Archéologie

Archéologie subaquatique au lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche en 2010

En 1760, une flottille française destinée à approvisionner la Nouvelle-France en vivres, en armes et munitions perdit trois imposants navires (Machault, Bienfaisant et Marquis de Malauze) lors d'un affrontement avec des navires anglais baptisé la bataille de la Ristigouche.

Les archéologues subaquatiques
Les archéologues subaquatiques du SAS qui se préparent pour une plongée sur l'épave du Bienfaisant
© Parcs Canada / C. Dagneau

En cette année du 250e anniversaire de cette Bataille de la Ristigouche (1760) et du 40e anniversaire de la fouille archéologique (1969-1972), de la frégate française le Machault, des membres du Service d'archéologie subaquatique (SAS) de Parcs Canada sont retournés sur la rivière Ristigouche et dans la baie des Chaleurs pour y effectuer des recherches archéologiques du 15 au 30 juin 2010.

L'objectif principal était de vérifier l'état de conservation des épaves des navires Machault et Bienfaisant, d'un « site de délestage » et des pièces conservées provenant du navire Maquis de Malauze. L'objectif second était de confirmer la présence d'autres vestiges liés à la bataille, notamment grâce à une couverture au sonar latéral et au magnétomètre de plusieurs secteurs.

Au regard des observations sous-marines et des analyses préliminaires, les épaves du Machault et du Bienfaisant semblent dans un état de conservation satisfaisant, presque entièrement recouverts par les sédiments. Pour la première fois, un plan sommaire des éléments structuraux apparents du Bienfaisant - intouché depuis 1760 - a été réalisé.

Une cartographie systématique des fonds marins réalisée à l'aide d'un sonar latéral et d'un magnétomètre a permis d'identifier plusieurs nouveaux vestiges potentiels à investiguer dans la zone des combats autour du Machault et du Bienfaisant. Il est à prévoir que des ancres, des boulets, de petites embarcations ou d'autres objets métalliques lourds délestés ou perdus dans la rivière soient identifiés lors des travaux futurs en plongée sous-marine.

Plan de la rivière de Ristigouche au Canada
Figure 2 Plan de la rivière de Ristigouche au Canada. Dédié à Monsieur le chevalier de Bouguinville, avec les divers combats de la freg. le Machault. Échelle de 180 toises
© Bibliothèque et Archives Canada

Enfin, dans le secteur de pointe à la Batterie, les travaux de prospection ont mené à la découverte d'une nouvelle épave, à l'endroit où cinq autres navires acadiens ou français dont on ignore les noms avaient été coulés en 1760 pour faire obstacle à l'avancée des navires anglais (lettre E sur la carte ancienne ci-jointe). Malgré l'absence totale de visibilité dans l'eau à cet endroit, les archéologues ont pu toucher les restes bien tangibles d'une petite embarcation en bois. Les relevés au sonar haute-résolution (Fig.3) permettent d'observer deux rangées de membrures distantes de six mètres et qui émergent des sédiments protecteurs sur plus de 11 mètres de longueur. L'identité de l'épave n'est pas confirmée, mais plusieurs indices portent à croire qu'il s'agit de l'un des navires coulés en 1760, notamment la localisation du site, ainsi que la nature et la taille des vestiges.

Relevé au sonar haute-résolution de l'épave de pointe à la Batterie
Figure 3 Relevé au sonar haute-résolution de l'épave de pointe à la Batterie
© Parcs Canada / R. Harris et C. Dagneau

À ce stade, le SAS, le Lieu historique national de la Bataille-de-la-Ristigouche et le Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec s'entendent pour ne pas effectuer de fouilles archéologiques et ne pas prélever d'objet sur l'épave de pointe à la Batterie. La préservation in situ (sur place) est privilégiée.

Le SAS procédera à une analyse des données recueillies sur l'épave de pointe à la Batterie en juin 2010. Il déterminera s'il convient de poursuivre les travaux de documentation de l'épave en concertation avec les divers intervenants.

Notons que ces sites archéologiques subaquatiques sont protégés par la Loi sur les biens culturels du Québec .