Parcs nationaux

Études de cas de restauration

Restauration des écosystèmes à chênes de Garry (lieu historique national Fort Rodd Hill)

Direction du projet : Parcs Canada

Partenaires principaux : (consulter la liste ci-dessous)

Endroit : Lieu historique national Fort Rodd Hill, île de Vancouver, Colombie Britannique

Région naturelle : (sans objet, ne s’applique qu’aux parcs nationaux)

Écozone : Maritime du Pacifique (consulter la carte et la description de l'écozone)

Période d’exécution : De 2001 jusqu’à aujourd’hui

Étendue du projet : Les écosystèmes à chênes de Garry s’étendent sur environ 11 ha du lieu.

Liens rapides :
Aperçu du projet - Valeurs du patrimoine naturel et culturel - Description du problème - Buts et objectifs - Activités du projet - Surveillance - Leçons apprises - Prochaines étapes - Pour plus de renseignements - Personnes-ressources - Partenaires principaux
L’écosystème à chênes de Garry au lieu historique national Fort Rodd Hill L’écosystème à chênes de Garry au lieu historique national Fort Rodd Hill
© Parcs Canada / D. Gummer

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Aperçu du projet

Parcs Canada a dirigé la restauration des écosystèmes à chênes de Garry au lieu historique national Fort Rodd Hill . Le projet a été centré sur l’enlèvement des espèces envahissantes et la lutte contre ces espèces qui menaçaient des espèces indigènes rares et fragiles associées aux prés de chênes de Garry et aux écosystèmes qui s’y rattachent. Certaines des plantes rares ont été protégées du broutage des cerfs et des lièvres en surabondance par le clôturage de 1,3 hectare. Des graines recueillies à la main sur place ont été cultivées dans une pépinière et ont produit des milliers de plantes indigènes à planter dans la zone clôturée. Parcs Canada cherche à attirer les visiteurs à Fort Rodd Hill par de nouveaux médias d’interprétation, de même que par des programmes d’interprétation et de bénévolat.

Les mesures prises par l’équipe de restauration de Parcs Canada illustrent les pratiques exemplaires décrites dans les Principes et lignes directrices pour la restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Le processus de restauration écologique, selon cette approche, repose sur trois principes directeurs, à savoir que la restauration doit être :

  • efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique;
  • efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle;
  • engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.

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Valeurs du patrimoine naturel et culturel

Le lieu historique national Fort Rodd Hill est un fort d’artillerie côtier construit à la fin des années 1890 pour défendre Victoria et la base navale d’Esquimalt. Le lieu appartient à Parcs Canada qui le gère aussi. Il comprend trois batteries de tir, des dépôts souterrains de munitions, des postes de commandement, des postes de garde, des casernements et des emplacements de projecteur.

Le lieu protège aussi l’un des rares exemples restants des écosystèmes à chênes de Garry au Canada. Les écosystèmes à chênes de Garry ont une aire de répartition très limitée au Canada et sont jugées en péril, car il reste moins de 5 % d’entre eux dans leur état quasi naturel. Leur biodiversité est grande et ils accueillent de nombreuses espèces en péril. Fort Rodd Hill compte au moins sept espèces végétales considérées en péril en Colombie Britannique, dont deux sont menacées de disparition au Canada, soit la balsamorhize à feuilles deltoïdes (Balsamorhiza deltoidea) et la limnanthe de Macoun (Limnanthes macounii). Les écosystèmes à chênes de Garry vont des boisés ombragés aux prés ouverts parsemés d’arbres et il peut s’y trouver des affleurements rocheux. Leurs prés sont particulièrement beaux au printemps lorsqu’ils sont couverts de fleurs sauvages multicolores.

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Description du problème

Dans le passé, les feux de friche et la gestion des feux par les Autochtones contribuaient à maintenir le dégagement des prés à chênes de Garry et les écosystèmes connexes. Dans un passé plus récent, les feux ont été supprimés, créant des conditions idéales pour la propagation d’arbres et d’arbustes plus fragiles aux feux ou à la croissance plus rapide, par exemple les douglas de Menzies. Sans feux, un grand nombre de ces endroits sont naturellement venus à maturité dans un écosystème différent – dans ce cas un écosystème dominé par les douglas de Menzies. Cette situation posait des problèmes parce que le douglas de Menzies pousse plus vite et plus haut que les chênes de Garry qui ne tolèrent pas l’ombre.

De plus, l’aménagement accru dans des zones où poussent les chênes de Garry a entraîné la fragmentation et l’isolement d’ « ilots » d’habitat. Ces écosystèmes sont donc devenus vulnérables à l’envahissement d’espèces exotiques telles que le genêt à balais (Cytisus scoparius) et la lauréole (Daphne laureola) qui finissent par prendre la place des espèces indigènes. Ces espèces exotiques n’ont pas été limitées par le feu, les prédateurs ou les maladies.

Le broutage excessif des cerfs et des lièvres en surabondance a également menacé les espèces indigènes, par exemple la balsamorhize à feuilles deltoïdes.

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Buts et objectifs

La restauration à Fort Rodd Hill visait à conserver les espèces en péril, à restaurer des processus naturels, à enrichir la biodiversité indigène et à disposer d’une mosaïque d’habitats naturels tels que les écosystèmes côtiers de douglas de Menzies, des boisés de chênes de Garry, des prés, des bassins printaniers et des affleurements rocheux. L’objectif principal était d’enlever les espèces envahissantes et de lutter en permanence contre elles, et de protéger et d’améliorer les espèces rares et fragiles sur place. Il fallait aussi limiter le broutage des cerfs en surabondance pour assurer la réussite du projet. De plus, des espèces indigènes de plantes rares ont été cultivées à partir de graines recueillies sur place et plantées dans une zone clôturée. Finalement, il fallait enlever des tonnes d’arbustes et d’arbres envahissants exotiques et empêcher qu’ils ne repoussent.

Comme Fort Rodd Hill est un lieu historique national, il fallait intégrer la restauration écologique au programme de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel du lieu. La restauration des écosystèmes à chênes de Garry améliorerait les aspects culturels du lieu en dégageant le couvert pour révéler des lignes de vue historiques qui avaient disparu, cachées par les espèces envahissantes d’arbustes et d’arbres.

On a mené une évaluation environnementale (EE) pour la construction de deux exclos (zones clôturées) et d’autres travaux particuliers de restauration. Une évaluation archéologique a précédé le début des travaux de restauration pour s’assurer de protéger les ressources culturelles et historiques du lieu.

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Activités du projet

Efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique
Une équipe de restauration enlève des arbustes envahissants et des plantes exotiques sur place Une équipe de restauration enlève des arbustes envahissants et des plantes exotiques sur place
© Parcs Canada / B. Reader

Pour restaurer les écosystèmes à chênes de Garry, on a reproduit des processus écologiques en enlevant des douglas de Menzies pour imiter les effets du feu. À l’été 2004, environ 12,5 tonnes de plantes envahissantes avaient également été enlevées. Ces arbustes et arbres empiétaient sur les plantes indigènes et les forçaient à se déplacer, perturbant ainsi les processus de l’écosystème.



Une clôture entoure et protège les espèces rares du broutage excessif Une clôture entoure et protège les espèces rares du broutage excessif
© Parcs Canada / D. Gummer

Une zone de 1,3 hectare dans un peuplement prioritaire de chênes de Garry a été clôturée pour réduire le broutage des cerfs en surabondance. Avant d’ériger la clôture, la zone avait été débarrassée des espèces envahissantes. Plus de 10 000 plants indigènes ont été cultivés dans une pépinière à partir de graines recueillies à la main sur place, puis placés dans la zone clôturée. Les espèces indigènes ont ainsi pu se multiplier.



Des clôtures protègent la balsamorhize à feuilles deltoïdes inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition dans la loi fédérale Des clôtures protègent la balsamorhize à feuilles deltoïdes inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition dans la loi fédérale
© Parcs Canada / B. Reader

La balsamorhize à feuilles deltoïdes, inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition dans la Loi sur les espèces en péril, a été observée au fort dans les années 1960. En 2001, au cours d’un relevé des plantes effectué sur place, la personne qui avait vu les plantes il y a des décennies a constaté qu’il en persistait encore quelques unes. Des clôtures ont été érigées pour les protéger temporairement contre le broutage des cerfs et elles fleurissent davantage maintenant.



Le paysage ouvert de l’écosystème à chênes de Garry Le paysage ouvert de l’écosystème à chênes de Garry
© Parcs Canada

En restaurant les écosystèmes à chênes de Garry, on a dégagé le couvert pour révéler des lignes de vue historiques qui avaient disparu, cachées par les espèces envahissantes d’arbustes et d’arbres qui avaient poussé. Le projet de restauration a ainsi amélioré des aspects du patrimoine naturel et culturel du lieu.



Efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle
Un membre du personnel de Fort Rodd Hill participe à la restauration Un membre du personnel de Fort Rodd Hill participe à la restauration
© Parcs Canada / B. Reader

Des membres du personnel dont le travail est axé sur la protection et la mise en valeur du patrimoine culturel à Fort Rodd Hill ont collaboré avec l’équipe de rétablissement de l’écosystème. La lauréole (Daphne laureola), par exemple, est une espèce envahissante exotique qui n’existait pas à la période historique commémorée; il était donc souhaitable de l’éliminer tant pour l’intégrité écologique que l’intégrité culturelle.



La lauréole (Daphne laureola), une espèce envahissante La lauréole (Daphne laureola), une espèce envahissante
© Parcs Canada

Des pratiques exemplaires ont été adoptées pour lutter contre les espèces envahissantes. L’essai de diverses méthodes a montré, par exemple, que le moyen le plus économique et le plus efficace de lutter contre la lauréole (Daphne laureola) consiste à couper les jeunes plants à l’aide d’un outil semblable à une faux. Les jeunes plants ne fleurissent pas ou ne produisent pas de graines pendant plusieurs années; la coupe régulière fait alors disparaître progressivement la lauréole.



Un programme de surveillance par photographies a permis de suivre les réactions aux traitements. Cette méthode a été reprise par des étudiants en sciences à l’université qui sont embauchés tous les ans par le truchement du programme coopératif d’étude et de travail.

Site de la restauration avant l’enlèvement du genêt à balais Site de la restauration avant l’enlèvement du genêt à balais
© Parcs Canada
Site de la restauration après l’enlèvement du genêt à balais Site de la restauration après l’enlèvement du genêt à balais
© Parcs Canada


Engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.
Des bénévoles à côté d’un amas de plantes envahissantes qu’ils ont aidé à enlever Des bénévoles à côté d’un amas de plantes envahissantes qu’ils ont aidé à enlever
© Parcs Canada / B. Reader

Le personnel de Parcs Canada et des bénévoles ont travaillé ensemble pour lutter contre les espèces envahissantes. Les bénévoles comptaient dans leurs rangs des membres de la communauté locale, des étudiants universitaires et des scouts qui ont tous appris ce que sont les écosystèmes à chênes de Garry et participé à des activités de restauration sur le terrain. En 2003, plus de 80 bénévoles ont donné 543 heures de travail. À la fin de la journée, les bénévoles éprouvaient un sentiment d’accomplissement, se tenant fièrement à côté d’amas considérables de plantes envahissantes qu’ils avaient aidé à enlever là où se trouvent des chênes de Garry.



Un panneau sur place explique le caractère exceptionnel et la diversité des écosystèmes à chênes de Garry Un panneau sur place explique le caractère exceptionnel et la diversité des écosystèmes à chênes de Garry
© Parcs Canada / C. Webb


Les visiteurs et le public en ont aussi appris sur les travaux et en ont fait l’expérience au cours d’une série de conférences publiques dans les bibliothèques et les centres communautaires locaux, et en rencontrant des interprètes et des techniciens de la restauration sur place. En 2004, on a installé à Fort Rodd Hill un grand panneau d’interprétation coloré sur les écosystèmes à chênes de Garry. C’est la première fois qu’un panneau sur un sujet écologique est érigé dans un lieu principalement consacré à l’histoire.

Parcs Canada est l’organisme fédéral responsable du rétablissement des écosystèmes à chênes de Garry au Canada et l’Agence a collaboré avec tous les ordres de gouvernement et d’autres partenaires à cet égard. Plus de 30 organismes ont participé à l’effort général de rétablissement et quelque 80 personnes ont participé à la Garry Oak Ecosystems Recovery Team (GOERT) (en anglais seulement) et à ses différents comités.

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Surveillance

Le nombre d’espèces en péril s’est stabilisé et fait l’objet d’une surveillance étroite. Un programme de surveillance par photographies a permis de suivre les réactions aux traitements et de voir à long terme des changements dans le grand écosystème et la végétation. Cette méthode a donné une preuve visuelle des efforts fructueux faits pour éliminer les espèces envahissantes et elle a été reprise par des étudiants en sciences à l’université qui sont embauchés tous les ans par le truchement du programme coopératif d’étude et de travail. Il faudra une surveillance à long terme pour confirmer un déclin du stock grainier du sol.

Les activités et les résultats du projet ont été régulièrement évalués et communiqués dans un rapport annuel sur le projet de restauration, de même que dans le cadre d’évaluations et de rapports officiels comme l'évaluation des impacts environnementaux.

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Leçons apprises

  • Même si les mesures de restauration étaient fondées sur le principe qu’il ne fallait causer aucun mal, les activités n’ont pas été interrompues parce que les connaissances étaient incomplètes. Les travaux se sont faits prudemment, sous forme d’expériences, et ont été modifiés selon l’information et l’expérience acquises.
  • L’approche de la gestion adaptative s’est avérée particulièrement utile dans cet écosystème pour lequel on ne possédait au départ que peu de connaissances sur la façon de lutter contre les espèces envahissantes et de faciliter le rétablissement des espèces indigènes.
  • On a embauché des étudiants en biologie pour mener de nombreux travaux et un programme permanent de bénévolat a été mis sur pied. Les contacts personnels ont été les meilleurs pour recruter des bénévoles.

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Prochaines étapes

Deux membres du personnel à temps plein seront embauchés pour prêter main forte à la gestion de ce projet, de même que quatre étudiants durant l’été. Un programme de bénévolat sera mis sur pied à l’année. Des plans sont en cours en vue de la translocation de deux autres espèces végétales rares qui se trouvaient par le passé à Fort Rodd Hill. On augmentera également l’interprétation de l’histoire naturelle de Fort Rodd Hill, tout comme les communications externes avec le public et les médias. Finalement, Parcs Canada espère intéresser des groupes des Premières nations qui souhaitent raconter leur histoire et leurs liens avec les écosystèmes à chênes de Garry, par exemple l’utilisation de plantes alimentaires indigènes telles que la camassie de Cusick.

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Pour plus de renseignements

La présente étude de cas a pour objet de renseigner de manière générale sur les projets de restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques, veuillez consulter les sites Internet ou les personnes-ressources précisés ci dessous :

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Personnes-ressources

Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques au sujet de ce projet de restauration, veuillez communiquer avec :

Conan Webb
Parcs Canada
Bureau de l’unité de gestion
2220 Harbour Road
Sidney (Colombie Britannique) V8L 2P6
Tél. : 250-363-8563
Conan.Webb@pc.gc.ca

Brian Reader
Parcs Canada
Réserve de parc national du Canada des Îles Gulf
2220 Harbour Road
Sidney (Colombie Britannique) V8L 2P6
Tél. : 250-363-8560
Téléc. : 250-363-8552
Brian.Reader@pc.gc.ca

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Partenaires principaux

Si vous souhaitez commenter la présente étude de cas, veuillez écrire à Parcs Canada, à restauration.restoration@pc.gc.ca