet de la falaise offraient comme aujourd'hui une grande surface de pâturage de première qualité. Un système composé de plus de 500 monticules de pierres, près desquels on allumait des feux ou agitait des couvertures, débute à 10 kilomètres à l'ouest des falaises. Il servait à canaliser les bisons vers le précipice.