Programme de rétablissement du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada
Conformément à laDirective du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes (2004), une évaluation environnementale stratégique (EES) doit être réalisée pour tous les programmes de rétablissement assujettis à la Loi sur les espèces en péril (LEP). Cette évaluation vise à garantir que les incidences environnementales des politiques, des plans et des programmes publics proposés seront prises en compte dès le début des travaux d’élaboration, de manière à permettre la prise de décisions éclairées et respectueuses de l’environnement. Les programmes de rétablissement favorisent les espèces en péril et la biodiversité en général, mais ils peuvent aussi avoir des effets imprévus sur l’environnement. Le contenu du rapport d’EES (Forrestall, 2006) est résumé ci-dessous.
Les programmes de rétablissement visent à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général, mais ils peuvent aussi avoir des effets environnementaux imprévus. Ces effets, y compris les impacts sur des espèces non visées et sur l’environnement, ont été pris en compte dans la planification du rétablissement. L’EES est intégrée directement dans la stratégie et résumée ci-dessous.
Il est évident qu’en favorisant le rétablissement du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus), ce programme de rétablissement sera bénéfique pour l’environnement. La protection des écosystèmes d’armoises broussailleuses qui s’amenuisent profitera notamment au Moqueur des armoises (Oreoscoptes montanus) et à la Chevêche des terriers (Speotyto cunicularia), deux espèces en voie de disparition, à la Pie-grièche migratrice de la sous-espèce excubitorides (Lanius ludovicianus excubitorides) et au mormon (Apodemia mormo), deux espèces menacées, et au Courlis à long bec (Numenius americanus), une espèce préoccupante. Le programme aura aussi un effet favorable sur la culture autochtone, dont le Tétras des armoises fait partie. Par contre, on a identifié trois situations dans lesquelles le programme pourrait avoir des effets défavorables.
Premièrement, il a été déterminé qu’une stratégie de recherche sur l’utilisation du feu pour stimuler et revitaliser les communautés associées aux armoises pourrait déboucher sur des activités de brûlage dirigé d’habitats de prairie. Ces activités pourraient nuire à d’autres espèces directement ou en perturbant ou détruisant leur habitat et/ou leur résidence. En tenant compte des autres espèces en péril présentes et en appliquant de bonnes pratiques de gestion du feu, on pourrait réduire ou éliminer les éventuels effets néfastes sur les autres espèces. Tout brûlage dirigé dans un parc national nécessiterait d’abord une évaluation environnementale détaillée en vertu de laLoi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE).
Deuxièmement, des recherches concernant les effets d’ouvrages de régularisation des eaux sur l’hydrologie naturelle et leurs conséquences pour l’armoise pourraient déboucher sur des mesures influant sur l’hydrologie. La modification de l’hydrologie d’une région pourrait nuire à d’autres espèces végétales et animales soit directement soit en perturbant ou en détruisant leurs habitats ou résidence. Les modifications à l’hydrologie devraient prendre en compte les effets sur des espèces non ciblées et pourraient nécessiter une évaluation environnementale détaillée en vertu de la LCEE.
Troisièmement, comme on l’a indiqué plus haut, les stratégies de protection ou d’expansion de l’habitat de l’armoise argentée favoriseraient toutes les espèces qui ont le même habitat que le Tétras des armoises. Par contre, l’expansion de l’habitat d’armoise du Tétras des armoises pourrait nuire au Pluvier montagnard (Charadrius montanus) qui exige une végétation basse et du sol nu. Toutefois, comme le Pluvier montagnard est une espèce inscrite à la liste de la LEP, il doit faire l’objet d’un programme de rétablissement qui vise le suivi, la recherche et les menaces qui pèsent sur lui, lesquelles pourraient comprendre les impacts de l’expansion de l’habitat d’armoise.
L’EES a conclu que le programme de rétablissement aura de nombreux effets bénéfiques et qu’il ne causera pas d’effets nuisibles importants, à condition que l’on mette en oeuvre les mesures d’atténuation recommandées. Il s’agit ici de toute autre évaluation des mesures proposées (par exemple, le brûlage dirigé ou la modification de l’hydrologie dans un parc national) découlant des recherches qui seront effectuées dans le cadre du programme de rétablissement.