Parcs nationaux

Études de cas de restauration

Restauration des liens écologiques (Réserve de la biosphère mondiale de Long Point)

Nota : La Long Point World Biosphere Reserve Foundation a dirigé le projet de restauration des liens écologiques. Parcs Canada a organisé la présentation de cette étude de cas, mais n’a pris aucune part directe ou indirecte au projet.

Direction du projet : Long Point World Biosphere Reserve Foundation (en anglais seulement)

Partenaires principaux : (consulter la liste ci-dessous)

Endroit : Long Point World Biosphere Reserve, (en anglais seulement) comté de Norfolk, Ontario

Région naturelle : (sans objet; ne s’applique qu’aux parcs nationaux)

Écozone : Plaines à forêts mixtes (consulter la carte et la description de l'écozone)

Période d’exécution : de 2001 à 2009; en cours

Étendue du projet : plus de 400 ha, répartis sur 100 sites

Liens rapides :
Aperçu du projet - Valeurs du patrimoine naturel et culturel - Description du problème - Buts et objectifs - Activités du projet - Surveillance - Leçons apprises - Prochaines étapes - Pour plus de renseignements - Personnes-ressources - Partenaires principaux
Réserve de la biosphère mondiale de Long Point, dans le lac Érié, Ontario Réserve de la biosphère mondiale de Long Point, dans le lac Érié, Ontario
© Bridge Yachts Ltd.

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Aperçu du projet

Les réserves de la biosphère sont désignées en vertu du Programme sur l’homme et la biosphère de l’UNESCO, qui vise à faire la démonstration d’approches novatrices en matière de conservation et de développement durable. Elles comportent trois zones : l’« aire centrale », habituellement constituée d’une aire protégée provinciale ou nationale; la « zone tampon », qui entoure l’aire centrale, et dont la gestion vise à soutenir les objectifs de conservation dans cette dernière; la « zone de coopération », adjacente aux deux autres zones, où vivent et travaillent la majeure partie des résidants.

La Long Point World Biosphere Reserve (en anglais seulement) a été créée en 1986. La réserve nationale de faune de Long Point forme l’aire centrale de la réserve, et la zone tampon qui l’entoure comprend les marais, les baies et les rivages voisins. La zone de coopération, qui chevauche en grande partie le comté de Norfolk, est la plus étendue de la réserve de la biosphère

En 1995, la Long Point World Biosphere Reserve Foundation (LPWBRF) (En anglais seulement) a entrepris un programme de restauration de la forêt dans la zone de coopération de la réserve. Ce programme visait à agrandir les parcelles forestières et à renforcer les liens écologiques qui existent entre ces dernières ou le long des zones riveraines (berges des rivières ou d’autres plans d’eau) par la restauration de la forêt dans les aires protégées et sur les terres privées. En 2001, la LPWBRF a établi un partenariat avec l’Ontario Power Generation (en anglais seulement) et la Long Point Region Conservation Authority (LPRCA) (en anglais seulement) afin d’améliorer la conservation de la biodiversité dans toute la zone de coopération. Le projet a permis de restaurer plus de 400 hectares répartis sur 100 sites dans le comté de Norfolk.

Le projet de la Réserve de la biosphère mondiale de Long Point montre que les pratiques exemplaires décrites dans les Principes et lignes directrices pour la restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada peuvent aussi s’appliquer avec efficacité dans des projets de restauration réalisés à l’extérieur des aires protégées. Le processus de restauration écologique, selon cette approche, repose sur trois principes directeurs, à savoir que la restauration doit être :

  • efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique;
  • efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle;
  • engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.

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Valeurs du patrimoine naturel et culturel

Les réserves de la biosphère sont des écosystèmes terrestres ou côtiers reconnus à l’échelle internationale parce qu’ils témoignent d’une relation équilibrée entre l’homme et la nature et en font la promotion. Chaque réserve de la biosphère doit remplir trois fonctions complémentaires qui se renforcent l’une l’autre :

  1. la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et des variations génétiques;
  2. le développement durable sur les plans social, culturel et écologique;
  3. le soutien de la recherche, de la surveillance et de l’éducation, ainsi que l’échange de connaissances en ce qui concerne la conservation de la biodiversité et le développement durable.

Située à l’extrême sud du Canada, la Long Point World Biosphere Reserve (en anglais seulement) compte plus de 50 espèces en péril. La région fait partie de la Carolinian Canada (en anglais seulement) et a été décrite comme l’écosystème le plus menacé du pays. Nombre d’espèces végétales et animales ne se trouvent nulle part ailleurs au pays, et la majorité d’entre elles dépendent des grandes parcelles forestières nécessaires au maintien de populations reproductrices viables.

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Description du problème

Le couvert forestier représente plus de 25 pour 100 de l’aire de coopération de la réserve, dans le comté de Norfolk, et plusieurs grandes parcelles forestières ont une superficie de plus de 500 hectares. Ces parcelles sont maintenant isolées par suite du défrichement de terres agricoles et du développement. Des études réalisées en Ontario et ailleurs dans le monde montrent cependant que les espèces qui ont besoin d’un habitat intérieur ou de grandes parcelles d’habitat intactes ne parviennent pas à maintenir des populations viables dans des paysages fragmentés par l’urbanisation, les routes et l’agriculture. Les efforts de conservation déployés doivent donc aller au-delà de la simple protection de fragments de paysages.

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Buts et objectifs

En 1995, la Long Point World Biosphere Reserve Foundation (LPWBRF) a entrepris un programme de reboisement dans la zone de coopération de la réserve, dans le comté de Norfolk. Ce programme avait pour but d’agrandir les parcelles forestières et de renforcer les liens écologiques qui existent entre ces dernières ou le long des zones riveraines par la restauration de la forêt dans les aires protégées et sur les terres privées. En 2001, la LPWBRF s’est associée à l’Ontario Power Generation et à la Long Point Region Conservation Authority pour améliorer la conservation de la biodiversité dans toute la zone de coopération.

Les principes directeurs qui sous tendent la restauration de la forêt sont fondés sur l’analyse intitulée Carolinian Canada Big Picture (en anglais seulement). On s’est appuyé, pour réaliser cette analyse, sur la science de la conservation et sur une technologie de pointe en gestion de l’information pour déterminer les aires centrales naturelles, les autres aires naturelles d’importance de la zone carolinienne et les corridors fauniques susceptibles de relier ces aires entre elles. Ce réseau d’habitats centraux et de corridors a été conçu pour faciliter la dispersion des plantes et des animaux vers des habitats favorables et préserver la biodiversité dans le contexte des changements climatiques.

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Activités du projet

Efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique
Site de reboisement Site de reboisement
© Parcs Canada / B. Craig

Depuis l’an 2000, l’Ontario Power Generation a fourni à ses partenaires de conservation les ressources nécessaires pour planter plus de 4,5 millions d’arbres et d’arbustes indigènes adaptés aux conditions des divers sites dont la superficie totalise plus de 2 600 hectares, dans le sud de l’Ontario. Le comté de Norfolk a reçu une bonne part de ce financement. On a ainsi pu élaborer une stratégie d’adaptation importante pour atténuer les effets des changements climatiques sur la faune forestière du sud de l’Ontario, en plus du piégeage des gaz à effet de serre.



Technique de restauration par l’aménagement de dépressions et de buttes Technique de restauration par l’aménagement de dépressions et de buttes
© Parcs Canada / B. Craig

Pour reproduire le relief caractéristique créé par la décomposition des arbres tombés au sol dans les vieux peuplements, on a facilement aménagé des dépressions et des buttes à l’aide d’une petite chargeuse frontale. Les dépressions ne font pas que contribuer à l’alimentation des nappes d’eau souterraines, elles servent également d’aires de reproduction aux amphibiens et aux insectes, et d’abreuvoirs et de garde-mangers aux oiseaux et aux mammifères. Les buttes, dont le sol est bien drainé et oxygéné, ont, quant à elles, favorisé la croissance rapide d’espèces ligneuses telles que le chêne rouge et le chêne blanc.



La technique de la plantation en bosquets protège les espèces ligneuses climaciques La technique de la plantation en bosquets protège les espèces ligneuses climaciques
© Parcs Canada / B. Craig

La plantation en bosquets a servi à créer des microhabitats et à empêcher la croissance des graminées, qui peuvent abriter des rongeurs susceptibles d’endommager les arbres. Les semis d’espèces climaciques comme le chêne rouge sont regroupés au centre et entourés d’espèces pionnières. Cette technique s’est avérée efficace pour protéger les espèces climaciques.



Site restauré où de grandes graminées des prairies ont été plantées Site restauré où de grandes graminées des prairies ont été plantées
© Parcs Canada / B. Craig

Certains propriétaires fonciers se sont montrés désireux de participer à la restauration d’habitats propices à la conservation des oiseaux et des insectes. De grandes graminées indigènes des prairies ont été plantées à ces endroits.



Aménagement d’un petit lac en croissant dans un ancien champ agricole Aménagement d’un petit lac en croissant dans un ancien champ agricole
© Parcs Canada / B. Craig

Le nivellement de terres agricoles pour l’établissement de plantations avait détruit de nombreux petits milieux humides. Pour remédier à la situation, on a recréé de petits lacs en forme de croissant pour retenir les eaux après les inondations printanières, offrir un habitat aux amphibiens et alimenter les nappes d’eau souterraines pendant la saison sèche.



Efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle
Cette carte à faible échelle de la végétation du comté de Norfolk montre les aires centrales (en vert foncé) et les corridors (en vert clair) Cette carte à faible échelle de la végétation du comté de Norfolk montre les aires centrales (en vert foncé) et les corridors (en vert clair)
© Carolinian Canada Coalition


L’analyse d’images spatiales à faible et à haute résolution réalisées par Carolinian Canada Big Picture (en anglais seulement) a révélé la présence d’habitats centraux naturels et de corridors qui les relient. Les zones privilégiées pour la restauration et la réhabilitation ont été choisies d’après des principes de biologie de la conservation, à l’aide d’un système d’information géographique. On a également déterminé les limites écologiques, sociales, culturelles et économiques lors du choix des sites.



Le comité d’évaluation technique étudie les propositions de restauration Le comité d’évaluation technique étudie les propositions de restauration
© Parcs Canada / B. Craig

Un comité d’évaluation technique a veillé à ce que les propositions de restauration permettent d’atteindre les buts et objectifs de la conservation et a donné des conseils relativement à la modification des paysages et aux régimes de plantation régiospécifiques.



Préparatifs en vue de la plantation de semis d’arbres cultivés dans la localité Préparatifs en vue de la plantation de semis d’arbres cultivés dans la localité
© Parcs Canada / B. Craig

Pour reboiser, on a eu recours à du matériel génétique local parce qu’il est mieux adapté que le matériel provenant d’une autre région aux conditions climatiques et pédologiques locales. L’achat sur place de ce matériel a en outre bénéficié à l’économie de la collectivité et a incité les propriétaires des pépinières à participer aux discussions sur les régimes de plantation qui convenaient aux différents sites.



Un propriétaire foncier prépare un site pour la plantation Un propriétaire foncier prépare un site pour la plantation
© Parcs Canada / B. Craig

La participation du propriétaire du terrain à la préparation du site – ici, il coupe les tiges de maïs pour faciliter la plantation de diverses espèces de graminées des prairies autour des bosquets – a contribué à diminuer les coûts du projet.



Semis de sassafras officinal à partir de boutures de racines Semis de sassafras officinal à partir de boutures de racines
© Parcs Canada / P. Gagnon

L’ensemencement direct de noix et la plantation de boutures de tiges et de racines ont été des méthodes économiques, et elles ont reproduit le processus de la succession naturelle.



Engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.
Consultation d’un propriétaire foncier au sujet des buts de la restauration Consultation d’un propriétaire foncier au sujet des buts de la restauration
© Parcs Canada / B. Craig

La Long Point Region Conservation Authority a consulté les propriétaires fonciers pour connaître leurs buts en matière de restauration, s’assurer de leur engagement envers l’entretien à long terme des sites, et les inciter à participer à la conservation soutenue de la zone carolinienne du pays.



Des élèves d’une école secondaire préparent des semis pour la plantation Des élèves d’une école secondaire préparent des semis pour la plantation
© Parcs Canada / P. Gagnon

Les écoles secondaires locales se sont occupées de cultiver des graminées et des herbacées non graminoïdes destinées aux sites à restaurer. Le biologiste spécialiste de la restauration a tout d’abord présenté des exposés sur les projets de restauration afin d’expliquer aux élèves les buts et objectifs ainsi que les techniques spécifiques utilisées. Les élèves ont ensuite récolté des semences de graminées des prairies indigènes et les ont préparées pour la plantation aux sites de restauration. Certaines écoles locales ont aussi entrepris de restaurer des parties de leurs propres terrains.



Site de recherche sur le piégeage du carbone de l’Université McMaster Site de recherche sur le piégeage du carbone de l’Université McMaster
© Parcs Canada / B. Craig

Les projets de recherche ont donné à des universités l’occasion de réaliser des travaux de recherche. Dans plusieurs universités, des étudiants et des équipes de recherche ont pris part à divers aspects du projet, tels que le piégeage du carbone, les techniques de plantation efficaces, la lutte contre les espèces exotiques (espèces qui n’ont pas l’habitude de croître dans ces milieux) et la participation de la communauté aux travaux de reboisement réalisés dans le cadre du projet de restauration.



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Surveillance

Les résultats des travaux de restauration font l’objet d’un suivi. La LPRCA a surveillé les taux de réussite des diverses techniques de plantation utilisées et s’est appuyée sur des principes de gestion adaptative pour modifier ses pratiques de plantation afin d’améliorer le taux de réussite et de réduire la mortalité des arbres.

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Leçons apprises

  • Une bonne préparation du terrain et l’utilisation de matériel génétique de haute qualité local ont été essentiels à la réussite du reboisement.
  • Il était important de planter des espèces bien adaptées aux conditions hydrologiques des lieux. Par exemple, le thuya occidental, l’érable rouge et l’érable argenté préfèrent les sols humides, alors que le chêne des teinturiers, le cèdre rouge et le pin blanc résistent bien à la sécheresse.
  • Les espèces climaciques comme l’érable à sucre et le hêtre à grandes feuilles ne croissent pas bien lorsqu’elles sont plantées en milieu ouvert. Pour créer un microclimat et assurer ainsi la survie des semis de ces espèces, il faut utiliser des espèces pionnières à croissance rapide comme le tremble, le peuplier et le sassafras officinal.
  • Il était essentiel de bien gérer les mauvaises herbes et les graminées de saison fraîche sur les lieux des travaux de restauration. Les graminées de saison fraîche peuvent abriter des rongeurs qui tuent les arbres en les annelant. Avant la plantation des semis, on a épandu un herbicide efficace sur les mauvaises herbes et les graminées de saison fraîche afin d’éliminer la concurrence pour l’eau et les éléments nutritifs.

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Prochaines étapes

Grâce, notamment, au soutien de l’Ontario Power Generation, de Trees Ontario et de l’initiative Alternative Land Uses Services du Norfolk County Land Stewardship Committee, les travaux de restauration se poursuivront sur plus de 250 hectares au cours des quatre prochaines années (de 2010 à 2014).

La Long Point Region Conservation Authority et le comité d’évaluation technique fourniront un soutien technique et des conseils d’experts en restauration afin que les travaux soient toujours effectués de façon efficace, efficiente et engageante.

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Pour plus de renseignements

La présente étude de cas a pour objet de renseigner de manière générale sur les projets de restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques sur le projet de restauration des liens écologiques, veuillez consulter les sites Internet ou les personnes-ressources précisés ci dessous :

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Personnes-ressources

Brian Craig
Conseiller technique, Long Point World Biosphere Reserve Foundation
Gérant de projet, Unité de gestion du Sud-Ouest de l’Ontario
Parcs Canada
255, chemin Indiana Ouest
Hagersville (Ontario) N0A 1H0
Tél. : 905-512-6760
brian.craig@pc.gc.ca

Paul Gagnon
Biologiste spécialiste de la restauration des ressources et superviseur des terres et des eaux
Long Point Region Conservation Authority
R.R. 3, Simcoe (Ontario) N3Y 4K2
Tél. : 519-428-4623 ou 1-888-231-5408
Téléc. : 519-428-1520
watercare@lprca.on.ca
www.lprca.on.ca (en anglais seulement)

Steve Hounsell
Coordonnateur du programme, Groupe sur le développement durable
Ontario Power Generation
700, av. University
Toronto (Ontario) M5G 1X6
Tél. : 416-592-2766
Téléc : 416-592-7097
steve.hounsell@opg.com

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Partenaires principaux

Si vous souhaitez commenter la présente étude de cas, veuillez écrire à Parcs Canada, à restauration.restoration@pc.gc.ca