Peinture de Bernard Pelletier © Parcs Canada, Bernard Pelletier |
Les chercheurs d'or ont commencé à passer au crible la rivière Nahanni-Sud il y a cent ans, sans grand succès. Devant eux, par contre, se dressait un des environnements les plus variés et les plus spectaculaires imaginables des montagnes escarpées et des plaines de toundra, des marécages et des dunes, des bad lands et des forêts luxuriantes, des cygnes trompettes et des grizzlis. Il y a aussi des sources thermales et des cavernes tapissées de stalagmites et de stalactites colorées ou de cristaux de glace.
Partout, des filets d’eau, des ruisseaux et des rivières agitées se déversent dans la grande et turbulente Nahanni-Sud. Cette rivière de rapides fous et de tourbillons, de méandres et d’anastomoses fluviales s’écrase au fond des chutes Virginia, deux fois la hauteur des chutes Niagara, et coule au centre de canyons de 1 000 mètres de haut avant de se cogner à une étroite gorge surnommée la Porte de l’enfer.
Heureusement, rien n’a changé depuis l’arrivée des chercheurs d’or. La rivière Nahanni gronde et tourbillonne, les sources thermales bouillonnent et les grizzlis rôdent. Il n’y a ni route ni agglomération — la nature est presque vierge. En fait, c’est l’eau qui crée le plus de changements, par le biais de rivières qui creusent des canyons dans les montagnes Mackenzie et répandent leurs cônes alluviaux. Et comme la région n’a pas goûté à la dernière période glaciaire, les falaises des canyons ne sont pas élargies et arrondies, mais aiguisées et profondes.