Parc national du Canada des Prairies

Le Chien de Prairie

Chien-rat de Louisiane, écureuil jappeur, petit chien et joueur, autant de noms descriptifs pour désigner le même animal, Cynomys ludovicianus ou chien de prairie. Ce petit animal joueur et sociable est l'un des favoris auprès des visiteurs du parc national du Canada des Prairies.

Cycle biologique

Les chiens de prairie sont gros : ils mesurent jusqu'à 40 cm de long (16 po) et pèsent jusqu'à 0.5 - 1.5 kg (1 - 3 lb). Ils se distinguent facilement du spermophile de Richardson, ou spermophile commun. Leur fourrure est couleur cannelle claire, excepté pour le ventre blanc et le bout de la queue noir.

Les chiens de prairie sont des animaux diurnes, c'est-à-dire qu'ils s'activent durant la journée. Ils passent généralement les deux heures qui suivent le lever du soleil à fouir la terre et à manger, et consacrent le reste de la journée à faire leur toilette, à prendre des bains de poussière, à s'étirer, à rendre visite à leurs voisins et à réparer leurs terriers. Les chiens de prairie se nourrissent essentiellement de végétaux, surtout d'herbe et de racines, bien qu'occasionnellement ils mangent des insectes.

Les chiens de prairie muent deux fois l'an. Leur pelage d'été est léger, pratiquement sans duvet, tandis que celui d'hiver est épais et constitué d'un chaud duvet. L'espèce n'hibernent pas, mais elle passe considérablement plus de temps sous la terre durant l'hiver. Les chiens de prairie ne stockent pas de nourriture en prévision du long hiver. Ils subsistent à même les réserves de graisse accumulées dans leur corps. À l'occasion, lorsqu'il fait beau, ils sortent pour se trouver quelques racines et de l'herbe.

Accroupi, l'air détendu et bien nourri, ce dodu chien de prairie attend une occasion pour sa prochaine photo.
Accroupi, l’air détendu et bien nourri, ce dodu chien de prairie attend une occasion pour sa prochaine photo.
© Parcs Canada / Wayne Lynch, 1981

L'accouplement a lieu sous terre au début du printemps (de mars à la mi-avril). C'est le seul moment de l'année où le chien de prairie devient agressif. Les petits naissent à la fin mai ou au début de juin, tout plissés et roux sombre, sans poil et aveugles. En plus d'être plutôt laids, ils sont très vulnérables. Ils demeurent dans le terrier pendant cinq à six semaines et en sortent au début de juillet. Après qu'ils ont passé deux ou trois semaines au-dessus de la terre, les parents abandonnent leur terrier aux jeunes et s'en aménagent un autre pour eux.

Les chiens de prairie sont des animaux très grégaires, une caractéristique qui les rend très agréables à observer. La colonie de chiens est divisée en une multitude de cellules sociales dont les limites sont définies par des éléments naturels : hautes herbes, terrain rocailleux, ruisseaux ou buissons. Chaque groupe, appelée coterie, comprend un mâle, de trois à quatre femelles et leurs petits de moins d’un an. Les membres d'une coterie disposent de différents moyens pour se reconnaître les uns les autres : les caresses sur le museau (sorte de baiser), leur toilette, leurs jeux et la communication vocale, le registre d'aboiements et de cris du chien de prairie étant en effet très varié.

À mesure qu'une colonie de chiens de prairie croît en taille, il devient nécessaire que certains animaux déménagent et fondent une autre colonie. Lorsque les adultes déménagent, ils peuvent parcourir des distances pouvant atteindre 10 km et même traverser des rivières et des lacs. Généralement, ce sont les membres d'une même coterie qui partent pour former une nouvelle colonie.

En formant une nouvelle colonie, les chiens de prairie ne se sont pas seulement aménagé un territoire pour eux, mais aussi pour une variété d'autres animaux. Avec eux en effet arrivent des chevêches des terriers qui demeurent dans les terriers convoités, des serpents à sonnettes à la recherche d'abri qui n'hésitent pas non plus à manger les petits chiens de prairie pour s'approprier leur terrier, des iguanes à petites cornes et des veuves noires (araignées) qui trouvent aussi nourriture et refuge dans la colonie. Par ailleurs, les chiens de prairie sont aussi la proie de blaireaux, d'aigles, de coyotes et de renards véloces. Les chiens de prairie constituent donc un anneau essentiel dans la chaîne alimentaire complexe des prairies.

Des centaines de monticules de la dimension d'un monticule d'une taupe sont retrouvés dans une seule colonie de chiens de prairie. Leurs silhouettes se reflètent dans les collines à l'arrière-plan.
Des centaines de monticules de la dimension d’un monticule d’une taupe sont retrouvés dans une seule colonie de chiens de prairie. Leurs silhouettes se reflètent dans les collines à l’arrière-plan.
© Parcs Canada / Wayne Lynch, 1981

L'anneau capital

Cependant, étant donné que les chiens de prairie sont considérés comme des rivaux des bovidés pour la nourriture et comme un danger pour le bétail, on les a empoisonnés, piégés, chassés, inondés et même dynamités, pour les faire sortir de leurs terriers. Seulement, leur disparition a aussi entraîné celle des hiboux, des furets, des serpents, des renards et des blaireaux. On avait perturbé une fois de plus l'équilibre fragile de la nature.

À part ses curieuses habitudes et son comportement social, le chien de prairie est un élément clé de l'écosystème des prairies. Le parc national du Canada des Prairies et les alentours sont les seules regions au Canada où l’on retrouve des chiens des prairies dans la nature.

Ce n'est qu'en 1927, qu'on a découvert les premières colonies de chiens de prairie au Canada. On a trouvé la première colonie à six milles au nord de Val Marie. Actuellement, on dénombre quelque 25 colonies dans le parc et les alentours qui sont réparties dans des zones ayant une superficie allant de 0,55 ha à 171,56 ha. . Au total, les colonies ne groupent pas moins de 17 000-23 000 animaux. Ce nombre impressionnant de chiens de prairie pourrait à la longue permettre la réintroduction de quelques familles de putois d'Amérique.

Le chien de prairie est l'une de ces espèces capitales qui servent de lien entre toute un éventail d'autres espèces. Son existence même sert à démontrer la complexité des systèmes naturels et les interelations qui existent entre les éléments. L'histoire du chien de prairie vaut aussi une leçon de gérance : en effet, nous voyons que le fait de toucher à la vie de n'importe laquelle des créatures de la nature a des répercussions sur de nombreuses autres.

De la santé et de la prolifération du chien de prairie dépend la survie du coyote, du renard et du blaireau, ce qui fournit le potentiel pour la prolifération du renard véloce, de la buse rouilleuse et de la chevêche des terriers. Le chien de prairie, c'est également la chance de survie de l'iguane à petites cornes, du serpent à sonnettes des prairies et du putois d'Amérique. Finalement, il en va de la paix de l'esprit pour nous tous, gérants de la terre, car c'est la condition pour pouvoir continuer à observer ce fascinant et aimable petit chien.

Le chien de prairie appartient à la famille des écureuils. Grâce à de grandes cavités orbitaires, il jouit d'un angle de vision évasé, bien utile pour repérer le danger. C'est un rongeur primitif, ses grandes dents conviennent bien à son régime alimentaire compose d'herbes de racines et dèinsectes .