Parc national du Canada de l'Île-du-Prince-Édouard

Au fil de L’EAU : Notes sur le patrimoine des aires spéciales protégées de Parcs Canada à l’Île-du-Prince-Édouard - Automne 2012

Des archéologues mettent au jour le passé au parc national de l’Île-du-Prince-Édouard

Cet été, du 30 juillet au 3 août, des visiteurs du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard ont eu l’occasion unique d’observer des fouilles archéologiques et d’y participer dans le secteur de Stanhope. Pour une quatrième saison, des archéologues et des bénévoles ont poursuivi leurs efforts afin de découvrir les origines d’une ancienne cave le long du sentier Farmlands. Cette année, les fouilles étaient menées par Charles Burke, archéologue à Parcs Canada, avec l’aide de Mme Helen Kristmanson, (Ph. D.), archéologue du gouvernement provincial, et de la Stanhope Historical Society.

L’histoire à portée de la main…

L’histoire humaine se reflète dans différents types d’éléments de preuve, y compris les vestiges matériels (ressources archéologiques) que des personnes ou des groupes ont laissés derrière eux. Les fouilles archéologiques à Stanhope nous ont appris de nombreuses choses au sujet de l’histoire de la région. À l’origine, on pensait qu’il s’agissait de la cave d’une maison acadienne située près de Long Pond, mais des éléments de preuve ont révélé que l’ouvrage avait été construit par les Britanniques. Il est possible qu’il ait fait partie de la ferme de Stanhope, l’un des premiers établissements britanniques de l’Île datant de 1770.Cet établissement demeure un mystère, car il n’existe aucun registre historique indiquant la présence d’une structure dans cet endroit particulier.

Il est possible que la maison ait été occupée par la famille de Stephen Bovyer (fils), le fils d’un Loyaliste britannique du Rhode Island. Les Bovyer ont acquis le bail de la ferme Stanhope après le renvoi de l’agent foncier, David Lawson, en 1788. Un bouton en étain du New Brunswick Regiment (vers1803-1805) trouvé sur les lieux a peut-être appartenu à Samuel Boyer (Bovyer), qui s’était enrôlé dans le New Brunswick Regiment en 1793. Stephen Bovyer (père), est décédé en 1788 et a été enterré dans le cimetière des pionniers de Stanhope situé dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard.

À ce jour, la majeure partie des vestiges de la structure originale de la maison a été déterrée. Cette année, l’équipe d’archéologues a creusé jusqu’à la base de la structure, mettant au jour le bas du foyer et la cave. En excavant la cave, l’équipe a fait une découverte fascinante. Un mur de pierre, qui pourrait avoir servi de mur de soutènement intérieur pour éviter que de la terre ne s’introduise dans la cave, avait été ciselé pour obtenir une surface lisse, et les marques de ciseau étaient bien visibles sur la pierre.

L’archéologue Charles Burke suggère que le soin particulier qui a été mis à tailler la pierre indique que les personnes qui ont construit cette maison possédaient de grandes compétences et tiraient une grande fierté du travail qu’ils accomplissaient. Le mur n’a pas été construit à la hâte. Les travailleurs ont pris le temps de trouver des pierres qui convenaient à chaque endroit spécifique et de ciseler ces pierres pour les rendre lisses et uniformes. Nous ne savons pas quelle était l’apparence de la structure originale, toutefois il est raisonnable de supposer que le soin et les efforts remarquables qui ont été consacrés aux éléments cachés de la maison ont aussi été accordés au reste de la maison. Il y avait peut-être même un maçon dans le groupe de colons qui sont débarqués à Stanhope, arrivant de l’Écosse le 8 juin 1770 à bord du Falmouth pour entreprendre la culture du lin.

Un certain nombre d’artefacts ont été découverts durant les fouilles, y compris des fragments de céramique. Il s’agit surtout de fragments de faïence anglaise et de faïence à pâte siliceuse, ce qui situe entre 1780 et 1820 la présence des occupants de la maison. Parmi les autres artefacts mis au jour, mentionnons un dé à coudre intact, des pipes, du verre à bouteilles, une pierre à silex, des clous en plomb, du verre à vitres et, comme nous l’avons indiqué plus haut, un bouton en étain du New Brunswick Regiment.

Parcs Canada cherche à favoriser la compréhension et l’appréciation de nos parcs nationaux en partageant l’histoire de notre pays et de nos peuples.

Les fouilles archéologiques menées à Stanhope ont offert aux étudiants, aux résident de la région et aux visiteurs une excellente occasion de participer à cette expérience unique. En 2012, vingt-neuf personnes ont fait don de leur temps et ont mis à profit leurs talents pour nous aider à découvrir le passé. Parcs Canada a aussi offert d’autres possibilités d’apprentissage en présentant le programme spécial « Déterrer le passé », qui comprend une visite du cimetière des pionniers de Stanhope et du site archéologique. Bon nombre de visiteurs ont participé aux fouilles et ont maintenant une meilleure appréciation de l’important rôle que joue l’archéologie dans notre compréhension de l’histoire et des peuples de notre pays.