Juillet : Un patrimoine intemporel à Parcs Canada

En cette année de célébrations nous profitons de cette oportunité pour jeter un coup d’oeil à nos accomplissements et en particulier aux efforts qui ont permis de mieux comprendre le passé dans nos aires patrimoniales au cours des 100 dernières années.

Les quelques pages qui suivent offrent un aperçu des découvertes faites dans quelques-uns des milliers de sites archéologiques à travers notre réseau.

Divers parcs nationaux d’où proviennent l’échantillon des objets archéologiques

Cartes des Parcs nationaux du Canada Carte des Parcs nationaux du Canada
© Parcs Canada / NRCan


Parc national du Canada de Banff – lotissement urbain de Banff

Le lotissement urbain de Banff, situé dans le parc national du Canada Banff, a été créé en 1884, au moment où l’on procédait à la construction du Chemin de fer du Canadien Pacifique dans la ville. La première gare était située à l’emplacement de la voie d’évitement 29, à la limite nord-est de la ville actuelle. De là, les visiteurs se rendaient, à bord de la voiture Tally‑Ho, au Banff Springs Hotel ou à un des hôtels rapidement érigés dans la région, comme celui du Dr Brett au sanatorium de Banff, ou encore le Hydropathic Hotsprings Hotel. Même si la ville de Banff était située loin de toutes les villes majeures, elle était reliée aux marchés industriels du monde victorien grâce à la ligne de chemin de fer, et ce, dès ses débuts.

Banff, rue principale, env 1880 Banff, rue principale, 1880, Courtesy of the Whyte Museum of the Canadian Rockies NA66 -1796
© Parcs Canada / Whyte Museum of Canadian Rockies, NA66 - 1796
Photo de l'Avenue Banff, vue en direction  nord  vers la montagne Cascade Mountain, 1894 Avenue Banff, vue en direction nord vers la montagne Cascade Mountain, 1894
© Parcs Canada / Whyte Museum of the Canadian Rockies, V484/NA 80 - 40


Bouteille de soda Torpedo Bouteille de soda Torpedo
© Parcs Canada

Dernièrement, lors de l’exécution des travaux de remplacement de la conduite d’eau, un grand nombre de sites historiques datant de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle ont été mis au jour. À l’époque, ce secteur, qui est aujourd’hui la rue Cougar, était une zone marécageuse basse située au nord de la ville et qui servait essentiellement de site d’enfouissement.

Des bouteilles, des céramiques fines, des ossements d’animaux abattus et des fragments de briquettes de charbon ont été mis au jour lors du creusage des tranchées utilisées pour le raccord aux services publics. Les archéologues de Parcs Canada de la division de Calgary du Centre de services de l’Ouest et du Nord ont assuré la supervision des travaux.

Les artéfacts découverts sur ce site comprennent des objets de céramique fine de Grande-Bretagne et de France, des flacons de médicaments brevetés, des contenants de nourriture de Montréal et de l’Est des États-Unis, des récipients d’articles de toilette de Paris et des bols en porcelaine. Plusieurs bouteilles de soda Torpedo ont également été trouvées sur place; celle que vous voyez ici a été soufflée dans un moule à deux pièces et le goulot a été formé après le soufflage.



Parc national du Canada de Banff – site Christensen

Vue de la rivière Bow et du chemin de fer près du site Christensen Vue de la rivière Bow et du chemin de fer près du site Christensen.
© Parcs Canada

Le site Christensen, baptisé en l’honneur de l’archéologue qui l’a répertorié pour la première fois en 1969, est une aire protégée classée Zone 1 située dans le parc national du Canada Banff. Il s’agit d’une des nombreuses zones qui ont fréquemment servi d’aire de campement au cours des 10 000 dernières années. Ces sites sont situés dans les chaînons frontaux des Rocheuses, à l’ouest du lotissement urbain de Banff où les montagnes rencontrent la rivière Bow.

Le site, qui était menacé par l’érosion du rivage et par la présence du Chemin de fer Canadien Pacifique traversant la zone, a fait l’objet de fouilles dans le cadre du chantier école du département d’archéologie de l’université de Calgary en 1991. Les artéfacts ont été remis à Parcs Canada en 2009, et le personnel de la division de Calgary du Centre de services de l’Ouest et du Nord procède actuellement à l’intégration de cette collection à d’autres collections du parc national Banff.

Les outils en pierre exposés ici illustrent la vaste gamme de types de matériaux et d’artéfacts caractéristiques de ces camps. Ils reflètent les influences régionales, des plaines jusqu’à l’Est, et des plateaux intermontagneux jusqu’à l’Ouest.

pointe de lance en quartzite Pointe de lance en quartzite
© Parcs Canada

La pointe de lance en quartzite appartient au type d’artéfacts que les archéologues associent au « Complexe de la grotte de la momie » (5 400 et 7 800 ans d’âge radiocarbone). Cette pièce témoigne du style le plus ancien de la pointe à encoche latérale du sud de l’Alberta et a probablement été utilisée avec un atlatl, ou encore un propulseur lance-javelines.

pointe de projectile d’Oxbow Pointe de projectile d’Oxbow
© Parcs Canada

La plus petite pointe, appelée « pointe de projectile d’Oxbow » (3 000 et 5 600 ans d’âge radiocarbone) est beaucoup moins courante à Banff, et est plus souvent associée aux plaines du nord-ouest. Elle semble avoir été aiguisée une deuxième fois, et devait à l’origine être beaucoup plus longue.



Grattoir noir Grattoir noir
© Parcs Canada

Le grattoir noir a été fabriqué avec un type de siltstone silicifié provenant de la région, un matériau qu’on observe couramment dans les assemblages de Banff.

Long outil uniface en calcédoine Long outil uniface en calcédoine
© Parcs Canada

Le long outil uniface en calcédoine, taillé dans un seul morceau, est une pièce unique. Il semblerait qu’il s’agisse du couteau multifonctionnel (le couteau suisse ou Leatherman de son époque), muni à la fois d’un foret et de plusieurs types de grattoirs taillants.



Parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne

Archéologue de Parcs Canada présentant le programme d’archéologie aux participants du camp Kitchikewana. Archéologue de Parcs Canada présentant le programme d’archéologie aux participants du camp Kitchikewana.
© Parcs Canada

Depuis 1999, les archéologues du Centre de services de l’Ontario travaillent en étroite collaboration avec les membres des Premières nations de la région au parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne, par l’intermédiaire du comité consultatif sur les questions culturelles du parc, pour protéger les précieuses ressources archéologiques des îles de la baie Georgienne. Cette collaboration a débouché sur la création du programme éducatif pour les jeunes Autochtones au camp Kitchikewana, qui connaît depuis un véritable succès. Le YMCA a également mis sur pied un programme d’archéologie qu’il a intégré à son programme éducatif en plein air offert au printemps. Trois jours par semaine, les archéologues organisent au moins une visite du site dans le but d’initier les élèves de 4e, 5e et 6e année aux travaux archéologiques et de leur faire découvrir l’importance de l’histoire des Premières nations associée à ce lieu. Ces quatre objets sont des reproductions d’artéfacts de la période pré-contact trouvés pendant les fouilles.



Pointe de projectile Pointe de projectile
© Parcs Canada

Cette pointe de projectile a été fabriquée avec du chert onondaga, un type de pierre qu’on trouve surtout dans la région de Niagara. Les caractéristiques morphologiques de la pointe –de larges entailles latérales et une base concave–, correspondent aux pointes trouvées dans la région du ruisseau Otter (5 000 à 5 500 ans d’âge radiocarbone).

Couteau en forme de croissant Couteau en forme de croissant
© Parcs Canada

Cette reproduction d’un couteau en forme de croissant a été fabriquée d’après un original taillé dans un type de quartzite qui provient probablement du Bouclier canadien et qui est associé à la période d’occupation du Sylvicole moyen du camp Kitchikewana (1 300 et 2 400 ans d’âge radiocarbone). La grosseur exceptionnellement importante et la qualité d’exécution de ce couteau en font un objet extrêmement rare et unique témoignant de l’extravagance des moyens d’expression propres aux pratiques cérémonielles de la culture Hopewell.



Pipe Pipe
© Parcs Canada

La pipe est caractéristique du complexe de Middleport, qui témoigne de la dernière période de l’Iroquoïen moyen en Ontario (600 et 700 ans d’âge radiocarbone). La pipe faisait alors partie d’une longue tradition et son utilisation était très en vogue. Les caractéristiques de cette pipe –forme et motifs décoratifs– tendent à indiquer qu’il s’agissait d’une pratique locale bien établie qui s’est perfectionnée au fil du temps dans le sud de l’Ontario.

Minuscule récipient Minuscule récipient
© Parcs Canada

Ce minuscule récipient a été fabriqué par la superposition de bandes d’argile. Ce genre de récipient miniature avait diverses fonctions pour les Autochtones. Certains croient qu’il s’agit d’objets fabriqués par des enfants, par exemple dans le cadre d’activités d’initiation à la céramique, ou qu’il s’agit de jouets ou d’objets « pédagogiques » associés à la transmission des savoirs.



Quelque part dans l’Arctique

Parc national du Canada Sirmilik Parc national du Canada Sirmilik
© Parcs Canada

Cette petite collection d’artéfacts a été donnée à Parcs Canada en 1963. Bien que nous disposions de peu de renseignements concernant leur provenance, ce qui limite sérieusement la capacité des archéologues à fournir des renseignements contextuels importants sur ces objets, nous les utilisons dans le cadre d’activités d’interprétation et d’expositions.

(Veuillez prendre en note que Parcs Canada a créé le Parcs National du Canada Sirmilik sur l’île de Baffin, d’où des objets similaires à ceux présentés ci-contre ont été mis au jour). Cliquez ici pour plus d’information sur le patrimoine culturel du parc.



Harpoise du Dorsétien en ivoire Harpoise du Dorsétien en ivoire
© Parcs Canada
Harpoise du Dorsétien en os Harpoise du Dorsétien en os
© Parcs Canada


Ces deux harpoises du Dorsétien récent sont minces et perforées d’un trou sur le côté. On s’en servait pour chasser les mammifères marins de petite et de moyenne taille, et sans doute pour attraper le poisson. L’échantillon plus foncé est en ivoire alors que le plus pâle est en os. La technique du harpon existe dans l’Arctique depuis des millénaires. Ces harpons ont été fabriqués par le peuple de culture dorsétienne qui vivant dans l’Arctique de l’an 500 environ jusqu’au XIIIe siècle.

manche en os Manche en os
© Parcs Canada


Ce manche en os qui était sans doute équipé d’une microlame que l’on insérait dans l’encoche en forme de V à son extrémité. La microlame, petit outil bien aiguisé et tranchant ressemblant aux lames de rasoirs d’aujourd’hui, tenait en place grâce à de petites pièces plates de support et des bandeaux. De petites entailles à l’autre extrémité du manche servaient à y attacher un manche plus long. Des artéfacts similaires ont été découverts dans un site du Dorsétien ancien datant de 700 à 500 avant notre ère situé sur l’île de Baffin.



Pic à glace Pic à glace
© Parcs Canada

Manche d’un couteau thuléen Manche d’un couteau thuléen
© Parcs Canada


L’une de ces pièces en ivoire était probablement insérée à l’extrémité d’un pic à glace, et l’autre pièce faisait sans doute partie d’un manche d’un couteau thuléen, qui s’apparente aux vestiges découverts sur l’île de Baffin.

Harpoise en os de type thuléen Harpoise en os de type thuléen
© Parcs Canada


Cette harpoise en os de type thuléen est munie d’une lame de métal ferreux attachée à son extrémité au moyen d’un rivet de cuivre. Elle est aussi munie d’une douille fermée à l’intérieur de laquelle est insérée une préhampe de harpon, et d’un seul éperon asymétrique. Des objets similaires ont également été trouvés dans le centre de l’Arctique. Cet outil était utilisé pour chasser des mammifères marins de petite et de moyenne taille de l’époque de la culture thuléenne (XIIIe siècle) jusqu’à la période historique.



Parc national du Canada des Prairies

Anneau de tipi, Parc national du Canada des Prairies. Anneau de tipi, Parc national du Canada des Prairies.
© Parcs Canada

Avec ses vues à couper le souffle et ses étendues vierges, le parc national du Canada des Prairies contient possiblement le plus important ensemble de ressources culturelles encore intactes de la période antérieure à l’arrivée des Européens dans les plaines septentrionales du Canada. Pendant au moins 10 000 ans, les migrations saisonnières des Premières nations étaient étroitement liées aux déplacements des hardes de bisons. À la fin du XIXe siècle, les bisons sont disparus, laissant place aux installations d’exploitation et d’élevage de bétail qui ont progressivement commencé à dominer le paysage du sud de la Saskatchewan.

Alors que l’emplacement de la plupart des sites les plus récents est marqué par les ruines clairement visibles des bâtiments et du matériel agricole, celui des vestiges datant de la période précédant l’arrivée des Européens se font plus discrets. Plus de 3 000 sites contenant des vestiges de l’occupation des Premières Nations ont été découverts dans le parc. La plupart de ces sites contiennent des cercles de tipis ainsi que des amas de pierres ou des cairns, qui servaient de points de repère, de caches ou d’objets cérémoniels. Des fragments d’artéfacts, principalement des éclats de pierre témoignant de la fabrication d’outils, et des roches fracturées par la chaleur des feux de cuisson, ont aussi été trouvés dans ces sites.

Bon nombre de ces sites, qui se sont superposés au cours de milliers d’années, témoignent d’une occupation importante de la région et contiennent des indices sur les ressources de subsistance qui étaient alors disponibles.



Pointe de projectile associée au peuple Pelican Lake Pointe de projectile associée au peuple Pelican Lake
© Parcs Canada

Cette pointe de projectile associée au peuple Pelican Lake (pointe mieux connue sous le nom de « pointe de lance») a entre 1 900 et 3 300 ans. Ces pointes sont probablement les dernières qui ont été projetées au moyen d’un atlatl ou d’un bâton-projectile, avant que l’arc et la flèche ne soient adoptés.

outil de pierre Outil de pierre
© Parcs Canada

Le tranchant festonné de cet outil de pierre a été obtenu en taillant de petits morceaux dans la pierre pour créer une surface raclante. Des outils de ce genre pouvaient facilement et rapidement être fabriqués au besoin, et souvent, on s’en débarrassait aussitôt la tâche terminée.



Parc national du Canada Terra-Nova

Site archéologique Inuit dans la région du groupe Ramah. La réserve de parc national du Canada des Monts-Torngat Site archéologique Inuit dans la région du groupe Ramah.
© Parcs Canada

Des fouilles archéologiques réalisées sur le site Bank du parc national du Canada Terra-Nova ont permis de mettre au jour des vestiges liés à un événement exceptionnel qui a eu lieu à cet endroit il y a entre 500 et 1000 ans : les ancêtres des Beothuks s’y étaient rassemblés autour d’un grand âtre (foyer) mesurant plus de 7 mètres de longueur sur 2 mètres de largeur, laissant derrière eux 32 pointes de projectiles à l’intérieur et autour de l’âtre. Fait remarquable, cette collection comprend 14 pointes en chert de Ramah, une pierre de l’Amérique du Nord qui s’apparente au silex, qui était le matériau préféré des fabricants d’outils. Le chert de Ramah provient d’une carrière située à plus de 1 000 km au nord du site riverain, dans le parc national du Canada des Monts-Torngat. D’autres pointes de la collection ont été fabriquées avec du chert à grain fin qui semble provenir de la côte ouest de Terre-Neuve et avec de la rhyolite grise trouvée dans la région. Le grand nombre de pointes et la présence de chert « exotique » tendent à indiquer que ces objets ont été déposés autour de l’âtre dans le cadre d’une pratique cérémonielle.

Pointes de projectile Pointes de projectile
© Parcs Canada