Projet de parc national sur l’île Bathurst

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Le paysage...

L’île Bathurst fait partie des îles de la Reine-Élisabeth, situées dans la région naturelle de l’Extrême-Arctique Ouest du Canada. Le territoire proposé pour le projet de parc national comprend la partie nord de l’île Bathurst (au nord de la réserve nationale de faune de Polar Bear Pass) ainsi que de petites îles situées à l’ouest et au nord de l’île Bathurst.

Sur le plan géologique, la région de l’île Bathurst est principalement constituée de roches sédimentaires telles que le calcaire, le grès et la dolomite. On y trouve des formes de relief qui témoignent de l’ère glaciaire, notamment des eskers, des moraines et des plages soulevées, ainsi que divers éléments de paysage tels que des plateaux, des collines, des terres humides et des terres basses, de même que des terres hautes s’élevant jusqu’à 411 mètres.

L’île Bathurst est située dans une des régions les plus rudes et sèches du monde. La température moyenne varie de - 35 ° Celsius en janvier à 5 ° Celsius en juillet, et les précipitations annuelles sont de moins de 130 mm. Ce climat rigoureux limite le développement du sol et des nutriments, et, par conséquent, la végétation est extrêmement rare. La flore existante, composée essentiellement de saxifrage à feuilles opposées, de saule herbacé, de carex, de graminées, de lichens et de mousses, est une précieuse source de nourriture pour la faune.

Compte tenu de la latitude élevée et des conditions difficiles, le nombre d’animaux sauvages dans la région de l’île Bathurst est surprenant. Parmi les espèces terrestres qui se sont adaptées à cet environnement, on compte l’ours polaire, le loup arctique, le renard arctique, le boeuf musqué et de nombreuses espèces d’oiseaux telles que le harfang des neiges, l’oie des neiges, l’eider à tête grise, le labbe ainsi que diverses espèces de mouettes et d’oiseaux de rivage. Enfin, parmi les espèces marines de la région, mentionnons le phoque annelé, le phoque barbu, le morse, la baleine boréale, le béluga et le narval.

Le parc national proposé englobera des habitats fauniques essentiels, notamment des lieux de passage, des terrains de mise bas et des aires d'hivernage fréquentés par le caribou de Peary, espèce considérée depuis 2011 comme étant en voie de disparition, aux termes de la Loi sur les espèces en péril du Canada. La région de l’île Bathurst est aussi considérée comme un territoire très important pour le boeuf musqué dans les îles de la Reine Élisabeth.

... et les gens

Des études archéologiques réalisées dans la région de l’île Bathurst ont révélé la présence occasionnelle d’humains au cours des 4 500 dernières années. Des peuples de culture dorsétienne et thuléenne inuite, tant préhistorique qu’historique, ont occupé la région. La présence d’humains a fluctué au gré des changements climatiques et des variations de la couche de glace qui eurent une incidence sur la disponibilité des espèces sauvages nécessaires à leur subsistance.

En 1819, au début d’une série d’expéditions navales britanniques menées au XIXe siècle, des explorateurs arrivent dans la région de l’île Bathurst, à la recherche du passage du Nord Ouest. Beaucoup des expéditions subséquentes entreprises dans cette région visent à secourir les navires et l’équipage de Sir John Franklin, portés disparus en 1845.

L’exploration de la région de l’île Bathurst se poursuit au XXe siècle. Au départ, le but des expéditions était d’établir la souveraineté canadienne sur les îles de l’Arctique. Plus tard, l’objectif a été de faire des observations et de recueillir des données sur les activités de pêche et de chasse à la baleine, sur l’état des glaces et le climat de la région. Des expéditions spécialisées ont été menées dans le secteur, notamment par une patrouille de la Gendarmerie royale du Canada basée à terre, lors de vols réalisés par l’Aviation royale du Canada pour mener des recherches sur le pôle magnétique, lors de vols pour obtenir des photographies aériennes, ainsi que dans le cadre d'études sur la faune, la géologie et l’hydrologie de la région. Dans les années 1960 et 1970, des opérations de forage ont été menées afin de vérifier la présence d’hydrocarbures, et de minéraux dans la région. Encore aujourd’hui, divers projets de recherche sont réalisés dans cette région, et un grand nombre d’entre eux sont associés au Programme du plateau continental polaire.

Vue du sommet d’une colline surplombant un petit village de l’Arctique, au bord de l’océan. Communauté de Resolute Bay
© Parcs Canada

La communauté de Resolute, située sur l’île Cornwallis, au sud-est du parc national proposé, a été établie en 1953, et les inuits de cette communauté continuent de parcourir les terres et les plans d’eau de la région de l’île Bathurst pour chasser, pêcher et faire du trappage.