Parc national du Canada de la Mauricie
Le brûlage dirigé au secours du pin blanc
Programme de brûlage dirigé pour restaurer le pin blanc © Parcs Canada/Jacques Pleau
Saviez-vous que le feu joue un rôle important dans le renouvellement naturel des forêts? Depuis la fin des années 1980, le Service de la conservation du parc s'intéresse de près au brûlage dirigé comme outil de gestion de la végétation. Une stratégie de gestion active du feu a pu être mise en place grâce à un programme de formation de haut niveau, ainsi qu'à des échanges et à des ateliers de travail réunissant des spécialistes du Québec, de l'Ontario, d'ailleurs au Canada et des États-Unis. Le premier brûlage dirigé a été effectué en 1991 dans une vieille plantation d'épinettes. Toutefois, depuis 1994, les efforts se concentrent principalement sur la restauration du pin blanc. Des recherches ont démontré que l'écologie de cette espèce est intimement liée au feu. C'est pourquoi on a choisi le brûlage dirigé comme outil de gestion de ce conifère.
Mais attention, il ne s'agit pas de tout brûler! Un feu de surface peu intense éliminera une mince couche de litière au sol et, surtout, diminuera la compétition par les jeunes sapins et autres arbustes, créant ainsi des conditions favorables à la germination et à la croissance des jeunes pins. Les pins adultes, quant à eux, survivront au feu grâce à leur taille, à l'épaisseur de leur écorce et à la distance qui séparent les premières branches du sol. Évidemment, chaque brûlage est effectué dans des conditions météorologiques spécifiques, assurant ainsi le succès de l'opération et la sécurité du public.
Le déclin d'un géant
Autrefois, le pin blanc poussait en grande quantité en Mauricie. Utilisés pour la construction navale et le bois d'oeuvre, ces arbres majestueux ont contribué au développement économique du pays au siècle dernier. Les grandes pinèdes de la région ont été exploitées presque jusqu'à leur disparition. Par la suite, la coupe d'autres essences et l'extinction des feux de forêt ont considérablement modifié la structure et l'évolution des peuplements forestiers, ce qui a aussi nui au pin blanc.
Aujourd'hui, le pin blanc représente moins de 1 % des arbres de la forêt du parc. À l'époque de la coupe, ces survivants étaient probablement trop petits, peu accessibles ou de mauvaise qualité commerciale. Bien que peu nombreux, ils sont éparpillés sur plus du tiers du territoire, une observation intéressante si l'on vise à rétablir l'espèce. D'ailleurs, les nombreuses souches et billes laissées sur place de même que les récits des premiers explorateurs et exploitants témoignent de l'omniprésence et de la taille imposante de ces conifères au XIXe siècle.
Un retour planifié
Le pin blanc constitue une priorité de conservation de la forêt du parc. Depuis 1995, six brûlages dirigés ont été effectués dans des peuplements forestiers présentant une bonne densité de l'espèce. Les recherches se poursuivent et le parc continuera à se servir du feu comme outil de gestion de la forêt. D'autres brûlages sont planifiés, l'objectif étant de redonner à ce géant la place qui lui revient dans les écosystèmes forestiers du parc.