Patrimoine mondial : Canada

Québec

Peinture montrant à l'avant plan un fossil de bothriolepsis candensis puis la falaise de Miguasha qui constitue le site fossilifère et la baie des Chaleurs.
Peinture par Bernard Pelletier
© Parcs Canada, Bernard Pelletier

Il y a 370 millions d'années, dans la région de Miguasha, située dans la péninsule gaspésienne, coulait un estuaire sous un climat équatorial et, au loin, se dressaient les cimes d'une jeune chaîne de montagnes appelée Appalaches. En bordure de cet estuaire, poussait une forêt d'arbres primitifs où vivaient scorpions et araignées. Au gré des courants et des marées, une faune diversifiée de poissons vivait dans les eaux tièdes de cet estuaire. Certains poissons étaient dotés d'épines rigides, d'autres étaient protégés par une carapace ossifiée. D'autres avaient des poumons et des nageoires paires lobées leur permettant de franchir de courtes distances hors de l'eau. L'acquisition de ces nageoires représente une des plus importantes étapes de l'évolution, soit celle de la transition entre les poissons et les tétrapodes.

Cet épisode marquant dans l’évolution des vertébrés est connu aujourd’hui grâce à une séquence géologique de deux millions d’années, appelée Formation d’Escuminac et conservée dans une falaise située à Miguasha, en bordure de la côte méridionale de la Gaspésie, à l’embouchure de la baie des Chaleurs. Il existe, à l’échelle de la planète, quelque 60 sites fossilifères de la période dévonienne. Miguasha se distingue cependant par l’abondance des spécimens, la qualité de conservation des fossiles et la représentativité des événements évolutifs chez les vertébrés. C’est le seul site dévonien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

La grande biodiversité de vertébrés, d’invertébrés, de plantes, d’algues et de micro-organismes de Miguasha a permis aux scientifiques de reconstituer un tableau quasi complet de cet écosystème dévonien. Mais ce sont les 21 espèces de poissons fossiles qui ont assuré à Miguasha sa renommée mondiale. L’Eusthenopteron foordi, surnommé le « prince de Miguasha », (ci-dessous) était pourvu de poumons et de structures osseuses dans les nageoires paires; il a ainsi engendré l’idée contemporaine que les vert ébrés terrestres sont issus des poissons.

Le site fossilifère de Miguasha a été découvert en 1842. À compter de 1880, des milliers de spécimens de fossiles ont été récoltés et emportés vers des musées et des universités partout dans le monde confirmant ainsi sa notoriété scientifique.

Plus d'information

Site Internet de la province de Québec :
Parc national de Miguasha

Site Internet de l'UNESCO :
Patrimoine mondial - parc de Miguasha

Plus d'images

Image de la falaise de Miguasha avec des arbres sur le dessus, vue depuis la rive de la baie des Chaleurs.
Falaise de Miguasha
© Marius Arsenault
Image d'une fougère fossilisée: l'Archaeopteris halliana.
Plante du groupe des progymnospermes, représentant les arbres qui composaient les premières forêts de la planète.
© Marius Arsenault
Picture of a fossilized armour-plated fish: the Bothriolepis canadensis.
Poisson cuirassé du groupe des placodermes, vivant sur le fond du paléoestuaire et présent dans toute la Formation d'Escuminac.
© Marius Arsenault
Image d'un poisson fossil: l'Eusthenopteron foordi.
Poisson sarcoptérygien présentant plusieurs caractères comparables aux premiers tétrapodes. L'un des fossiles les plus étudiés de la planète; historiquement, il a permis de comprendre la transition entre les vertébrés aquatiques et terrestres.
© Marius Arsenault