Parc national du Canada de la Mauricie

L'ours noir, un opportuniste suivi de près

Une visite d'une tanière dans la cadre de l'étude sur l'ours noir.  Deux gardes prennent des mesures sur l'ours alors qu'un troisième prend soin d'un ourson.
Une visite d’une tanière dans le cadre de l’étude sur l’ours noir
© Parcs Canada/Jacques Pleau

15 février 1999. Le mercure indique -10 oC. Chaussés de raquettes, récepteur en main, deux gardes avancent dans la neige. Ils s'en vont visiter la tanière de Wapi, une mère ourse de 9 ans.

Entre 1990 et 2005, 254 tanières ont été visitées. Durant l’étude, chaque année, une vingtaine d'ours, munis de colliers émetteurs, ont été repérés régulièrement en avion. Ceci dans le but de préciser l'importance de leurs déplacements à l'intérieur et à l'extérieur du parc, et les facteurs de mortalité comme la chasse et le piégeage. La visite des tanières permet, quant à elle, de compter le nombre de petits et d'évaluer leur taux de survie après la première année.

Selon les estimations, on retrouve actuellement entre 100 et 125 ours, distribués sur l'ensemble du territoire. 

Ours et visiteurs: une cohabitation possible

L'ours noir a toujours été présent dans la région, que ce soit à l'époque des Amérindiens ou à celle des clubs privés de chasse et pêche. Cette espèce était convoitée pour sa viande et pour sa fourrure. Depuis la création du parc en 1970, l'ours noir est protégé. Néanmoins, l'augmentation du nombre de visiteurs a occasionné quelques problèmes.

Les restes de nourriture et les déchets attirent les ours qui deviennent des animaux opportunistes, lorsque les sources de nourriture naturelle se font rares. Au fil des ans, plusieurs actions ont été posées afin de diminuer les conflits. Mentionnons, entre autres choses, que les terrains de camping et de pique-nique sont maintenant équipés de poubelles et de conteneurs à l'épreuve des ours. Des supports spéciaux pour l'entreposage de la nourriture ont également été aménagés sur tous les sites de camping en arrière-pays. En parallèle, des campagnes de sensibilisation et d'éducation du public sont menées chaque année. Ces mesures de gestion se sont avérées efficaces, puisque le nombre d'incidents a considérablement diminué.

Au-delà des limites du parc

Les résultats ont démontré que les déplacements des ours sont liés à la disponibilité saisonnière des sources de nourriture. Au printemps, les ours se déplacent peu et se nourrissent de jeunes plantes. En été, la majorité d'entre eux sortent du parc pour manger des petits fruits (framboises et bleuets) dans les coupes forestières. C'est que le vieillissement des forêts du parc, depuis 30 ans, a réduit la quantité de petits fruits disponibles. En automne, les ours fréquentent les érablières situées dans le parc ou en bordure pour se gaver de faînes de hêtres. À l'occasion, lorsque les fanes se font rares, ils parcourent de très grandes distances et rejoignent les champs de maïs situés plus au sud. Ces déplacements les rendent vulnérables à la chasse et au piégeage. Certaines bêtes sont aussi éliminées parce qu'elles causent des problèmes.

Les brûlages dirigés visent à restaurer l'équilibre de la mosaïque forestière, donc la production de petits fruits. On incite ainsi un certain nombre d'ours à rester à l'intérieur du parc. Cependant, comme les déplacements des ours dépassent largement les limites du parc, une concertation avec les propriétaires des terres avoisinantes sera nécessaire pour vraiment assurer la protection de cette population.