Parcs nationaux

Études de cas de restauration

Restauration du lac Pink (Parc de la Gatineau)

Nota : La Commission de la capitale nationale a dirigé le projet de restauration du lac Pink. Parcs Canada a organisé la présentation de cette étude de cas, mais n’a pris aucune part directe ou indirecte au projet.

Direction du projet : Commission de la capitale nationale

Partenaires principaux : (sans objet)

Endroit : Parc de la Gatineau, Québec

Région naturelle : (sans objet; ne s’applique qu’aux parcs nationaux)

Écozone : Bouclier boréal (consulter la carte et la description de l'écozone)

Période d’exécution : de 1988 à 1990

Dimensions : le lac a une superficie de 12 ha

Liens rapides :
Aperçu du projet - Valeurs du patrimoine naturel et culturel - Description du problème - Buts et objectifs - Activités du projet - Surveillance - Leçons apprises - Prochaines étapes - Pour plus de renseignements - Personnes-ressources - Partenaires principaux
Pink Lake, Gatineau Park Lac Pink, parc de la Gatineau
© Commission de la capitale nationale

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Aperçu du projet

La Commission de la capitale nationale a dirigé la restauration écologique du lac Pink, dans le parc de la Gatineau. Ce projet visait à rétablir l’écosystème naturel du lac et à végétaliser son rivage, que l’accès non contrôlé des visiteurs avait concouru à éroder. L’érosion des sols riches en nutriments dans ce petit lac méromictique (lac dont les eaux ne se mélangent pas) était à l’origine de la croissance excessive des algues et de l’eutrophisation (phénomène naturel de la croissance des plantes due à une forte concentration de nutriments). La solution a consisté à offrir aux visiteurs d’autres possibilités d’utilisation et d’appréciation des lieux en améliorant l’accès, notamment par l’aménagement de sentiers et de belvédères, ainsi que l’installation de panneaux d’interprétation. La baignade a été interdite, et les visiteurs ont été invités à profiter de l’écologie unique du lac et à l’apprécier.

Les mesures prises par l’équipe de restauration du lac Pink illustrent les pratiques exemplaires décrites dans les Principes et lignes directrices pour la restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Le processus de restauration écologique, selon cette approche, repose sur trois principes directeurs, à savoir que la restauration doit être :

  • efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique;
  • efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle;
  • engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.

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Valeurs du patrimoine naturel et culturel

La Commission de la capitale nationale gère le parc de la Gatineau comme un parc voué à la conservation de l’environnement. Le parc de la Gatineau s’étend sur environ 50 kilomètres au nord-ouest des centres-villes d’Ottawa et de Gatineau jusqu’à des régions rurales très isolées ou quasi sauvages. Le relief du parc est représentatif du Bouclier (boréal) laurentien et compte de nombreux lacs et cours d’eau disséminés dans la forêt mixte typique de feuillus et de conifères. La vision du parc met l’accent sur la conservation des écosystèmes importants tout en offrant aux visiteurs une expérience récréative respectueuse du parc et en améliorant les ressources patrimoniales associées à la capitale du Canada.

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Description du problème

Depuis l’ouverture de la promenade de la Gatineau en 1958, le lac Pink est une aire d’utilisation diurne populaire auprès des amateurs de pique niques et de randonnées pédestres. L’accès des visiteurs au lac et à ses environs n’était autrefois ni contrôlé ni restreint, et il n’y avait sur place aucun panneau éducatif ou d’interprétation pour faire comprendre le lieu aux visiteurs et le leur faire apprécier. Au fil des ans, le lac Pink avait acquis la réputation d’un lieu où l’on pouvait se livrer à bien des activités non officielles, comme la baignade et les fêtes « bien arrosées » en plein air, qui, toutes, ont considérablement détruit la végétation riveraine et entraîné l’érosion du sol autour du lac.

Le lac Pink est entouré de falaises abruptes et d’un rivage rocheux dont les sols minces s’érodent facilement. Ces sols sont riches en phosphore, et l’apport accru de ce nutriment dans l’eau a favorisé la croissance des algues et accéléré l’eutrophisation du lac.

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Buts et objectifs

Le projet de restauration du lac Pink a été mis sur pied pour résoudre ces problèmes signalés par des scientifiques qui en ont également déterminé quelques-unes des causes, telles que l’érosion excessive du sol autour du lac.

Une équipe de projet multidisciplinaire a travaillé de concert avec la communauté scientifique à l’élaboration d’un plan pour le lac. Ce plan prévoyait la construction de nouvelles infrastructures pour offrir un autre accès au lieu et lui donner une nouvelle utilisation. De plus, une étude ciblée a mené à l’élaboration de stratégies correctives, de plans détaillés d’aménagement paysager et de plantations, de même que de plans d’interprétation et de communications. Des études réalisées par des chercheurs de l’Université Trent et le plan d’aménagement du lac Pink ont décrit les problèmes de fond et proposé une stratégie générale de réhabilitation.

Le projet visait à obtenir le respect et le soutien du public en lui accordant un accès contrôlé aux environs du lac, tout en lui offrant une expérience éducative et une interprétation intéressantes. Les activités autrefois permises comme les fêtes, les feux en plein air et la baignade seraient désormais interdites et des mesures d’application de la loi seraient en vigueur.

Les recommandations issues de plusieurs évaluations environnementales ont influencé le calendrier des grands travaux et ont également porté sur les problèmes d’accès, l’utilisation de l’équipement, les mesures de protection des arbres, les clôtures pour la protection de la végétation et la lutte contre le broutage, la lutte contre l’érosion, la rétention du sol et le choix des plantes pour la végétalisation.

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Activités du projet

Efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique

Pour mettre un terme à l’utilisation inappropriée du lac et permettre la construction des nouvelles infrastructures, la zone du lac a été interdite d’accès et clôturée pendant plus de deux ans. La décision, les motifs de celle-ci et ses répercussions possibles sur les visiteurs ont été largement communiqués lors des conférences de presse tenues sur les lieux mêmes du lac, avant sa fermeture.

Zone de baignade, à l’extrémité ouest du lac Pink,  fin des années 1970. Zone de baignade, à l’extrémité ouest du lac Pink, fin des années 1970.
© Commission de la capitale nationale
Le même endroit en 2007, une fois la communauté végétale restaurée Le même endroit en 2007, une fois la communauté végétale restaurée
© Commission de la capitale nationale


L’enlèvement d’anciennes infrastructures, de sentiers et de marches, la nouvelle disposition des stationnements et la construction de grandes plateformes, de trottoirs de bois et d’escaliers figurent au nombre des grands travaux réalisés pendant la première année. L’aménagement du sentier du lac et de pistes additionnelles à surface dure, de même que la construction d’autres structures ont pour leur part été réalisés la deuxième année.

Stationnement inférieur et sentier endommagé par le piétinement, en 1988, avant la restauration Stationnement inférieur et sentier endommagé par le piétinement, en 1988, avant la restauration
© Commission de la capitale nationale
Trottoir en construction entre le stationnement inférieur et le belvédère, par dessus l’ancien sentier endommagé par le piétinement Trottoir en construction entre le stationnement inférieur et le belvédère, par dessus l’ancien sentier endommagé par le piétinement
© Commission de la capitale nationale


Rivage érodé au lieu de baignade du lac Pink Rivage érodé au lieu de baignade du lac Pink
© Commission de la capitale nationale

Afin de végétaliser les zones d’érosion, l’équipe de restauration a élaboré un plan détaillé de plantations en tenant compte des types de sol, des conditions d’humidité, de la végétation existante, de la pente et de l’exposition à la lumière. Des plantes indigènes destinées à végétaliser les endroits désignés ont été cultivées dans une pépinière spécialisée dans ces espèces végétales. Onze espèces ont ainsi été choisies pour repeupler divers habitats et lieux situés autour du lac.

Vingt ans plus tard, les améliorations attribuables à la restauration sont clairement visibles; la végétation indigène s’est rétablie aux endroits auparavant dénudés et piétinés. Les sentiers non officiels ont pour la plupart disparu. L’analyse de l’eau montre une concentration en phosphore normale, et l’érosion a été fortement réduite.



Restored Pink Lake and the Gatineau Parkway Le lac Pink restauré et la promenade de la Gatineau
© Commission de la capitale nationale


Efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle

Le recours à des bénévoles pour effectuer une grande partie des travaux a permis de réduire les coûts et d’accroître l’intérêt et l’engagement du public à l’égard du parc. Tous les bénévoles ont suivi des séances de formation pour connaître les techniques de plantation, les pratiques de sécurité et les caractéristiques des espèces végétales sélectionnées pour les divers habitats autour du lac.

Point d’accès à l’eau et aire de pique-nique abîmés par l’érosion, à la fin des années 1970 Point d’accès à l’eau et aire de pique-nique abîmés par l’érosion, à la fin des années 1970
© Commission de la capitale nationale
Le même endroit, vu depuis une légère élévation (escalier) après la restauration. Des clôtures et un sentier aménagé tiennent les visiteurs à l’écart du rivage fragile Le même endroit, vu depuis une légère élévation (escalier) après la restauration. Des clôtures et un sentier aménagé tiennent les visiteurs à l’écart du rivage fragile
© Commission de la capitale nationale


Trottoir et sentier servant à gérer la circulation Trottoir et sentier servant à gérer la circulation
© Commission de la capitale nationale

Les structures et les panneaux aménagés aux belvédères et le long du sentier ont été conçus et construits pour résister à long terme à une circulation très intense.



Engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.

La restauration des plantes riveraines a pris la forme d’un projet de partenariat communautaire intitulé « Des arbres et des gens ». En quatre jours, une centaine de bénévoles ont planté 6 000 semis autour du lac Pink. Les bénévoles ont reçu plus tard, au cours d’un repas amical, une petite plaque en reconnaissance de leur travail acharné.

Des bénévoles plantent des arbres au lac Pink Des bénévoles plantent des arbres au lac Pink
© Commission de la capitale nationale
Plateforme et panneaux d’interprétation au-dessus d’une ancienne aire de pique nique Plateforme et panneaux d’interprétation au-dessus d’une ancienne aire de pique nique
© Commission de la capitale nationale


Des panneaux d’interprétation ont été installés aux principaux points d’accès et aux endroits présentant un intérêt particulier le long du sentier. Les programmes d’interprétation (initialement) et les panneaux contribuent à bâtir l’appréciation et à obtenir l’appui du public pendant des générations, et ce, non seulement pour le lac, mais aussi pour l’ensemble du parc.

Le public voit maintenant le lac avec respect et le considère comme un attrait naturel d’une grande beauté, un lieu où il fait bon faire une promenade ou une randonnée, et qu’il faut faire découvrir aux parents et amis.

Les deux principales entrées du parc permettent dorénavant à tous les visiteurs et à toutes les familles d’accéder facilement au parc.

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Surveillance

En 2004, après quinze années de suivi des pentes et de la qualité de l’eau du lac Pink, le programme de surveillance a pris fin. Les problèmes de mauvaise utilisation du site et de prolifération des sentiers non officiels avaient alors été résolus, les pentes étaient en bon état, et la qualité de l’eau (transparence et concentration en phosphore) était stable. On continue cependant d’échantillonner l’eau du lac Pink une fois tous les deux ans, dans le cadre du programme de vérification de la qualité de l’eau des cinq principaux lacs du parc fréquentés par le public.

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Leçons apprises

  • La fermeture du site est le facteur qui a le plus contribué à la réussite du projet. Elle a rapidement mis un terme aux perturbations qui étaient à l’origine de l’érosion des berges. Elle a également permis de rallier la majorité des utilisateurs. Ces derniers appuieront des projets comme celui-ci à long terme si on leur en donne l’occasion.
  • En ce qui concerne les bénévoles, la méthode la plus efficace était de constituer de petites équipes dirigées par une personne désignée, de leur donner un bon soutien et de définir clairement leurs responsabilités. Pour s’assurer de l’engagement des bénévoles, il a été essentiel de leur fournir des renseignements généraux et de leur faire suivre une formation appropriée.
  • Ce que l’on construit doit être fait pour durer. Concevoir dès le départ en fonction de la réparation et du remplacement des composantes susceptibles de s’user et de se détériorer. Prévoir l’accessibilité et concevoir les installations en conséquence. Construire avec soin de manière à ce que les structures et les installations ne puissent pas servir à d’autres activités (tremplins, forts, etc.)
  • Malgré la réussite du projet, une grande partie des plantations des premières années a disparu, en l’absence d’arrosage intensif, de tuteurage ou de remplacement des semis après la plantation. Des espèces pionnières se sont rapidement établies et ont pris leur place. Le travail du sol et l’installation de clôtures et de panneaux sur de grandes superficies ont favorisé ce rétablissement rapide.
  • Pour assurer une présence et démontrer un engagement, il a fallu exercer une surveillance continue et veiller à l’application des règlements.
  • Il faut du temps pour créer des problèmes et les discerner, pour décider quoi faire et agir. Il en faut encore plus pour constater des résultats concrets.

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Prochaines étapes

Les travaux de restauration au lac Pink sont maintenant terminés, et la Commission de la capitale nationale planifie d’autres projets dans le parc de la Gatineau. Un plan de conservation a été adopté en 2008, et un plan de protection des écosystèmes importants du parc a été mis en œuvre en 2009. Ces exercices de planification mèneront au lancement de nombreux projets, notamment la restauration des berges du lac Meech, la protection de l’escarpement d’Eardley et des corridors écologiques du parc.

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Pour plus de renseignements

La présente étude de cas a pour objet de renseigner de manière générale sur les projets de restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques sur le projet de restauration du lac Pink, veuillez consulter les sites Internet suivants ou communiquer avec le centre des visiteurs précisé ci dessous :

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Personnes-ressources

Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques au sujet de ce projet de restauration, veuillez communiquer avec :

Centre des visiteurs du parc de la Gatineau
33, chemin Scott
Chelsea (Québec)
Tél. : 819 827-2020 ou 1-800-465-1867 (sans frais)
info@ncc-ccn.ca

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Partenaires principaux

(sans objet)

Si vous souhaitez commenter la présente étude de cas, veuillez écrire à Parcs Canada, à restauration.restoration@pc.gc.ca