Parc national des Prairies

Info Prairies

Un trésor national dans les prairies du Canada

Le parc national du Canada des Prairies est un terrain ondulé et accidenté avec des ravines escarpées. Le secteur ouest est traversé par la vallée de la rivière Frenchman et le bloc est caractérisé par les badlands de Killdeer et les hautes- terres de Wood Mountain. Le parc national du Canada des Prairies est un endroit où le ciel rencontre la prairie dans la région des plaines du Nord.

Histoire humaine

La présence des Autochtones remonte à quelque 10 000 ans. Dès le XVII e siècle, les Gros Ventres suivirent les troupeaux de bisons dans la région. Plus récemment, les Assiniboines, les Cris, les Sioux et les Pieds-Noirs y habitèrent de façon saisonnière. Sur les collines, on trouve aujourd'hui des vestiges de leur passage, soit des campements, des anneaux de tipi, des sites où l'on pratiquait la quête de la vision, des groupes de pierres disposées en cercle ainsi que des couloirs de chasse au bison.

Dès les années 1880, les colons d'origine européenne s'installaient sur des terres situées de plus en plus à l'ouest : les troupeaux de bisons étaient en déclin, tout comme d'autres espèces indigènes. Les troupeaux de bovins remplaçaient les bisons sur la prairie. D'immenses ranchs, tels que le 76 Ranch, gardaient en location des milliers d'acres de pâturages. Les hommes qui y travaillaient étaient de vrais cowboys de l'Ouest, dont le style de vie a été romancé au grand écran.

Dès 1908, la politique nationale du premier ministre MacDonald et la Homestead Act eurent une incidence notable dans la région. Cette loi prévoyait la cession de terres de la Couronne à d'éventuels agriculteurs.

Ces derniers relevèrent le défi et érigèrent des clôtures, ce qui, à certains égards, changea le monde de l'élevage à tout jamais. Aujourd'hui, on pratique à la fois l'agriculture et l'élevage dans la région, ce qui crée une activité économique unique caractérisée par l'accueil chaleureux propre aux habitants du Sud-Ouest.

Création du parc

Il y a maintenant plus de 50 ans que divers groupes et particuliers déploient des efforts pour protéger la région et ses espèces indigènes. Au cours des années 50 et 60, les écologistes firent campagne pour que l'on protège une vaste étendue de prairies naturelles. En octobre 1963, des membres de la Saskatchewan Natural Historic Society adoptèrent une résolution pour inciter le gouvernement fédéral à créer un parc national dans le Sud-Ouest de la Saskatchewan. En 1965, on mena une étude dans le Sud de la Saskatchewan et de l'Alberta qui permit de conclure que la région de la rivière Frenchman et des Killdeer Badlands était la plus propice.

En 1975, un exposé d'intention exposant certaines des modalités applicables à la création du parc national du Canada des Prairies du Canada fut signé par les deux ordres de gouvernement. Conformément à ce document, un comité d'audiences publiques indépendant fut mis sur pied en 1976 pour déterminer dans quelle mesure on était en faveur de la création du parc national du Canada des Prairies. Dans son rapport, le comité souligna que le projet avait l'appui de la population et qu'on devrait aller de l'avant.

Le 19 juin 1981, le Canada et la Saskatchewan signèrent une entente autorisant la création du parc. Par la suite, Parcs Canada acheta deux ranchs totalisant 140 km2 dans la région de la rivière Frenchman. L'acquisition de terres supplémentaires cessa lorsque les conditions établies dans l'entente concernant l'exploration pétrolière et gazière, et la gestion de ressources en eau, menèrent à une impasse. Des négociations eurent lieu pendant cinq ans.

En 1988, avec l'aide d'une coalition d'organismes de conservation non gouvernementaux, une entente fut conclue entre le gouvernement du Canada et la province de la Saskatchewan en vue de modifier l'accord de 1981 et de procéder à l'établissement du parc national des Prairies. Les limites du parc proposé englobaient environ 900 km2, répartis en deux secteurs. À l'heure actuelle, Parcs Canada est propriétaire d'environ 80% des terres. L'entente autorise Parcs Canada à acquérir les terres par le biais d'une vente à l'amiable. La province de la Saskatchewan s'occupe de la gestion des richesses minérales de la Couronne et Parcs Canada, de la gestion des cours d'eau. La province de la Saskatchewan doit se conformer à toutes les ententes concernant l'utilisation de l'eau et respecter ses engagements à l'échelle internationale. La province de la Saskatchewan doit attendre 30 ans avant de mettre fin à ses obligations en vertu de l'entente de 1988. Le parc national du Canada des Prairies a été officiellement proclamé parc national en vertu de la nouvelle Loi sur les parcs nationaux le 19 février 2001.

La Saskatchewan Natural History Society (maintenant appelée Nature Saskatchewan) a joué un rôle important dans la promotion du parc et l'adoption de mesures proactives de conservation. La Société canadienne pour la conservation de la nature a également participé à la création du parc. En 1991, la société Amoco Canada a vendu ses droits miniers à Parcs Canada.

Classification du parc

Le parc national du Canada des Prairies a été créé pour préserver et mettre en valeur une aire représentative de l'écosystème de prairie mixte du Canada.

Relief

Dans le parc, le relief est caractérisé par la présence de hautes-terres vallonnées et de la vallée riveraine. Au cours du dernier retrait glaciaire, il y a plus de 10 000 ans, la glace fondit et se déplaça en deux parties vers la région connue sous le nom de la vallée de la rivière Frenchman. La partie nord était plus élevée que la partie sud, et les eaux de fonte coulèrent donc vers le sud. L'eau provenant de la partie nord fut arrêtée par le Lobe sud. À l'endroit où l'eau entrait en contact avec le glacier et coulait le long de sa marge, il se forma un cours d'eau qui creusa l'actuelle vallée de la rivière Frenchman. Les eaux de ruissellement, qui étaient considérables, modifièrent le paysage, créant des coulées, des buttes et des ruisseaux. La rivière Frenchman s'écoule vers le sud et fait partie du bassin hydrographique de la rivière Missouri.

Flore

Les plantes qui poussent dans les coulées, sur les buttes et le long des ruisseaux témoignent de la quantité d'humidité et du type de sol qu'on y trouve. Les étendues d'herbes naturelles qui caractérisent le Sud-Ouest de la Saskatchewan sont connues sous le nom de prairie mixte. Dans le parc, ce sont les herbes qui constituent la forme végétale dominante. Parmi les espèces communes, on compte les graminées, telles que l'agropyre et le bouteloue gracieux. Les herbes ne sont qu'un des éléments formant la couverture végétale de la prairie. Des arbres et des arbustes, tels que le peuplier faux-tremble, le frêne vert, le saule de Wolf et la shépherdie argentée, prennent racine dans le fond des vallées et dans les coulées où il y a plus d'humidité. Dans les endroits plus secs, on trouve principalement de la sauge, de la bigelovie puante, du Sarcobatus vermiculatus, des mousses, des lichens et des cactus. Il y a une succession de couleurs et d'arômes au moment de l'éclosion des fleurs sauvages. Les prairies abritent un grand nombre d'espèces, tels que l'anémone, l'ail des Prairies, la potentille ansérine, la rose, la vesce à feuilles étroites, l'oxytropis de Lambert, les violettes, les asters, les vergettes, le chénopode et la renoncule rampante.

Faune

On trouve encore une gamme relativement complète d'espèces animales dans la région, bien que certaines espèces aient disparu. Parmi les espèces localement éteintes, que ce soit de manière intentionnelle ou fortuite, on compte le putois d'Amérique, la grande poule-des-prairies, le bison, le grizzli des plaines, le loup gris et le carcajou. Parmi les espèces en voie de disparition dans la region, mentionnons le renard véloce, la chevêche des terriers, le pluvier montagnard, le tetras des armoises, et le moqueur des armoises, tandis que sur la liste des espèces menaces, on trouve la pie-grièche migratrice, ainsi que le faucon pèlerin. Parmi les espèces jugées préoccupantes dans la region, on compte le chien de prairie, le pic à tête rouge, la buse rouilleuse, le hibou des marais, le courlis à long bec, la couleuvre agile à ventre jaune de l’Est et le grand iguane à petites cornes. Parmi les mammifères fréquentant le parc et ses environs, on compte l'antilope d'Amérique, le cerf mulet, le cerf de Virginie, le castor, le coyote, le renard rouge, la moufette, le porc-épic, le blaireau et le lynx roux. Dans la région, on trouve notamment des aigles royaux, des faucons, des chouettes, des gélinottes, des oiseaux chanteurs, des canards et des oies. Pour plus de détails, consultez la liste des espèces.

Vie aquatique

Les sources d'eau dans le parc sont limitées. Les eaux de surface proviennent principalement des eaux de ruissellement du printemps et leur volume varie d'une saison à l'autre. De nombreux ruisseaux coulent au printemps et au début de l'été, mais s'assèchent pendant l'été chaud et venteux. Les eaux de surface n'ont pas une grande utilité, car une grande partie du substrat consiste de schiste argileux ou d'argiles mous ayant de fortes concentrations de sel ou de boue en suspension. Il n'y a aucune source d'eau potable à l'intérieur du parc.

Le poisson-chat et la carpe sont les deux espèces de poisson les plus communes dans la rivière Frenchman, le ruisseau Rock et quelques affluents qui coulent pendant une partie de l'année. Un certain nombre de tortues peintes habitent le long des étendues d'eau douce et stagnante du parc. On peut également y entendre des grenouilles léopards et des rainettes faux-criquet.