Parc national du Canada Forillon

La protection du chêne rouge au parc national du Canada Forillon

Programme de restauration du chêne rouge
Programme de restauration du chêne rouge
© Parcs Canada / J.Pleau

Le chêne rouge, une espèce rare à Forillon

Le chêne rouge est l’une des 58 espèces de chêne présentes sur le continent nord-américain. Il est important au point de vue écologique, puisque plusieurs espèces animales consomment ses glands. Les chênes rouges sont très rares dans le parc national du Canada Forillon (PNCF). Leur maintien constitue un défi de taille et les peuplements que l’on y trouve sont même considérés comme des vestiges. Ils se situent à la limite nord-est de leur distribution en Amérique du Nord. Par conséquent, ils peuvent présenter certains caractères de précarité tels qu’une régénération épisodique, une grande sensibilité et une croissance plutôt faible.

Puisqu’ils sont si rares sur le territoire du parc national du Canada Forillon, un programme de restauration basé sur l’écologie de l’espèce a été mis en place. Celui-ci inclut une variété de techniques et de moyens qui seront mis à l’essai au cours des prochaines années. Les expériences, effectuées sur de petites surfaces, ont pour objectif de déterminer les traitements les plus appropriés pour assurer la protection et la régénération du chêne rouge au PNCF.

On dénombre actuellement environ 44 sites connus de chêne rouge principalement dans la portion nord-ouest du parc. Au total, environ 300 individus adultes de chêne rouge se trouveraient sur le territoire du parc. Dans la majorité des peuplements visités, la régénération est limitée et tout indique que le chêne pourrait être remplacé par l’érable ou d’autres essences si aucune intervention n’est entreprise.

Un cadre pour la restauration écologique du pin blanc et du chêne rouge a été élaboré et décrit bien la problématique rattachée à la régénération du chêne rouge au PNCF. On y présente des stratégies visant le maintien des peuplements actuels.

Les essais, incluant le recours au brûlage dirigé et à des techniques sylvicoles traditionnelles, permettront l'amélioration des connaissances et de l'expertise du PNCF en regard de la régénération du chêne rouge et du contrôle de la compétition. Les expériences seront réalisées sur une période d’environ 10 ans.

Le statut exact du chêne rouge dans la région immédiate de Forillon reste à définir. Aussi, l’essence doit-elle faire l’objet de recherches approfondies. Des études on été amorcées et d’autres suivront afin d’améliorer nos connaissances sur l’état des peuplements, leur origine et leur évolution. Ces  travaux, jumelés aux expériences décrites précédemment, permettront de définir les objectifs à long terme et de choisir les actions appropriées pour assurer la pérennité des peuplements.

Le feu est un mécanisme naturel qui contribue à accroître la diversité dans les écosystèmes.
Le feu est un mécanisme naturel qui contribue à accroître la diversité dans les écosystèmes.
© Parcs Canada

Selon la littérature scientifique, le maintien à travers les âges de peuplements dominés par le chêne rouge est lié au passage de feux de surface relativement fréquents. Le chêne rouge est considéré comme une espèce adaptée au feu. D'une part, l'écorce épaisse des arbres adultes leur permet de survivre au passage d'un feu de surface modérément intense. Les plus jeunes arbres, qui ne survivent pas au feu, ont la capacité de se régénérer vigoureusement par rejets de souches. D'autre part, la mince litière de feuilles brulées, qui fait suite au passage d'un feu, devient un milieu favorable à l'enfouissement des glands par les écureuils et les geais, ce qui contribue à favoriser leur germination. Le plus grand bénéfice généré par le feu pour les chênaies est le contrôle de la compétition et la création de trouées permettant la pénétration de la lumière.

Parmi les outils testés dans le cadre de ce projet expérimental, le parc aura recours au brûlage dirigé. Les brûlages seront réalisés à petite échelle, dans des conditions rigoureusement contrôlées, orientés vers des objectifs précis, limitant au minimum les risques de propagation d’un incendie.

Il est important de mentionner qu’en aucune circonstance, les autorités du parc ne laisseraient brûler un incendie de forêt se déclarant sur le territoire du parc.  Dans ce cas, tous les efforts nécessaires seraient mis de l’avant pour l’éteindre.

Parcs Canada possède une connaissance accrue, une expérience considérable, une expertise de qualité ainsi que des ressources qualifiées en gestion du feu. L’Agence est d’ailleurs reconnue mondialement comme un organisme expert dans le domaine de la gestion écologique des feux et des brûlages dirigés.

 

L’engagement de Parcs Canada
Si le feu doit servir d'outil pour atteindre un objectif reconnu de conservation des écosystèmes dans un parc national, il faut pouvoir fournir des preuves indéniables que cette solution est appropriée et qu'elle est réalisable, compte tenu des ressources de lutte contre les incendies disponibles et des préoccupations relatives à la sécurité publique. En raison de ce qui précède et des dangers inhérents que présente le feu pour la vie et la propriété, Parcs Canada et le parc national du Canada Forillon doivent, pour le bien du public, évaluer et gérer rigoureusement tout projet impliquant la gestion du feu.