Parc national de la Mauricie

Omble de fontaine
Un omble de fontaine © Parcs Canada

Lacs et ruisseaux

Le territoire a été libéré des glaces il y a environ 10 000 ans. Le départ des glaces a favorisé la formation de plus de 150 lacs de dimensions et de caractères variés. Les petits lacs de tourbières aux eaux acides et noirâtres sont généralement situés en plus haute altitude, et les grands plans d'eau profonds aux eaux claires jonchent le fond des vallées. Cet ensemble est relié par un réseau complexe de ruisseaux ou petites rivières en cascade, qui se déversent ultimement dans les rivières Matawin et Saint-Maurice.

Peu après le départ des glaciers, la plupart des plans d'eau ont été isolés des grandes rivières suite au soulèvement de la croûte terrestre créant ainsi des seuils infranchissables par le poisson. Ce phénomène explique pourquoi, à l'origine, l'omble de fontaine (communément appelée truite mouchetée) était la seule espèce présente dans la majorité des lacs et cours d'eau. L'invasion de la mer de Champlain à cette même époque, a aussi permis à l'omble chevalier, l'épinoche à neuf épines et le chabot à tête plate de coloniser les lacs de basses altitudes qui forment le réseau des lacs à la Pêche, Isaïe, Français et Bérubé.

Aujourd'hui, on retrouve 20 nouvelles espèces de poissons introduites volontairement ou involontairement par l'homme et réparties au hasard des événements historiques. De façon générale, les plans d'eau les plus accessibles sont ceux qui ont accueilli le plus grand nombre de nouvelles espèces (18 espèces au lac à la Pêche, 9 au lac Wapizagonke et 8 au lac Édouard). Les conséquences de ces introductions sur les espèces indigènes, et plus particulièrement sur l'omble de fontaine, ont été dramatiques. Sans la présence des clubs Laurentian et Shawinigan, la situation aurait probablement été pire.

Parmi les joyaux que recèle le parc, mentionnons les quatre grands lacs du secteur du lac du Caribou qui contiennent uniquement l'omble de fontaine. Pour sa part, le lac Français soutient la seule population d'omble chevalier du territoire.

Les eaux du parc sont principalement à caractère acide ou neutre. Elles soutiennent une faible productivité biologique représentative des lacs jeunes aussi appelés oligotrophes. L'acidité naturelle a été fortement accentuée par les pluies acides. Ce phénomène a été particulièrement important, et a probablement eu plus d'effets sur les petits lacs de tête que sur les grands plans d'eau. On reconnaît la présence de l'exploitation forestière sur le territoire du parc dès 1849. Durant 120 ans, la coupe du bois et la drave ont touché tous les bassins versants et la majorité des plans d'eau du parc. Les traces de cette époque sont bien présentes partout sur le territoire: anciens barrages, traverses de chemins, accumulations de billots de bois au fond des lacs, amas de sédiments dus à l'érosion, nivelage des ruisseaux permettant le passage du bois, présence de murets de pierres permettant d'orienter le courant de l'eau.

L'homme a profondément modifié l'environnement aquatique du parc. La disparition récente d'au moins 38 populations d'ombles de fontaine due à des causes variées en est une preuve. C'est en gardant en mémoire cette particularité de l'histoire que l'on tente aujourd'hui de comprendre l'état des ressources et de développer les stratégies de conservation requises pour la protection et le maintien des caractéristiques naturelles du territoire.