Parc national du Canada de l'Île-du-Prince-Édouard

Au fil de L’EAU : Notes sur le patrimoine des aires spéciales protégées de Parcs Canada à l’Île-du-Prince-Édouard - Automne 2012

Les cinq grands envahisseurs des écosystème du parc

L’alliaire officinale © Parcs Canada

Le parc national de l’Île du Prince Édouard s’étend sur 42 kilomètres le long de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard entre les baies de New London et de Tracadie, englobant la pointe de la péninsule de Greenwich dans la baie de St­ Peters. Ce petit parc côtier comprend de nombreux habitats, dont des dunes de sable, des plages, des terres humides et des forêts.

Comme dans bien des endroits protégés, de nombreuses menaces, venant les unes de l’extérieur du parc, les autres de l’intérieur, pèsent sur les écosystèmes du parc national de l’Île du Prince Édouard. Afin que le parc reste en bon état et que les générations futures puissent en profiter, Parcs Canada prend des mesures destinées à réduire les menaces que subissent les écosystèmes.

Qu’est-ce qu’un écosystème?

Un écosystème est une communauté biologique; il englobe aussi tous les éléments non vivants qui influent sur cette communauté. Il se compose d’animaux, de plantes, de microorganismes, d’air, d’eau et de minéraux. Toutes les composantes d’un écosystème coexistent en harmonie et sont interdépendantes.
Dans le cadre des mesures que prend l’Agence Parcs Canada pour préserver le bon état du parc national de l’Île du Prince Édouard, elle cherche à maintenir l’intégrité écologique du parc. L’intégrité écologique est une expression employée pour décrire les écosystèmes qui sont autonomes et s’autorégulent. Ce sont des écosystèmes qui, par exemple, présentent des réseaux trophiques et une variété suffisante d’espèces indigènes capables de maintenir leurs populations grâce à des processus écologiques naturels (circulation de l’énergie, cycles des nutriments et de l’eau, etc.). Une des menaces qui pèsent contre l’intégrité écologique dans le parc national de l’Île du Prince Édouard est la présence d’espèces de plantes exotiques envahissantes.

Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante?

Une espèce « exotique » est une espèce introduite dans une région située hors de son aire de répartition naturelle. Dans certains cas, les espèces exotiques peuvent envahir les écosystèmes par leur abondance extrême. On les appelle alors, espèces exotiques envahissantes.

La présence d’espèces exotiques envahissantes dans un écosystème peut occasionner le déplacement d’espèces indigènes, qui ne peuvent donc plus alors jouer leur rôle, comme par exemple celui de servir d’habitat ou de source de nourriture pour la faune. Cela peut avoir des effets durables et dévastateurs, en particulier sur les espèces qui ont besoin ou dépendent d’une zone ou d’un type d’habitat particulier non colonisé.

Maintien d’écosystèmes sains dans le parc national de l’Île du Prince Édouard

Dans le cadre de son mandat de protection et de mise en valeur de l’intégrité écologique, l’Agence Parcs Canada a entrepris de lutter contre les espèces exotiques envahissantes. Ces cinq dernières années, elle a consacré ses efforts à la détection précoce de cinq espèces exotiques envahissantes dans les secteurs du parc considérés comme les plus menacés. Il s’agit des espèces suivantes :
1. La renouée du Japon
2. L’alliaire officinale
3. Le nerprun bourdaine
4. La salicaire pourpre
5. Le pin sylvestre

Une des plus grandes difficultés auxquelles nous sommes confrontés vient du fait que ces plantes peuvent facilement être introduites à notre insu, sous forme de graines transportées par les semelles des chaussures ou les pneus des voitures ou encore de ce qu’elles peuvent se trouver dans des matières comme du terreau ou des matériaux de remblai. La détection précoce de ces envahisseurs des écosystèmes permet d’agir rapidement à un stade où leurs effets sur ces derniers ne sont pas encore importants. Voici un résumé des mesures qui ont été prises pour réduire ou éliminer les populations d’espèces exotiques envahissantes dans le parc national de l’Île du Prince Édouard.

Renouée du Japon

Grâce à une surveillance régulière et à l’information reçue de voisins du parc et de visiteurs avertis, nous avons pu localiser et traiter avec succès des endroits où la renouée du Japon a été introduite accidentellement parmi des matériaux de remblai. De vastes étendues colonisées par la renouée du Japon dans la région de Greenwich sont actuellement traitées à l’aide de techniques de mise sous bâche et d’enfouissement.

Alliaire officinale

L’alliaire officinale est éliminée par diverses méthodes, dont l’arrachage à la main et la pulvérisation d’herbicides. Depuis que cette espèce a été initialement détectée, en 2006, son abondance a diminué. Toutefois, comme ses graines peuvent rester viables dans le sol pendant une période qui peut atteindre cinq ans, une attention soutenue et répétée est nécessaire pour empêcher la propagation de cette plante. Il en reste une concentration nécessitant notre attention sur le terrain de golf de Green Gables.

Nerprun bourdaine

Le nerprun bourdaine s’est répandu dans les forêts et les haies de la région de Cavendish. Pour éradiquer cette espèce, il est nécessaire de procéder à son arrachage à la main et même à l’annélation de l’écorce sur les grands arbres.

Salicaire pourpre

La salicaire pourpre est présente dans certaines des terres humides du parc. Toutefois, la surveillance annuelle et l’enlèvement des plantes avant que leurs graines tombent ont permis d’en maîtriser la propagation.

Pin sylvestre

Il est facile de détecter et de traiter les endroits colonisés par le pin sylvestre; il suffit de couper les branches de cet arbre pour en réduire l’abondance. De grands progrès dans l’élimination du pin sylvestre de l’écosystème forestier du parc devraient être réalisés en automne 2012.

Au cours de l’été 2012, la maîtrise et la réduction de l’abondance des plantes exotiques envahissantes dans le parc ont beaucoup avancé. Des centaines de kilos d’alliaire officinale et de nerprun bourdaine ont été retirés du parc et bien des progrès ont été accomplis dans l’éradication de la très envahissante renouée du Japon. Grâce aux efforts constants de Parcs Canada pour réduire la présence et la propagation des espèces de plantes exotiques envahissantes, les écosystèmes du parc national de l’Île du Prince Édouard resteront sains et intacts.

Vous pouvez vous aussi faire votre part!

• Apprenez à identifier les espèces envahissantes;
• Soyez prêt à repérer les cinq grandes espèces exotiques envahissantes quand vous visitez le parc national de l’Île du Prince Édouard et communiquez vos observations au personnel du parc.
• Si vous êtes propriétaire d’un terrain, détectez et éradiquez les espèces exotiques envahissantes qui pourraient s’y trouver.
• Consultez le site Web www.peiinvasives.ca (en anglais seulement) pour en savoir plus.

Pour avoir de plus amples renseignements ou pour communiquer avec Parcs Canada, vous pouvez adresser un courriel à PNIPE.PEINP@pc.gc.ca ou téléphoner au 902 566 7050.