Parcs nationaux

Études de cas de restauration

Restauration de l’écosystème des Prairies (parc national des Prairies)

Direction du projet : Parcs Canada

Partenaires principaux : (consulter la liste ci-dessous)

Endroit : Parc national des Prairies, Saskatchewan (consulter la carte interactive)

Région naturelle : Les Prairies (consulter la description du plan de réseau des parcs nationaux)

Écozone : Prairies (consulter la carte de l’écozone et sa description)

Période d’exécution : de 2004 à 2008; en cours

Dimensions : À ce jour, la végétation d’environ 700 ha de champs a été restaurée, des brûlages dirigés ont été effectués sur 300 ha et 44 000 ha ont été clôturés pour le pâturage des bisons.

Liens rapides :
Aperçu du projet - Valeurs du patrimoine naturel et culturel - Description du problème - Buts et objectifs - Activités du projet - Surveillance - Leçons apprises - Prochaines étapes - Pour plus de renseignements - Personnes-ressources - Partenaires principaux
Troupeau de bisons dans le parc national des Prairies Troupeau de bisons dans le parc national des Prairies
© Parcs Canada / N. Finney

Retourner au haut de la page

Aperçu du projet

Parcs Canada a dirigé les travaux de restauration écologique des prairies mixtes situées dans le parc national des Prairies. Le projet a été centré sur la réintroduction de processus naturels, tels que le pâturage des grands herbivores que sont les bisons et le bétail et le recours aux brûlages dirigés. De plus, des terres auparavant cultivées et des zones où dominaient les plantes envahissantes ont été végétalisées. Au cours du projet, divers partenaires et intervenants ont pris part à la planification, à la prise de décisions et à la célébration des travaux de restauration, dont les collectivités locales, les Autochtones et les visiteurs du parc.

Les mesures prises par l’équipe de restauration du parc national des Prairies illustrent les pratiques exemplaires décrites dans les Principes et lignes directrices pour la restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Le processus de restauration écologique, selon cette approche, repose sur trois principes directeurs, à savoir que la restauration doit être :

  • efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique;
  • efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle;
  • engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.

Retourner au haut de la page

Valeurs du patrimoine naturel et culturel

Les visiteurs s’arrêtent pour regarder les bisons interagir avec les chiens de prairie, les antilocapres… la terre elle-même. Le parc national des Prairies représente une des régions de grandes terres contiguës de prairie mixte les mieux préservées de l’Ouest canadien. Les bisons font partie intégrante du paysage des prairies et ils étaient essentiels à la vie et aux pratiques culturelles des nombreux peuples autochtones qui y vivaient. Le parc conserve d’ailleurs d’exceptionnels dossiers archéologiques sur ces peuples autochtones.

Retourner au haut de la page

Description du problème

Au fil de l’histoire, l’évolution de l’écosystème de la prairie mixte a été ponctuée de fréquentes perturbations naturelles comme le broutage par de grands herbivores (surtout des bisons). Les bisons ont été absents du paysage pendant plus de 100 ans, mais d’autres grands herbivores, tels que le bétail, ont largement remplacé le rôle écologique des bisons. Lorsque Parcs Canada a fait l’acquisition des terres pour le parc national des Prairies dans les années 1980, il n’y avait plus de pâturage et les bienfaits que le broutage, les dépressions creusées par les bisons en se roulant par terre et la fertilisation procuraient à l’écosystème de la prairie mixte avaient disparus. Il était essentiel de restaurer la fonction du pâturage pour conserver un écosystème des prairies sain, de même que la diversité des espèces qui y vivent.

Dans le passé, le feu a contribué à conserver la diversité des espèces végétales des prairies indigènes. Ces feux comprenaient autant les feux d’herbe « naturels » (causés par la foudre par exemple) que les feux allumés par les Autochtones qui brûlaient la prairie pour influencer les déplacements des bisons. Il fallait restaurer les feux pour limiter la croissance des plantes envahissantes, favoriser celle des plantes des prairies indigènes et fournir une mosaïque d’habitats aux espèces fauniques des prairies, telles que les oiseaux chanteurs.

À l’extérieur des limites du parc, les terres cultivées, ou celles qui l’étaient auparavant, constituaient une grande partie du terrain. Certaines de ces zones étaient dominées par des espèces de plantes envahissantes, comme l’euphorbe ésule, qui se sont propagées à la suite de la plantation de graminées indigènes pour la production de foin ou de pâturages et de l’abandon de terres cultivées. Il fallait aussi gérer ces terres entourant le parc pour s’assurer que les espèces envahissantes n’empiètent pas sur la prairie naturelle du parc.

Retourner au haut de la page

Buts et objectifs

Les objectifs de la restauration effectuée dans le parc national des Prairies ont été centrés sur les processus écologiques (surtout le pâturage, le feu et la succession végétale) nécessaires à l’obtention d’une structure qui représenterait mieux le paysage des prairies de la période antérieure à l’arrivée des Européens et conserverait plus efficacement la biodiversité indigène. Plus particulièrement, une expérience de pâturage permettrait de connaître les effets du pâturage sur la faune et la flore indigènes, selon divers degrés d’intensité.

Les terres entourant le parc servaient principalement à l’agriculture; il allait donc falloir une gestion très active pour restaurer et maintenir le paysage du parc, constitué de prairies indigènes.

L’établissement de liens avec les partenaires autochtones était aussi un objectif important du projet de restauration, tout comme la participation des collectivités voisines.

Le processus d’évaluation environnementale (EE) a aidé à garantir qu’on tienne compte d’une grande variété de répercussions possibles. Les EE relatives à la réintroduction des bisons et au pâturage ont contribué à changer l’emplacement des clôtures pour protéger l’intégrité de ressources culturelles. Les EE ont également orienté le suivi à prévoir. Par exemple, on a déterminé que certaines zones nécessitaient une réhabilitation à la suite d’impacts environnementaux, d’un envahissement d’espèces exotiques ou de l’aménagement de perturbations linéaires (nouvelles routes et sentiers).

Retourner au haut de la page

Activités du projet

Efficace, pour restaurer et maintenir l’intégrité écologique
Bisons des plaines Bisons des plaines
© Parcs Canada / W. Lynch

Pour restaurer le rôle écologique du pâturage des grands herbivores, 71 bisons des plaines ont été réintroduits sur une parcelle de 18 100 hectares en 2006. En même temps, on s’est servi de bétail ailleurs dans le parc pour atteindre les objectifs de pâturage. Les habitats des oiseaux chanteurs des prairies tels que le pipit de Sprague et le bruant de McCown, deux des espèces en péril, ont tiré profit du pâturage.



Brûlage dirigé dans le parc national des Prairies Brûlage dirigé dans le parc national des Prairies
© Parcs Canada

La tradition des brûlages dirigés a été réintroduite afin d’influer sur la répartition des grands brouteurs, de réduire la prédominance des espèces envahissantes et de favoriser la croissance des espèces végétales des prairies indigènes.



Restauration de terres cultivées dans le parc national des Prairies Restauration de terres cultivées dans le parc national des Prairies
© Parcs Canada / A. Sturch

On a restauré la végétation des champs auparavant cultivés en utilisant un mélange de graminées indigènes et de fleurs sauvages. Plus de 280 hectares de terres ont été restaurées et quatre ans seulement après l’ensemencement, ces zones ressemblent déjà à la prairie indigène.



Euphorbe ésule (Euphorbia esula), une espèce envahissante Euphorbe ésule (Euphorbia esula), une espèce envahissante
© Parcs Canada / A. Sturch

On a combiné herbicides et ensemencement d’espèces indigènes pour végétaliser les zones où l’agropyre à crête dominait. La présence d’espèces de plantes introduites dans le parc, telles que l’agropyre à crête, a ainsi diminué. On a aussi prévenu la propagation d’autres espèces envahissantes, par exemple l’euphorbe ésule, grâce à la collaboration du parc avec des partenaires d’ailleurs.



Réunion d’intervenants Réunion d’intervenants
© Parcs Canada

Les activités de restauration dans le parc national des Prairies ont été fondées sur les résultats de recherches scientifiques, de même que sur les connaissances traditionnelles et des conseils locaux. Les intervenants ont donné leur avis sur la conception de la clôture, les préoccupations liées à la santé des bisons, le lieu de réintroduction, le processus d’appel d’offres de pâturage et les zones de pâturage.



Efficiente, par l’emploi de méthodes pratiques et économiques permettant la réussite fonctionnelle
Réintroduction des bisons dans le parc national des Prairies Réintroduction des bisons dans le parc national des Prairies
© Parcs Canada

Par respect pour les voisins et pour empêcher le bétail domestiqué et les troupeaux de bisons sauvages de se mêler, une clôture de 71 km de long a été conçue pour permettre à certains animaux (par exemple les cerfs, les antilocapres et les couguars) de pouvoir facilement entrer dans le parc et en sortir, tout en limitant les allées et venues des bisons, du bétail et des chevaux.



Échantillonnage de végétation dans un champ d’agropyre à crête Échantillonnage de végétation dans un champ d’agropyre à crête
© Parcs Canada / J. Wilmshurst

Les communautés, des universités et d’autres intervenants ont fait des recherches scientifiques pour la mise au point et l’utilisation de stratégies et d’outils novateurs de gestion de l’écosystème des prairies. Grâce à ces partenariats, le parc national des Prairies, ses voisins et d’autres gestionnaires de prairies indigènes peuvent prendre de meilleures décisions de gestion.



Journée portes ouvertes au parc national des Prairies Journée portes ouvertes au parc national des Prairies
© Parcs Canada

Les activités du projet ainsi que ses résultats ont été régulièrement communiqués par un comité consultatif, des journées portes ouvertes, des bulletins ou des rencontres.



Engageante, par la mise en œuvre de processus inclusifs et par la reconnaissance et la valorisation de l’interrelation entre culture et nature.
Réintroduction de bisons dans le parc national des Prairies Réintroduction de bisons dans le parc national des Prairies
© Parcs Canada

Des centaines de membres de la communauté, de visiteurs et d’intervenants ont assisté à la réintroduction des bisons en 2006. Cet événement a offert aux Canadiens la chance de découvrir la nature du Canada et d’y vivre une expérience, tout en approfondissant leur attachement à l’égard du parc.



Danses autochtones traditionnelles au parc national des Prairies Danses autochtones traditionnelles au parc national des Prairies
© Parcs Canada

Les activités autochtones traditionnelles ont été un élément important de la cérémonie de réintroduction des bisons. Les occasions de tenir des activités traditionnelles culturelles et cérémonielles dans le parc ont contribué à tisser des liens avec les peuples autochtones et à réintégrer nature et culture.



Des partenaires collaborent à  la gestion des espèces envahissantes Des partenaires collaborent à la gestion des espèces envahissantes
© Parcs Canada / A. Sturch

Les visiteurs du parc, les voisins et d’autres intervenants ont pris part aux activités du projet, dont la gestion du pâturage et la lutte contre les espèces envahissantes. La gestion des espèces envahissantes a mené à une collaboration entre diverses compétences et les partenaires des zones de gestion des mauvaises herbes des rivières Frenchman et Wood. Ils ont fait des évaluations, informé le public et les intervenants et cherché sa participation, empêché de nouveaux envahissements et limité ou éliminé les espèces prioritaires telles que l’euphorbe ésule.



Classe en plein air au parc national des Prairies Classe en plein air au parc national des Prairies
© Parcs Canada

En partenariat avec la division scolaire locale, le projet a contribué à la création du premier centre d’apprentissage des Prairies. Le centre offre des possibilités d’apprentissage uniques aux jeunes de milieux ruraux, urbains ou autochtones de partout au Canada et d’ailleurs dans le monde et les aide à créer des liens profonds et solides avec les merveilles naturelles et culturelles des prairies.



Réunion d’intervenants Réunion d’intervenants
© Parcs Canada

La restauration dans le parc national des Prairies se voulait un processus inclusif. Les voisins et d’autres intervenants ont pris part aux journées portes ouvertes et aux réunions amicales avec le personnel du parc et tous se sont efforcés d’écouter, de comprendre et d’examiner les préoccupations des uns et des autres.



Retourner au haut de la page

Surveillance

Les résultats des travaux de restauration sont suivis de près. On procède à des échantillonnages de la végétation pour surveiller la composition en espèces plusieurs années après qu’un champ cultivé a été restauré en prairie indigène. De plus, les bisons ont été munis d’unités GPS pour que les visiteurs et le personnel du parc puissent suivre leurs déplacements et leur comportement. Les visiteurs ont maintenant la possibilité d’observer les bisons et de se renseigner sur leur rôle écologique et culturel dans un réseau de prairies naturelles.

Les activités et les résultats du projet ont été régulièrement évalués et communiqués par l’entremise d’un comité consultatif, de journées portes ouvertes, de bulletins et de réunions, de même que dans le cadre d’évaluations et de rapports officiels comme l’évaluation des impacts gouvernementaux et le Rapport sur l'état du parc. (Pour en savoir plus sur la surveillance dans les parcs nationaux.)

Retourner au haut de la page

Leçons apprises

  • Il a été important d’être à l’écoute, car les bonnes idées sont venues de toutes parts.
  • Le personnel du parc et les intervenants sentaient le besoin d’être pleinement engagés dans les prises de décisions et les mesures mises de l’avant.
  • La collaboration interne a été essentielle.
  • Il a été plus efficace de franchir de petites étapes à la fois; il faut avoir de grands rêves, mais les diviser en étapes réalisables.
  • Il a été important de laisser place à la communication.
  • Vérifier chacune de toutes les petites étapes, à l’interne comme à l’externe. En temps opportun, informer les gens : « voici ce qui a été planifié, voici ce que vous avez dit, voici ce qu’on fait maintenant compte tenu de vos commentaires et voici les prochaines étapes ». Demander des réactions aux prochaines étapes prévues. Divers moyens ont été utilisés pour y arriver, dont des journées portes ouvertes, des bulletins, des activités communautaires, des réunions et des conversations individuelles.
  • S’assurer de reconnaître les efforts des bénévoles convenablement et en temps opportun.

Retourner au haut de la page

Prochaines étapes

Les stratégies utilisées dans ce projet de restauration ont permis de parfaire avec succès les techniques nécessaires à la conservation et à la mise en valeur du paysage des prairies. En misant sur ces réussites, le parc continuera, au cours des cinq prochaines années (de 2009 à 2014), à effectuer des travaux de restauration qui viseront à grossir le troupeau de bisons, à augmenter l’utilisation des brûlages dirigés, à éliminer complètement l’agropyre à crête du parc et à végétaliser tous les champs cultivés subsistants dans le parc. De plus, les objectifs de l’expérience de pâturage seront atteints au cours des cinq prochaines années. Les putois d’Amérique, qui étaient absents (disparus) des Prairies canadiennes depuis 1937, ont aussi été réintroduits dans le parc en 2009. Le parc offrira de nouvelles possibilités aux visiteurs et aux étudiants de connaître les efforts de restauration et d’en faire l’expérience.

Retourner au haut de la page

Pour plus de renseignements

La présente étude de cas a pour objet de renseigner de manière générale sur les projets de restauration écologique dans les aires naturelles protégées du Canada. Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques sur le projet de Restauration de l’écosystème des Prairies, veuillez consulter les sites Internet ou les personnes-ressources précisés ci dessous :

Retourner au haut de la page

Personnes-ressources

Pour obtenir des renseignements détaillés ou techniques au sujet de ce projet de restauration, veuillez communiquer avec :

Katherine Patterson
Directrice d’unité de gestion
Parc national du Canada des Prairies
katherine.patterson@pc.gc.ca
Tél: 306-298-2258

Adrian Sturch
Gestionnaire de la conservation des ressources
Parc national du Canada des Prairies
C.P. 150
Val Marie (Saskatchewan)
Canada S0N 2T0
Adrian.Sturch@pc.gc.ca
Tél: 306-298-2166

Retourner au haut de la page

Partenaires principaux

Si vous souhaitez commenter la présente étude de cas, veuillez écrire à Parcs Canada, à restauration.restoration@pc.gc.ca


N. B. : Vous avez besoin du logiciel Adobe Acrobat Reader pour lire la version PDF.

Si vous n'avez pas accès au site de téléchargement d'Adobe, vous pouvez télécharger le logiciel Acrobat Reader d'une page accessible.

Si l'accessibilité à un document PDF pose un problème, vous pouvez convertir le fichier en format texte HTML ou ASCII en utilisant l'un des services d'accès offerts par Adobe (en anglais seulement).