Parc national du Canada de la Mauricie

Sous le voile des lacs

Lac Wapizagonke
Lac Wapizagonke
© Parcs Canada / Jacques Pleau

Pays de lacs et de forêts, le parc national de la Mauricie comprend un peu plus de 150 plans d'eau de tailles variées et autant d'étangs, qui couvrent environ 7 % de sa superficie.

Avant la création du parc, les écosystèmes aquatiques ont subi des modifications importantes à la suite de l'exploitation forestière, de la drave et de l'introduction de nombreuses espèces de poissons. Le territoire du parc n'est donc plus intact, mais il conserve toute son essence et son cachet naturel.

L'état actuel du parc national de la Mauricie

Un milieu transformé par l'activité humaine

Berge du Lac Français
Berge du Lac Français
© Parcs Canada / Denis Masse

Pendant 130 ans, la drave, l'exploitation forestière, la construction de barrages, la canalisation de cours d'eau, l'accumulation de bois au fond de l'eau et l'érosion des berges ont entraîné des modifications importantes des habitats d'origine du parc national de la Mauricie.

L'introduction, volontaire ou non, de 19 nouvelles espèces de poissons a également eu des impacts considérables sur les communautés aquatiques.

Plus récemment, la pollution atmosphérique a contribué à l'acidification des eaux et à leur contamination par des toxiques tels que le mercure.

Profitant du changement du couvert forestier et de la fin des activités de trappe, les castors ont remodelé le paysage aquatique depuis la création du parc. L'élévation des niveaux d'eau causée par leurs barrages semble avoir eu des impacts significatifs sur les plans d'eau et serait notamment responsable de la disparition de plusieurs populations de truites.

Lac Édouard
Lac Édouard
© Parcs Canada

Aujourd'hui, on s'interroge sur les effets néfastes de l'utilisation humaine: l'impact de milliers de baigneurs sur la qualité de l'eau et l'état des milieux riverains de même que les conséquences de la prise annuelle de 5 000 kg de poissons par les pêcheurs sportifs. L'effet des changements climatiques est également un important facteur à considérer.

La truite mouchetée, témoin de l'état des lacs

L'omble de fontaine, une espèce indigène au parc national de la Mauricie
L'omble de fontaine, une espèce indigène au parc national de la Mauricie
© Parcs Canada / Jacques Pleau

L'exemple le plus révélateur de l'état des lacs au parc national de la Mauricie est celui de la truite mouchetée. À cause de sa sensibilité aux changements environnementaux, cette espèce représente le meilleur indicateur des changements occasionnés par les activités humaines sur les milieux aquatiques.

Ainsi, depuis le début du siècle dernier, on a documenté la disparition de 38 populations de truites mouchetées, mais le bilan est probablement beaucoup plus lourd. Aujourd'hui, on estime la perte de productivité (abondance et taille) de cette espèce à environ 50 % du potentiel original de l'ensemble du territoire.

Préparer l'avenir

La protection du territoire du parc s'appuie sur le principe du maintien de l'intégrité écologique. Pour appliquer ce principe, il faut une large connaissance des écosystèmes et de leur fonctionnement.

Projets réalisés

À cet égard, des études significatives ont été réalisées au cours des dernières années sur:

  • le développement d'une base de données sur la qualité et la productivité des eaux
  • la diversité génétique de l'omble de fontaine (truite mouchetée)
  • la colonisation postglaciaire des espèces de poissons
  • l'importance des petits cours d'eau pour la truite
  • les effets de la pêche sur les populations de truites
  • l'utilisation des parasites de la truite à titre d'indicateurs de l'état de l'environnement

Projets en cours

Un ingénieux rongeur, le castor
Un ingénieux rongeur, le castor
© Parcs Canada / Philippe Henry

D'autres projets sont en voie de réalisation. Parmi eux, un projet s'applique à démontrer l'influence du développement de la population de castors sur les écosystèmes lacustres, plus spécifiquement sur l'omble de fontaine.

Projets à venir

Dans l'avenir, les préoccupations seront les suivantes:

Assurer la santé du parc

Le plongeon huard, emblème du parc national de la Mauricie
Le plongeon huard, emblème du parc national de la Mauricie
© Parcs Canada / Yves Landry
  • suivi de l'état de santé et de l'évolution des écosystèmes
  • restauration des habitats dégradés par les activités humaines (élimination de barrages et retrait d'empilements de bois). Le programme Du billot au canot, par exemple, vise la restauration des milieux aquatiques du parc
  • protection des espèces rares ou menacées (tortue des bois, grenouille des marais, plongeon huart, plantes aquatiques)
  • maintien de la diversité génétique de l'omble de fontaine (truite mouchetée, 11 souches distinctes)

Minimiser l'impact des activités humaines

La pêche sportive
La pêche sportive
© Parcs Canada / Jacques Pleau
  • développement d'ententes visant une gestion adaptée des bassins versants qui s'étendent à l'extérieur du parc
  • amélioration des pratiques d'aménagement
  • évaluation de la capacité du milieu à soutenir l'utilisation humaine selon le principe « utiliser sans abuser »
  • réévaluation de la pratique de la pêche sportive en considérant l'état des populations de poissons et la diminution importante du nombre de jours où la pêche est permise (70 %) depuis 20 ans
  • amélioration de la diffusion d'information sur les ressources aquatiques du parc

La truite mouchetée: une histoire de 10 000 ans

Des glaciers aux lacs

À la suite du retrait des glaciers, il y a 10 000 ans, le parc national de la Mauricie a évolué librement, entraînant la diversité d'habitats et la richesse faunique que l'on connaît aujourd'hui. Ses eaux naturellement acides ou neutres ont favorisé le développement des populations de truites mouchetées qui caractérisent toujours le territoire.

5 000 ans de présence humaine

Plus de 130 ans d'exploitation forestière sur le territoire du parc
Plus de 130 ans d'exploitation forestière sur le territoire du parc
© Archives publiques du Canada

Sur le territoire du parc, l'histoire humaine a toujours été associée aux lacs et aux rivières. Les autochtones les ont sillonnés durant au moins 5 000 ans, mais ce n'est que vers 1840 que l'on recense les premières traces d'occupation et d'exploitation significatives des ressources.

Dès le début des années 1880, l'abondance et la qualité des populations de truites mouchetées furent à l'origine de l'implantation de prestigieux clubs de chasse et pêche. Aujourd'hui, une grande partie des visiteurs du parc s'activent sur les plans d'eau ou en périphérie de ceux-ci.

La mission de Parcs Canada

L'orignal
L'orignal
© Parcs Canada / Mark Mills

Les parcs nationaux du Canada ont pour mandat de protéger des échantillons représentatifs des régions naturelles du pays. Dans sa gestion, Parcs Canada doit accorder la priorité à la protection et au maintien de l'intégrité écologique afin de préserver des milieux essentiellement inaltérés par les activités humaines.

Ces lieux privilégiés sont des témoins naturels à partir desquels il est possible de comprendre l'influence des activités humaines sur les paysages. Ils sont aussi des espaces voués au ressourcement en pleine nature pour le bénéfice des générations présentes et futures.

Un milieu à protéger

Votre appui est important!

Derrière la beauté des paysages, le calme des nuits d'été ou le chant langoureux des huarts se cache une réalité complexe. Les milieux aquatiques et les espèces qui y vivent sont fragiles et soumis à des pressions souvent imperceptibles.

Une randonnée au cœur de l'intimité des lacs
Une randonnée au cœur de l'intimité des lacs
© Parcs Canada / Jacques Pleau

Bien sûr, nous ne pouvons refaire le passé, mais nous pouvons au moins éliminer certaines des contraintes que ces milieux subissent. Notre but ultime est de les laisser évoluer librement et de vous permettre de mieux les connatre et les apprécier.

En tant que gardiens d'un territoire où l'eau douce abonde, nous vous invitons à prendre conscience de la richesse exceptionnelle qu'elle représente au parc national de la Mauricie.

Participez au programme d'interprétation, découvrez la vie d'un lac, contemplez la beauté d'un ruisseau et impliquez-vous dans la conservation de l'eau!

Une grenouille verte
Une grenouille verte
© Parcs Canada / Jacques Pleau

Nous vous invitons à bien profiter de ce joyau du patrimoine qui s'offre à vous.

Bon séjour au parc national de la Mauricie!

Envie d'en savoir plus? :

  • ENVIRONNEMENT CANADA, PARCS CANADA, 1981. Parc national de la Mauricie - Synthèse et analyse des ressources naturelles. Non publié. Service de la conservation des ressources naturelles, région du Québec, 2 volumes.
  • PLANTE, MICHEL, 1996. Plan de conservation des écosystèmes aquatiques, Parc national de la Mauricie. Parcs Canada, Service de la conservation des ressources naturelles, district de la Mauricie.
  • ANGER, B., BERNATCHEZ, L. ET P. MAGNAN, 1997. Diversité génétique des populations d'omble de fontaine (Salvelinus fontinalis MITCHILL) du parc national de la Mauricie et stratégies de conservation, rapport final. Parcs Canada, Service de la conservation des ressources naturelles, région du Québec, 153 pages.
  • PLANTE, MICHEL, 1996. Les communautés de poissons du parc national de la Mauricie, de l'origine à aujourd'hui. Non publié. Parcs Canada, Service de conservation des ressources naturelles, district de la Mauricie, 94 pages.

Ces ouvrages peuvent être consultés à la bibliothèque de Parcs Canada à Québec. Il est également possible de les emprunter grâce au service de prêt entre bibliothèques en appelant au (418) 649-8259.