Parcs nationaux

Études de cas de restauration

Restauration d’écosystèmes aquatiques (parc national de la Mauricie)

Direction du projet : Parcs Canada

Partenaires principaux : (consulter la liste ci-dessous)

Endroit : Parc national de la Mauricie, Québec (consulter la carte interactive)

Région naturelle : Région précambrienne du Saint-Laurent et des Grands Lacs (consulter la description du plan de réseau des parcs nationaux)

Écozone : Bouclier boréal (consulter la carte et la description de l’écozone)

Période d’exécution : de septembre 2004 à novembre 2010

Étendue du projet : Le projet a porté sur au moins 12 lacs du parc.

Liens rapides :
Aperçu du projet - Valeurs du patrimoine naturel et culturel - Description du problème - Buts et objectifs - Activités du projet - Surveillance - Leçons apprises - Prochaines étapes - Pour plus de renseignements - Personnes-ressources - Partenaires principaux
Le parc national de la Mauricie Le parc national de la Mauricie
© Parcs Canada

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Aperçu du projet

Parcs Canada a dirigé la restauration d’écosystèmes aquatiques dans le parc national de la Mauricie. Le projet visait à rétablir la structure et la fonction naturelles des lacs et des cours d’eau détériorés par l’exploitation forestière et le flottage. On a restauré les niveaux d’eau en démantelant d’anciens barrages et remis en état les habitats riverains en éliminant les accumulations de billes. On a en outre pris des mesures pour assurer la viabilité à long terme des populations indigènes de certains poissons, notamment l’omble de fontaine, dont la survie était particulièrement menacée par la présence d’espèces de poissons introduites.

Les mesures prises par l’équipe de restauration de Parcs Canada illustrent les pratiques exemplaires décrites dans les Principes et lignes directrices pour la restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Le processus de restauration écologique, selon cette approche, repose sur trois principes directeurs, à savoir que la restauration doit être :

  • efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique;
  • efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle;
  • engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.

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Valeurs du patrimoine naturel et culturel

Le paysage du parc national de la Mauricie, typique de la région des Basses Laurentides, est formé de collines arrondies et de vallées encaissées. La valeur patrimoniale du parc repose notamment sur son réseau de lacs, d’étangs, de ruisseaux et de rivières laissés par le passage de glaciers. Le parc abrite aussi une grande variété d’espèces animales et végétales aquatiques et riveraines; certaines d’entre elles – notamment l’omble de fontaine, dont les populations sont uniques sur le plan génétique, et l’omble chevalier d’eau douce – sont rares ou encore particulières à l’endroit.

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Description du problème

L’exploitation forestière a commencé dans le parc vers 1850 et s’est poursuivie jusqu’à la création du parc, en 1970. Tout au long de cette période, tous les lacs et cours d’eau utilisables ont été modifiés pour faciliter le flottage des billes. Des barrages et des ouvrages de détournement des eaux ont été construits dans la plupart des lacs afin d’en élever le niveau d’eau; des cours d’eau ont aussi été nivelés et endigués pour permettre le passage du bois. Du bois imbibé d’eau, parfois sous forme de grosses billes ou de troncs, s’est accumulé au fond, sur les rives et à l’embouchure des lacs. L’élévation du niveau de l’eau dans les lacs a érodé les berges, ce qui a eu pour effet de modifier ou de faire disparaître des habitats riverains.

Au fil du temps, nombre d’espèces de poissons ont été introduites dans les lacs du parc, telles que l’achigan à petite bouche et le meunier noir, et ces espèces exotiques ont altéré la structure de la communauté aquatique de diverses façons. Les effets les plus marqués de ces changements ont été observés chez l’omble de fontaine. De son côté, l’unique population d’omble arctique du parc, qui vit dans le lac Français, était elle aussi menacée par la présence des espèces introduites et la dégradation de l’habitat.

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Buts et objectifs

Le programme « Du billot au canot » du parc national de la Mauricie visait à restaurer les niveaux d’eau et le régime hydrologique naturel (variations du cycle de l’eau) des écosystèmes aquatiques dégradés par les pratiques forestières utilisées par le passé. L’élimination des billes et l’abaissement du niveau des lacs à la suite du démantèlement des barrages ont permis d’améliorer les habitats riverains. La protection de l’intégrité de la seule population d’omble chevalier du parc constituait elle aussi un objectif important du programme. Un nouveau concept d'expérience récréative et de découverte harmonieuse des écosystèmes aquatiques du parc a été élaboré afin de susciter l’engagement du public.

Une évaluation environnementale stratégique de l’ensemble du projet a été réalisée dans le but d’en déterminer les principaux enjeux et possibilités. Ce processus a donné lieu à des recommandations qui visaient à orienter les 15 évaluations environnementales propres à chacun des éléments (lacs) du projet. Ces évaluations ont été réalisées en collaboration avec Pêches et Océans Canada lorsque les activités de restauration avaient une incidence sur les habitats des poissons. Tous les lacs ont fait l’objet d’études de caractérisation environnementale avant le début des activités de restauration.

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Activités du projet

Efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique
Le lac Isaïe avant l’enlèvement des billes de bois Le lac Isaïe avant l’enlèvement des billes de bois
© Parcs Canada
Le lac Isaïe après l’enlèvement des billes de bois Le lac Isaïe après l’enlèvement des billes de bois
© Parcs Canada

L’enlèvement des débris et des accumulations de billes sur les berges a permis de restaurer les habitats riverains de huit lacs. Toutes les billes imbibées d’eau et enfoncées qui bloquaient les décharges des lacs et nuisaient aux processus hydrologiques naturels ont été enlevées. En tout, plus de 13 000 billes de pruche du Canada d’une longueur de quelque 4,25 m ont été récupérées de cette façon. Par suite de l’abaissement des niveaux d’eau et de l’enlèvement des débris, les habitats riverains sont dorénavant en voie d’amélioration.

Le démantèlement d’anciens barrages et d’infrastructures routières comme des ponts et des ponceaux a permis de rehausser le niveau de l’eau dans six lacs.

Former logging transportation infrastructure before restoration Ancienne infrastructure servant au transport du bois, avant la restauration
© Parcs Canada
Former logging transportation infrastructure after restoration Ancienne infrastructure servant au transport du bois, après la restauration
© Parcs Canada


L’omble de fontaine indigène L’omble de fontaine indigène
© Parcs Canada / J. Pleau

L’élimination des espèces de poissons introduites (espèces exotiques) a amélioré l’intégrité des populations de poissons dans six lacs du parc. On a ensuite réintroduit dans ces lacs des ombles de fontaine de souches génétiques appropriées et représentatives de celles des populations locales. Au lac Patrick, un an seulement après l’élimination des espèces exotiques, un couple de huards est venu nicher, les castors ont reconstruit leurs digues, et les grenouilles ont de nouveau colonisé les berges.



Efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle

La possibilité d’obtenir plusieurs résultats positifs, dont la capacité du projet de susciter l’engagement des Canadiens, a influencé le choix des lacs à restaurer.

Carte du parc indiquant les bassins hydrologiques et les lacs visés par le projet de restauration Carte du parc indiquant les bassins hydrologiques et les lacs visés par le projet de restauration
© Parcs Canada


Travaux de terrain au lac Tessier Travaux de terrain au lac Tessier
© Parcs Canada

L’utilisation efficace d’études scientifiques est l’un des facteurs clés de la réussite du programme. L’équipe chargée du projet a sollicité les conseils de chercheurs et d’un comité consultatif composé de chercheurs, de spécialistes de Parcs Canada et de gestionnaires d’autres ministères.



Des artistes transforment des billes récupérées Des artistes transforment des billes récupérées
© Parcs Canada
Des artistes transforment des billes récupérées Matériel éducatif créé à partir de bois récupéré.
© Parcs Canada

Le bois des billes récupérées a notamment servi à la mise en œuvre de divers projets dans le parc, dont la fabrication de matériel éducatif, la réalisation de sculptures d’art et la construction d’une nouvelle structure d’interprétation au lac Bouchard.



Engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature
Un naturaliste du parc aide des jeunes visiteurs à découvrir les formes de vie dans le lac Un naturaliste du parc aide des jeunes visiteurs à découvrir les formes de vie dans le lac
© Parcs Canada

Le projet de restauration a permis au parc de créer de nouvelles activités qui aident les visiteurs à mieux comprendre et apprécier les régimes et les processus écologiques. Un nouveau programme éducatif stimulant a été spécialement conçu à l’intention des jeunes.



Canotage sur le lac à la Pêche Canotage sur le lac à la Pêche
© Parcs Canada

Les visiteurs ont désormais de nouvelles possibilités de découvrir la nature et d’en faire l’expérience, ce qui contribue à renforcer leur sentiment d’attachement au parc national de la Mauricie.



Lac Bouchard Lac Bouchard
© Parcs Canada

Des membres de la communauté, des particuliers et des groupes ont eu l’occasion de collaborer à la concrétisation d’une vision commune.



Des élèves participent à la réintroduction de l’omble de fontaine dans le lac Bouchard Des élèves participent à la réintroduction de l’omble de fontaine dans le lac Bouchard
© Parcs Canada

Près de 350 élèves d’écoles secondaires ont été mis au courant du projet de restauration et ont participé à un concours d’affiches. La classe qui a créé l’affiche gagnante a participé à la réintroduction de la truite dans trois lacs.



Artistic sculptures created from salvaged stumps Sculpture réalisée à partir de souches récupérées
© Parcs Canada

Des élèves de quatre écoles primaires ont aussi entendu parler du projet de restauration et ont été invités à créer des œuvres d’art à partir de souches aux formes inhabituelles laissées sur place à l’époque de l’exploitation forestière.



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Surveillance

Un programme de surveillance a été mis sur pied pour évaluer l’efficacité des travaux de restauration au cours des prochaines années. La surveillance des espèces de poissons et d’autres organismes aquatiques se poursuit tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des limites du parc. Le programme de surveillance porte entre autres sur le démantèlement des barrages, la profondeur des lacs, l’évolution des zones riveraines, la qualité de l’eau, la succession végétale, les populations de poissons, les communautés biologiques et les aires de reproduction. Les activités et les résultats du projet sont régulièrement évalués et communiqués dans des bulletins d’information et dans le cadre d’évaluations et de rapports officiels comme l'évaluation des impacts environnementaux et le Rapport sur l'état du parc. (Pour en savoir plus sur la surveillance dans les parcs nationaux.)

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Leçons apprises

  • De bonnes compétences en gestion de projets sont essentielles.
  • Il vaut mieux mettre en place un comité consultatif dans le cas des projets complexes. Cela réduit les risques et favorise la communication.
  • Dans le cas de grands projets, il faut songer à faire des évaluations environnementales stratégiques, parce qu’elles aident à structurer les projets et à en préciser les étapes cruciales.
  • La fonction publique n’est pas une entreprise privée. La culture organisationnelle, les normes, les directives et les règlements influencent la capacité de réaliser des projets.
  • Il faut documenter, dans la mesure du possible, toutes les étapes du projet, du début à la fin, et porter une attention particulière aux images.
  • La diffusion efficace d’information est essentielle, surtout lorsque les projets sont complexes.
  • Les fondements scientifiques des activités de restauration ont été un facteur clé de la réussite du programme. La première étape de ce dernier a consisté à décrire les habitats et leurs structures afin d’établir les bases de données nécessaires à l’élaboration des activités de restauration.
  • La restauration peut coûter cher, mais surtout, elle ne se fait pas du jour au lendemain. Selon la complexité du projet, les praticiens doivent tenir compte des délais occasionnés par les conditions climatiques, l’obtention des permis nécessaires, le matériel et les contrats.

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Prochaines étapes

Le personnel du parc travaille actuellement en collaboration avec Pêches et Océans Canada à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un programme de surveillance des écosystèmes restaurés. Au cours des cinq prochaines années (de 2010 à 2014), le parc entend poursuivre les travaux de restauration d’autres lacs et de leurs populations d’ombles de fontaine et élaborer de nouvelles activités afin de donner aux visiteurs l’occasion de découvrir la nature et d’en profiter.

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Pour plus de renseignements

Les études de cas ont pour objet de renseigner de manière générale sur les projets de restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques, veuillez consulter les sites Internet ou les personnes-ressources précisés ci dessous :

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Personnes-ressources

Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques au sujet de ce projet de restauration, veuillez communiquer avec :

Albert van Dijk
Parc national du Canada de la Mauricie
702, 5e rue, C. P. 160, Station du bureau chef
Shawinigan (Québec) G9N 6T9
Tél : 819-532-2282
Téléc. : 819-532-2602
albert.vandijk@pc.gc.ca

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Partenaires principaux

Si vous souhaitez commenter la présente étude de cas, veuillez écrire à Parcs Canada, à restauration.restoration@pc.gc.ca


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