Archéologie

Qu'est-ce qu'une ressource archéologique?


Toute trace d'activité humaine passée constitue une ressource archéologique. Ces ressources non renouvelables constituent, bien souvent, la seule preuve tangible du passage ou de l'occupation du lieu par des groupes humains aujourd'hui déplacés ou disparus. Autrement dit, une ressource archéologique ne peut être remplacée advenant sa destruction accidentelle ou délibérée. Une telle ressource peut prendre une forme simple, comme des objets archéologiques, une aire de débitage lithique, un campement, des pétroglyphes, une aire de dépeçage, ou une station de pêche. Elle peut aussi prendre la forme d'assemblages plus complexes ou faire maintenant partie de villages ou de villes encore existants.

Une ressource archéologique, ce peut également être un poste de traite, un établissement agricole, un sentier patrimonial, un poste défensif, un village ou même un site industriel abandonné. Ces indices du passé peuvent être visibles et se trouver en surface du sol, ou être enfouis profondément dans le sol, sans qu'il n'y ait aucun signe de leur présence. Ou ils peuvent être submergés partiellement ou entièrement dans l'eau d'un lac, d’une rivière ou de la mer. Les épaves d'aéronefs ou de navires sont d'ailleurs aussi des ressources culturelles.

The shipwreck John and Alex at low water at Fathom Five National Marine Park of Canada (Ont.) Épave John and Alex à marée basse, au parc marin national du Canada Fathom Five (Ont.)
© Parcs Canada / Wilkes, D. A. / 06.65.09.10(03) / 1999

Les vestiges du remorqueur à vapeur John and Alex représentent une capsule temporelle conservée sous l’eau. Son immersion dans l’eau douce d’un lac procure d’excellentes conditions pour la conservation à long terme des vestiges de bois. La coque construite en 1924 est partiellement préservée suite à l’incendie qui a mis fin à la carrière du navire en 1947. Ce navire représente un type de navire de pêche commerciale utilisé sur les Grands Lacs encore au 20e siècle même si on utilisait une technologie de construction navale mise au point au 19ee siècle. Plusieurs éléments fonctionnels peuvent encore y être identifiés par le biais d’un enregistrement détaillé.


Inuksuk at Igloolik Archeological Site National Historic Site of Canada (Nun.) Lieu historique national du Canada des Sites-Archéologiques-de-l'Île Igloolik (Nun.)
© Parcs Canada / Pearce, T. / H.13.01.04.05(07) / 1993

Symboles de la culture inuite et « poteaux indicateurs » de leurs terres, les inukshuks sont construits depuis des milliers d'années pour baliser les pistes et aider d'autres voyageurs. Partout dans la toundra nordique, ces cairns marquent tantôt un endroit où abonde le gibier ou le poisson, tantôt l'emplacement d'une cache de caribou. Aujourd'hui encore, les Inuits construisent des inukshuk pour indiquer la direction à suivre dans la toundra et ainsi montrer aux autres qu'ils sont sur le bon chemin. Les inukshuk se présentent sous différentes formes et servent à diverses fins : pour avertir d'un danger imminent, pour indiquer un lieu de respect. Aux quatre coins du monde, dans des temps anciens, des ensembles de pierres représentant des figures humaines ont été érigés, mais l'Arctique est l'un des seuls endroits où l’on en trouve encore aujourd'hui. Un inukshuk peut être de dimension imposante ou de petite taille, être constitué d'une seule pierre ou d'un ensemble de pierres empilées en équilibre, se composer de pierres plates ou de blocs rocheux.


Artefacts	de quartz et de silex provenant d'un site occupé avant l'arrivée des Européens au Col Healy, parc national du Canada Banff (Alb.)
Artefacts de quartz et de silex provenant d'un site occupé avant l'arrivée des Européens au Col Healy, parc national du Canada Banff (Alb.)
© Parcs Canada /RAW 4238E / Pickering, S. / 2005

Ces artefacts de quartz et de silex mis au jour lors de fouilles archéologiques dans le parc national Banff sont révélateurs, non seulement d'une occupation humaine passée, mais aussi des outils, des modes de vie et de la culture des populations humaines qui vivaient à cet endroit il y a plus de 8 000 ans. On peut d'ailleurs remarquer des changements culturels dans les outils de chasse, lesquels ont évolué au fil du temps. Ainsi, la lance a fait place à l'atlatl, ou bâton-projectile, puis l'arc et la flèche ont été adoptés.


Pétroglyphes mi'kmaq des 18e et 19e siècles, au parc national du Canada Kejimkujik(N.-É.) Pétroglyphes mi'kmaq des 18e et 19e siècles, au parc national du Canada Kejimkujik(N.-É.)
© Parcs Canada / Hope, P. / 103.31.04.18(04) / 1982

Les pétroglyphes de Kejimkujik évoquent le mode de vie, l'art et les observations des Mi'kmaq aux 18e et 19e siècles. Les pétroglyphes sont l'un des seuls vestiges pouvant témoigner de l'occupation du territoire de la région de Kejimkujik pendant plus de 2000 ans et de la culture des Mi'kmaq.


Tasse et soucoupe en terre cuite fine blanche vitrifiée trouvée au site de la maison de l'éclusier de Jones Falls au LHNC du Canal-Rideau (Ont.). Tasse et soucoupe en terre cuite fine blanche vitrifiée trouvée au site de la maison de l'éclusier de Jones Falls au LHNC du Canal-Rideau (Ont.).
© Parcs Canada / Mortimer, B. / RAO3380T/2001

Les objets façonnés en poterie ou en céramique sont parmi les ressources archéologiques les plus communes, en raison de leur durabilité et de leur résistance à la décomposition. Ils donnent aux chercheurs des indices concernant le statut social des personnes qui s'en servaient, le mode d'alimentation, le type de nourriture et l'esthétisme lié à la culture.