Parc national du Canada de la Mauricie
Le plongeon huard sous haute surveillance
Un plongeon huart sur le nid © Parcs Canada/Jacques Pleau
Chaque été, des dizaines de milliers de visiteurs fréquentent les lacs du parc national de la Mauricie pour y pratiquer le canotage ou la pêche. Ce va-et-vient de même que les effets des pluies acides affectent le plongeon huard.
Depuis 1987, le Service de la conservation suit de près la population de plongeons huards. Cet oiseau est un bon indicateur de la qualité des écosystèmes aquatiques. Ainsi, chaque année, les biologistes réalisent des inventaires dans le but d'y confirmer la présence de huards et de localiser leurs nids. Les données recueillies permettent de suivre la population et son taux de reproduction, d'évaluer les conflits avec les visiteurs et d'identifier des mesures de protection. Les effets des polluants atmosphériques sur les écosystèmes aquatiques sont aussi évalués.
Une population fragile
Les études ont démontré que les jeunes oiseaux, lorsqu'ils sont trop souvent dérangés, peuvent cesser de s'alimenter, être victimes de maladies ou être abandonnés par leurs parents. De plus, là où la pêche est pratiquée, on a retrouvé plusieurs oiseaux blessés mortellement par des hameçons ou empoisonnés parce qu'ils avaient ingéré des pesées de pêche en plomb.
Les polluants atmosphériques influencent aussi la population de huards. Les pluies acides diminuent le nombre de poissons dans les lacs, ce qui compromet le succès de reproduction. Saviez-vous qu'un couple reproducteur et deux jeunes ont besoin de 463 kg de petits poissons pour se nourrir dans une saison?
Maintenir des conditions favorables
Un programme d'éducation et de sensibilisation du public est en cours. L'arrêt des canoteurs sur les îles a été interdit, puisque les huards y nichent. L'accès à certains lacs est interdit durant la période de nidification, le niveau de fréquentation a été réduit sur certains lacs et des panneaux d'avertissement ont été installés près des îles. De plus, des travaux de réhabilitation des îles sont en cours et des îlots flottants de nidification ont été aménagés. Depuis 1997, l'utilisation des pesées en plomb pour la pêche a été interdite.
Dernièrement, un autre volet s'est ajouté à l'étude: des prélèvements sanguins ont été faits sur 31 huards dans le but d'évaluer leur niveau de contamination par le mercure. Les résultats préliminaires indiquent que les huards du parc sont contaminés tout comme ailleurs dans l'Est du Canada.
Aussi, les résultats des recherches effectuées dans le parc sont partagés avec d'autres organismes dans le cadre d'un programme national de surveillance du plongeon huard. Bref, tout est mis en oeuvre pour que la vingtaine de couples nichant sur les lacs du parc trouve les conditions propices pour vivre et pour se reproduire.
Le plongeon huard: quelques résultats au fil des ans
| Years |
Couples répertoriés sur le territoire (1) |
Couples reproducteurs |
Jeunes ayant atteint l'âge d'envol (2) |
| 1987 |
18 |
13 |
16 |
| 1988 |
20 |
20 |
20 |
| 1989 |
25 |
14 |
13 |
| 1990 |
18 |
14 |
14 |
| 1991 |
28 |
13 |
19 |
| 1992 |
25 |
14 |
13 |
| 1993 |
24 |
13 |
14 |
| 1994 |
26 |
11 |
12 |
| 1995 |
32 |
12 |
11 |
| 1996 |
30 |
17 |
6 |
| 1997 |
27 |
16 |
17 |
| 1998 |
27 |
10 |
7 |
| 1999 |
23 |
13 |
14 |
| 2000 |
25 |
13 |
9 |
| 2001 |
25 |
19 |
14 |
| 2002 |
31 |
18 |
8 |
- Plusieurs couples répertoriés en juin ne se reproduisent pas.
- Entre 30 % et 50 % des jeunes meurent avant l'envol à cause de la prédation, de la sous-alimentation et de la maladie.
- Les faibles succès de reproduction de 1996 et 1998 s'expliquent par l'inondation de plusieurs nids à la suite des fortes pluies de juin.