Parc national de la Mauricie

Les parois rocheuses du lac Anticagamac.
Les parois rocheuses du lac Anticagamac.  © Parcs Canada

Géologie et géomorphologie

Occupant la marge sud du Bouclier canadien, le parc national de la Mauricie constitue le lien entre cet ensemble et les basses terres du Saint-Laurent. Le parc fait figure d'un plateau, légèrement incliné d'ouest en est, découpé par des collines et des vallées qui confèrent au paysage un relief accidenté localement. L'altitude croît généralement d'est en ouest, passant de 150 m à un peu plus de 500 m.

Bien que discrète et ensevelie sous d'épais dépôts de surface et un couvert végétal dense, l'assise rocheuse n'en est pas moins digne d'intérêt. En effet, le parc fait partie de la province de Grenville, la plus récente des sept provinces géologiques qui forment l'ensemble du Bouclier canadien d'âge précambrien.

Le sol rocheux est presque exclusivement constitué de roches métamorphiques, formées en profondeur à l'intérieur de la terre, sous l'action de hautes températures et de fortes pressions, puis ramenées en surface, il y a 955 millions d'années, à la faveur du soulèvement de la croûte terrestre qui a donné naissance aux Laurentides. Celles-ci formaient alors une chaîne de montagnes qui pourrait avoir atteint la hauteur des Himalayas actuelles. Au cours des centaines de millions d'années qui ont suivi, ces montagnes ont été érodées jusqu'à leur racine.

Puis, durant le dernier million d'années, le paysage a été façonné par le passage de plusieurs glaciers continentaux qui ont recouvert l'Amérique du Nord jusqu'à la latitude de New York. Les glaciers, épais de un à deux kilomètres, ont aplani le relief, creusé davantage les vallées, déposé des débris de roches broyées, modifié de façon évidente le réseau de drainage et créé une multitude de lacs. La dernière glaciation a atteint son apogée il y a 25 000 ans pour se terminer, sur le territoire du parc, il y a environ 12 000 ans.

Après le retrait du glacier, l'invasion de la mer de Champlain (l'océan Atlantique) a atteint les parties les plus basses du parc. Cette invasion, qui a duré un peu plus de 2 000 ans, a occasionné la formation de terrasses marines argileuses, observables en bordure de la rivière Saint-Maurice.