Parc national du Canada de l’Île-du-Prince-Édouard

La restauration écologique au parc national de l’Île-du-Prince-Édouard

Le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard est un lieu magnifique où l’on trouve, entre autres, des falaises rouges spectaculaires, des dunes majestueuses et des cours d’eau scintillants. Le paysage du parc renferme de nombreux témoins de son histoire, qui racontent son évolution au fil des siècles, voire des millénaires, ainsi que les incidences des phénomènes naturels et de l’activité humaine. Dans certains secteurs du parc, toutefois, il est évident que le milieu naturel a besoin d’être remis en état.

L'objectif de la remise en état écologique est d’améliorer le milieu dans lequel vivent les plantes et les animaux qui ont élu domicile dans le parc. Dans cette optique, nos actions sont essentiellement axées sur les milieux d’eau douce et sur les écosystèmes forestiers et côtiers (nous avons déjà commencé à enlever les infrastructures à divers endroits pour réduire notre empreinte écologique dans le parc). La remise en état contribue à la mise en œuvre du Plan de conservation national du Canada, car elle comprend des mesures concrètes pour rétablir nos écosystèmes et favorise la conservation des terres et des plans d’eau du Canada.

Il n’est pas facile de trouver le juste équilibre entre les services proposés aux visiteurs et le maintien de l’habitat des plantes et des animaux dans le meilleur état possible. La recherche de ce juste équilibre est au cœur même du mandat de Parcs Canada et de nos actions en tant qu’intendants de ce précieux paysage canadien.

Parcs Canada a obtenu des fonds dans le cadre d’un projet spécial pour améliorer la santé écologique du parc national et des lieux historiques nationaux de l’Île-du-Prince-Édouard. Il s’est donné comme priorité d’accroître l’intégrité écologique et consacrera donc une partie de ces fonds aux projets suivants dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard :

Ruisseau Balsam Hollow et point d’évacuation du lac Dalvay : rétablissement de l'écosystème d'eau douce

On parle souvent des défis créés par la construction pendant les mois d'été, avec son dédale de détours et ses obstacles à la circulation. La saison de la construction peut être difficile. À tout le moins, la construction engendre des retards et, au pire, elle provoque des embouteillages où l'on n'a aucune idée comment se rendre à destination.

Imaginez, pour un instant, que chaque journée ressemble à ce scénario. À bien des égards, c'est la réalité des poissons d'eau douce vivant dans les cours d'eau de l'Île-du-Prince-Édouard. Des obstacles comme des ponceaux défectueux entravent la circulation dans les bassins versants partout dans la province. Un ponceau est une structure qui permet à l’eau de passer sous une route, un chemin de fer, un sentier ou tout autre obstacle semblable. Enfoui de façon à être entouré de terre, le ponceau est généralement constitué d’une buse ou d'une conduite, qui peut être en béton armé, en acier galvanisé ou en plastique, entre autres matières. Si un ponceau n'est pas installé correctement, il peut créer de réels problèmes aux poissons. Cet obstacle peut les empêcher de se déplacer facilement dans nos cours d'eau pour frayer ou se nourrir. S’il n'est pas conçu ou installé correctement, il peut grandement nuire à la santé globale des milieux aquatiques du secteur.

Craignant que l’absence de connectivité des milieux aquatiques ne fasse obstacle aux déplacements des espèces locales de poissons, nos écologistes ont effectué en 2007 un inventaire de tous les ponceaux du parc. Ils ont déterminé que trois de ces ouvrages devaient faire l’objet de travaux.

Ruisseau Balsam Hollow

Deux ponceaux entravent le passage des poissons au ruisseau Balsam Hollow.

Le premier, situé à proximité d'un sentier non utilisé près du terrain de golf Green Gables, a été enlevé en 2010. Il avait initialement été installé pour permettre la construction d'une piste pour voiturettes de golf. Ce ponceau avait créé une « barrière de vélocité » pour les poissons, ce qui signifie que l'eau y coulait si rapidement que les poissons étaient incapables de le franchir. Comme le sentier pour voiturettes de golf n'était plus en usage, le ponceau a été enlevé, et les poissons peuvent maintenant traverser le dépôt des matières naturelles qui jonchent le lit du cours d'eau.

Le deuxième projet de remise en état au ruisseau Balsam Hollow a exigé des travaux plus complexes en raison de sa forte pente. Il a fallu installer un nouveau ponceau pourvu de cloisons spéciales, l’équivalent aquatique des ralentisseurs présents sur certaines voies de circulation, pour ralentir le débit de l’eau et permettre ainsi aux poissons de toutes tailles de remonter le cours d’eau. Après l’installation du ponceau, les écologistes de Parcs Canada ont capturé et marqué des ombles de fontaine et les ont relâchés en aval. Peu après, plusieurs des ombles marqués ont été observés en amont, signe du bon fonctionnement du ponceau. En même temps, les écologistes ont observé des poissons mesurant entre 60 et 160 mm de longueur, ce qui a permis de conclure que même les petits poissons pouvaient remonter le courant.

Décharge du lac Dalvay

La plupart des étangs du parc national de l'Île-du-Prince-Édouard sont des barachois, ce qui signifie qu'ils étaient à l'origine de petites baies qui ont depuis été fermées par le mouvement des dunes. La plupart d'entre eux ont encore un point de décharge vers la mer, à travers lequel les poissons migrateurs peuvent passer. Les obstacles, comme un ponceau qui ne fonctionne pas correctement, peuvent compliquer ou même empêcher la circulation des poissons en amont, ce qui nuit à la santé aquatique de tout le secteur.

Lorsque le tronçon Dalvay de la promenade du Golfe a été refait, en 2011, Parcs Canada a remplacé le ponceau de 70 mètres de longueur qui se trouvait à la décharge du lac Dalvay. L'ancien ponceau avait besoin d'être remplacé; il était corrodé et presque complètement effondré. Le nouveau système qui a été installé comprend un ponceau segmenté pourvu d’un bassin en son milieu, qui laisse les poissons passer sans encombre, quel que soit le niveau de l’eau, et qui leur permet de faire une « pause » pendant leur trajet entre le lac et la mer. Les travaux de surveillance écologique ont révélé des prises record d’anguilles dans le lac Dalvay lors de la période d’échantillonnage de 2014 : 17 anguilles ont été capturées contre un maximum de 8 jusqu’alors, soit plus du double. Des éperlans arc-en-ciel ont également été observés pour la première fois, tant dans le « bassin de repos » du ponceau qu’en amont.

Le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard s'est engagé à améliorer la connectivité du bassin hydrographique et l’état de santé global de nos voies navigables en réparant les ouvrages de franchissement qui sont devenus des obstacles aux déplacements des poissons dans le parc. Le rétablissement de la connectivité de la rivière Balsam Hollow et de la décharge du lac Dalvay sont des exemples de gains réels dans ces domaines.

Qu'est-ce que la connectivité des milieux aquatiques et comment la mesurer?

Au sens très général, la connectivité dans un bassin versant fait référence au mouvement de l'eau, des organismes (organiques et inorganiques) et d'autres matériaux d'un endroit à l'autre. Une forte connectivité est très importante pour la santé des organismes aquatiques parce que, pour survivre, de nombreuses espèces ont besoin de différents milieux à des étapes précises de leur cycle biologique. Ces milieux se trouvent dans différents secteurs du réseau hydrographique d’un cours d’eau. Plusieurs éléments peuvent devenir des obstacles à la connectivité : des barrières artificielles, comme les ponceaux, les barrages et les ponts-jetées, des obstacles naturels, tels que les chutes ou les cascades, ou des barrières temporaires comme les digues de castor. Comment mesure-t-on le degré de connectivité d'un bassin versant? La mesure utilisée par les écologistes de Parcs Canada est appelée « indice de connectivité dendritique » ou ICD. Élaboré à l'aide d'une formule mathématique pour quantifier la connectivité structurelle des bassins versants, cet indice peut aider également à identifier les barrières qui peuvent être réparées et qui permettent d'améliorer le plus la connectivité. Pour en apprendre davantage sur l'ICD, voir Côté et al., 2011.

Reboisement de la forêt acadienne : rétablissement de l'écosystème forestier

La forêt acadienne, qui se caractérise par un mélange de feuillus et de conifères, dont l’érable à sucre, le bouleau jaune, le hêtre à grandes feuilles, la pruche du Canada, le pin blanc et l’épinette rouge, est présente dans les provinces Maritimes et ailleurs dans l’Est du Canada et le Nord-Est des États-Unis.

Les forêts qui existent aujourd'hui dans le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard occupent des terres où, à une certaine époque, les essences de la forêt acadienne avaient en grande partie été éliminées à des fins d'agriculture. Lors de la création du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, en 1937, une bonne partie des terres qui le composaient servaient à l’agriculture, et la forêt acadienne mixte traditionnelle y avait été défrichée. Au cours des 75 dernières années, ces anciens champs se sont couverts principalement d’épinettes blanches et de très peu d’autres essences typiques de la forêt acadienne.

Bon nombre des peuplements d’épinettes blanches du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard atteignent maintenant la fin de leur cycle de vie (50 à 70 ans) et présentent un grave risque d’incendie. De plus, les peuplements d’épinettes blanches sont moins en mesure de fournir l’habitat nécessaire au maintien d’une faune et d’une flore variées et ne peuvent pas produire toute la diversité des semences d’arbres nécessaires au rétablissement de la forêt acadienne indigène. Parcs Canada a adopté une stratégie de rétablissement à faible impact pour remplacer les peuplements d’épinettes blanches par des espèces typiques de la forêt acadienne indigène dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Cette stratégie comprend la coupe par bandes, la coupe par petites trouées, l’éclaircie, la plantation en sous-étage, la coupe de dégagement et l’installation d’enclos protecteurs autour des arbres nouvellement plantés. Comme les perturbations naturelles à petite échelle, les coupes par bandes et les coupes par petites trouées créent dans le couvert forestier des ouvertures qui produisent des conditions de température et d’humidité favorables à la croissance des essences souhaitées. Par exemple, les coupes par petites trouées sont propices à la croissance d’espèces tolérantes à l’ombre, comme l’érable et l’épinette rouge, alors que les trouées plus grandes favorisent davantage la croissance d’espèces qui aiment le soleil, comme le chêne rouge.

Dans le plan directeur de 2007 pour le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, Parcs Canada a fait du rétablissement de la forêt acadienne un objectif prioritaire pour accroître l’intégrité écologique de l’écosystème forestier. Il a élaboré un plan et s’emploie maintenant à définir précisément les priorités. Les 1 200 hectares de forêt du parc seront un jour un exemple typique de la forêt acadienne indigène. Il s’agit d’un programme de grande envergure dont les résultats ne seront pas visibles dans l’avenir immédiat, mais plutôt dans plusieurs décennies. Entre-temps, les travaux concourant à l’atteinte de cet objectif à long terme ont déjà commencé le long des sentiers Farmlands et Bubbling Springs du parc national de l'Île-du-Prince-Édouard. Sous la direction de Parcs Canada, les membres de Friends of Covehead and Brackley Bay Watershed Group ont procédé à des coupes par bandes dans la forêt d'épinettes blanches près des sentiers. En plus de cette initiative, d’autres approches de rétablissement et pratiques forestières de faible intensité seront mises en œuvre au cours des cinq prochaines années dans le cadre de ce projet spécial.

Nos plans de reboisement visent à préparer le terrain pour des forêts plus saines, composées d’essences variées à tous les stades de croissance, ainsi que d’arbustes et de petites plantes, de fleurs et de mousses sur le sol.

Qu'est-ce que la « forêt acadienne »?

La « forêt acadienne » se trouve dans les trois provinces Maritimes – le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard – ainsi que dans le Sud du Québec et le Nord-Est des États-Unis. Elle est essentiellement le point de rencontre de la forêt boréale du Nord et des feuillus du Sud. Unique dans sa composition, la forêt acadienne abrite 32 espèces d'arbres; l'érable à sucre, la pruche du Canada, le pin blanc et le hêtre américain en sont absents.

L'Île-du-Prince-Édouard est actuellement connue comme une province agricole; elle est surnommée « la ferme de cent acres » et souvent comparée à une courtepointe lorsqu’on aperçoit son réseau de champs et de routes du haut des airs. Il est donc difficile d'imaginer qu’elle a déjà été entièrement boisée. Après l'arrivée des colons européens dans la région au début des années 1800, la plupart des forêts de l'Île-du-Prince-Édouard ont été défrichées. Les premiers résidents de l'île ont décrit des arbres énormes et parlé des défis posés par la nécessité d'en éliminer bon nombre pour permettre l’aménagement et l'agriculture. Nos ancêtres ont largement réussi le défrichage des terres. Le couvert forestier, qui occupait jadis 98 % de la superficie de l'Île-du-Prince-Édouard, avait été réduit à environ 30 % du territoire en 1900. Plus tard, à l'époque de la Grande Crise des années 1930, de nombreux agriculteurs ont abandonné leurs exploitations en laissant les champs en friche. Largement dépourvus de nutriments après de nombreuses années de pratiques agricoles antérieures à la rotation des cultures, ces champs ont commencé à être envahis par l'une des seules espèces d'arbres capables de facilement prendre racine à cet endroit : l'épinette blanche.

Si vous examinez aujourd'hui de nombreuses zones boisées de l'Île-du-Prince-Édouard, vous constaterez une monoculture forestière où domine l'épinette blanche. Cette situation est problématique parce que les arbres ont presque tous le même âge et présentent une faible biodiversité. Une forêt en santé contient des arbres à tous les stades de croissance et est composée de nombreuses espèces différentes : des petites plantes et des mousses sur le sol, des arbustes, des arbres résineux et des feuillus. La correction de ces problèmes en vue d'améliorer la santé des forêts dans l'avenir n'est pas une mince tâche, mais elle est de la plus haute importance si nous voulons voir un retour des espèces originales de la forêt acadienne originale à l'Île-du-Prince-Édouard.

Plantation d’arbres avec le groupe de protection du bassin versant Friends of Covehead and Brackley Bay : rétablissement de l'écosystème forestier

Les coupes par bandes et les coupes par petites trouées créent dans le couvert forestier des ouvertures qui produisent des conditions où la température et l’humidité sont favorables à la croissance des espèces d’arbres souhaitées
© Parcs Canada

En collaboration avec Parcs Canada, les membres de l'organisme Friends of Covehead and Brackley Bay Watershed Group ont planté des arbres dans des brèches créées par des coupes par bandes dans la forêt d'épinettes blanches, près du sentier Farmlands, dans le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard. Tout comme des perturbations naturelles de petite envergure, les coupes réalisées créent des ouvertures dans le couvert forestier, créant des conditions de température et d’humidité propices à la croissance de l’essence désirée.

Les travaux sur ce projet ont commencé au début du mois d'octobre 2013 et sont maintenant terminés. Le Watershed Group a planté 5 000 semis d’essences typiques de la forêt acadienne qui étaient peu présentes, voire carrément absentes, comme le pin blanc, la pruche du Canada, le bouleau jaune, le chêne rouge, l’épinette rouge et l’érable à sucre. Cette opération favorisera le rétablissement de la diversité des essences et la santé globale de la forêt. La réussite de cette initiative pourrait inciter Parcs Canada et l’organisme Friends of Covehead and Brackley Bay Watershed Group à collaborer à de futurs projets.

Sentier Balsam Hollow : rétablissement de l'écosystème forestier

Page d'information : Sentier Balsam Hollow – Restauration de l’écosystème forestier

Aire de fréquentation diurne et terrain de camping collectif de Brackley : rétablissement de l'écosystème forestier

L'aire de fréquentation diurne et le camping de groupe de Brackley couvrait environ 5 hectares (environ 100 mètres de largeur par 500 mètres de longueur) dans le secteur Brackley du parc national de l'Île-du-Prince-Édouard. Ce secteur du parc a été fréquenté pendant bien des années, mais il a récemment subi une diminution de la demande et du niveau d’affluence. Des inquiétudes ont également été soulevées concernant les systèmes d'évacuation des eaux usées et leur impact potentiel sur les réseaux de dunes tertiaires à proximité. Pour ces raisons, l’aire de fréquentation diurne et le camping de groupe ont été inclus dans le plan élargi de remise en état écologique, et la décision a été prise de le fermer.

Les activités de camping de groupe ont été déplacées au camping de Stanhope, le terrain de tennis a été fermé, et une grande portion de l'aire de fréquentation diurne a été abandonnée pour qu'elle se régénère naturellement. Nous ferons de notre mieux pour accueillir ailleurs dans le parc les groupes qui y tenaient des activités. Les travaux de remise en état et de reboisement devraient commencer en 2015.

Boisé de Cavendish : rétablissement de l'écosystème forestier

Le boisé de Cavendish a été annexé au parc national de l'Île-du-Prince-Édouard en 2005 et il y a eu de nombreuses discussions au sujet de l'identité future de ce lieu précieux. Depuis, on a enlevé les bâtiments et les infrastructures de l’ancien parc d’attractions, et on a aménagé des pistes cyclables et des sentiers de randonnée pour créer un réseau élargi de sentiers dans le secteur de Cavendish. On a également construit des toilettes. Les visiteurs ont été invités à venir, notamment pour pique-niquer dans un cadre naturel et tranquille. Surnommée affectueusement « le boisé », cette oasis naturelle située au cœur de Cavendish occupe une place centrale dans les travaux de remise en état, avec le potentiel d’améliorer l’expérience des visiteurs.

Le plan général consiste à définir le boisé de Cavendish comme un « espace vert », ce qui signifie qu'il s'agira d'un secteur composé principalement d’éléments naturels et non pas, par exemple, de bâtiments. Ce travail de remise en état s’inscrit dans le Plan de conservation national du Canada, une initiative visant à rétablir les écosystèmes du Canada et à contribuer à la conservation des terres et des eaux du pays par des mesures concrètes. Certains aspects du plan pour cet endroit sont clairs, notamment la remise en état des étangs, mais les aspects concernant les éléments associés aux besoins des visiteurs sont moins clairs. C’est pourquoi nous avons décidé de demander votre aide. L'automne dernier, nous vous avons invités à nous faire part de vos commentaires sur la façon dont le boisé de Cavendish pourrait devenir plus agréable pour vous et pour les visiteurs susceptibles d’utiliser cet espace vert à l'avenir. Plus de 140 résidents, entreprises et membres de la collectivité élargie nous ont répondu. Nous avons analysé les réponses, et, en grande majorité, les participants ont affirmé qu'ils aimeraient :

... des sentiers, avec des aires de pique-nique et une bonne signalisation, faisant appel à des matériaux présents dans l'environnement naturel...

Nous espérons maintenant ramener les étangs artificiels à un état naturel et redonner à la forêt sa diversité d’antan, tout en améliorant l’offre faite aux visiteurs. Nous élaborerons, à l’automne 2015, un plan exhaustif qui orientera les travaux de remise en état et la création de cette oasis naturelle située au cœur de la localité bouillonnante de Cavendish. Parmi les possibilités étudiées, citons une nouvelle infrastructure à faible impact écologique, comprenant des aires de pique-nique et de repos, des sentiers supplémentaires et des possibilités d’apprentissage diverses, par exemple des panneaux d’interprétation ou des expositions.

Réduire notre empreinte écologique : rétablissement de l'écosystème forestier

L’enlèvement des infrastructures est un aspect important du rétablissement de l’intégrité écologique dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Nous avons déjà entamé le processus à plusieurs endroits, afin de réduire globalement notre empreinte écologique dans le parc. Dans le cadre de cette opération, 65 bâtiments ont été choisis pour une évaluation par le personnel de Parcs Canada, qui en a évalué l’utilité, l’état et la valeur historique, ainsi que l’éventuelle présence de contaminants. Cette analyse a mené à la conclusion que tous ces bâtiments devaient être enlevés. En 2014, 27 ont été démolis. Ces bâtiments n’étaient pas utilisés et étaient en mauvais état ou contenaient des matières dangereuses. Dans la plupart des cas, la démolition a été simple : les bâtiments ont été démantelés, les matériaux, enlevés conformément aux règlements, et le sol, recouvert de terre végétale.

En ce qui concerne les bâtiments qui ont été enlevés parce qu’ils contenaient des matières dangereuses, on a pris de grandes précautions. Une entreprise spécialisée dans la détection de déchets dangereux a été embauchée pour examiner les structures ciblées pour la démolition. De l’amiante et du plomb, entre autres, ont été trouvés dans certains des bâtiments. Les matières dangereuses ont été enlevées en toute sécurité et leur élimination a été organisée conformément aux règlements provinciaux.

Dans un autre cas, on a découvert la présence d’une plante envahissante, l’alliaire officinale, près des bâtiments qui devaient être démolis. On a pris de grandes précautions pour empêcher la prolifération de cette espèce non indigène capable d’envahir les écosystèmes. La terre dans laquelle des graines d’alliaire officinale risquaient d’être présentes a été enlevée. On a ensuite recouvert le sol d’une membrane géotextile, qu’on a recouverte d’une couche de terre végétale de 25 cm d’épaisseur. Les plants d’alliaire officinale et tous les débris susceptibles d’être contaminés ont été brûlés sur place. Par ailleurs, la machinerie qui a servi à l’exécution de ce projet est demeurée sur place jusqu’à la toute fin des travaux. Avant qu’elle ne quitte les lieux, on a lavé et brossé minutieusement toutes les pièces d’équipement, pour éliminer le risque de prolifération de la plante. Des procédures de nettoyage semblables ont été appliquées aux bottes, aux gants et à tout le matériel utilisé avant qu’ils soient emportés. Ces mesures devraient empêcher d’éventuelles graines de germer. Le personnel de Parcs Canada exécutera des travaux de surveillance pour s’en assurer. Heureusement, la plupart des structures qui ont été supprimées n'ont pas eu à subir ces traitements intensifs.

Le reboisement des parcelles où se trouvaient ces bâtiments devrait commencer en 2015 et sera axé sur la plantation d’essences typiques de la forêt acadienne, une autre mesure qui contribuera à l’atteinte de notre objectif de rétablissement de la forêt dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard.

Île Robinsons : rétablissement de l'écosystème forestier

En 1937, le gouvernement fédéral a acquis l'île Robinsons et l’a annexée au parc national de l'Île-du-Prince-Édouard. L'île Robinsons abrite plusieurs espèces de bois résineux et de peuplements mixtes, des tourbières, des marais, des champs en friches ainsi que des terres côtières sèches, des plages et des marais salés. Cette diversité fournit un lieu de reproduction et des aires de repos à une gamme variée d'oiseaux, dont le pluvier siffleur, une espèce en voie de disparition. L'île Robinsons renferme en outre d'importants sites archéologiques.

Le terrain de camping de l’île, qui était autrefois très fréquenté, a été fermé en 2005 en raison de la baisse d’affluence et des coûts d'exploitation élevés. En outre, la plage de sable à proximité a disparu avec l'érosion côtière. Dans le cadre des efforts visant à ramener l'île à un état plus naturel et à améliorer la santé de l’écosystème forestier, Parcs Canada a enlevé les installations et l'infrastructure connexe. Le plan de reboisement de l’ancien camping sera axé sur les essences propres à la forêt acadienne, particulièrement celles qui sont très peu présentes dans le paysage, comme l’érable à sucre, le bouleau jaune et la pruche du Canada.

Nous avons remplacé l’ancien camping par un réseau de sentiers polyvalents à l’intention des jeunes familles actives. Les visiteurs peuvent parcourir le sentier de six kilomètres en circuit fermé autour de l'île Robinsons, doté de points d'accès à la plage et de belvédères où des télescopes permettent une exploration de la vue magnifique sur la côte. Pour les cyclistes plus aventureux, des parcours pour la pratique du vélo de montagne ont été aménagés avec l’aide de Cycling PEI et de l'Association internationale de vélo de montagne, près du sentier principal. Ces sentiers jalonnés de caractéristiques techniques sont conçus pour les cyclistes de montagne de niveau débutant à intermédiaire.Des panneaux d’interprétation interactifs seront installés en juin 2015 pour aider les visiteurs à découvrir le patrimoine naturel et culturel de ce lieu exceptionnel.

Dans le cadre du projet de l’île Robinsons, Parcs Canada appuie le Plan de conservation national du gouvernement du Canada en appliquant des mesures concrètes dans trois domaines prioritaires : conserver les terres et les eaux du Canada, restaurer les écosystèmes du pays et rapprocher la population canadienne de la nature. Les plans futurs devront notamment prévoir la plantation d’espèces d’arbres indigènes de la forêt acadienne pour favoriser la revitalisation de l’écosystème forestier original de l’île.

Le nouveau visage de l'île Robinsons, sculpté dans le paysage lui-même, va présenter son histoire et sa nature, et encourager les visiteurs et les résidents à l'explorer par des moyens stimulants et agréables. En même temps, les initiatives de reboisement favoriseront une renaissance de la forêt acadienne. Le travail de conservation qui se déroule ici est un excellent exemple des possibilités engendrées par la remise en état, qui devrait créer un lieu idyllique pour tous, ouvert à la découverte et à l'exploration des milieux naturels.

Restauration de l’ancien tracé de la route et de la dune de la flèche de sable de Cavendish : rétablissement de l'écosystème côtier

De la machinerie lourde est utilisée pour retirer le schiste de l’ancienne plateforme routière. Le projet en cours à la flèche de sable Cavendish vise l’enlèvement du chemin et la restauration du marais.
© Parcs Canada

Dans le plan directeur de 2007, Parcs Canada a déterminé qu’il était impératif d’enlever le chemin de la flèche de Cavendish pour rétablir la santé écologique du marais salé, qui est divisé par le chemin. Le chemin a d'abord été construit pour fournir un accès à une installation balnéaire, qui a été fermée à la fin des années 1990 suite à la migration du sable du littoral. Le chemin a également été fermé à la circulation à l'été 2012 en raison de la migration du sable et pour que le travail de remise en état puisse se dérouler. Un autre moyen d’accès a été fourni, avec un point de départ au camping de Cavendish, pour donner aux utilisateurs traditionnels un accès continu à leur plage préférée.

Un contrat a été accordé pour l'enlèvement du chemin, et la plateforme a été enlevée avec précaution, étape par étape. Une surveillance a été exercée sur la zone environnante pour évaluer l’impact des travaux sur l’écosystème. Le travail a été effectué en plusieurs étapes, en commençant par la section du chemin qui est reliée au sentier Homestead. L’enlèvement du chemin a été effectué en cinq étapes, et les mesures de remise en état associées à chacune ont été mises en œuvre avant de passer aux étapes subséquentes.

Cette zone a été traitée différemment des autres secteurs du parc national de l'Île-du-Prince-Édouard. Comme la forêt était déjà présente des deux côtés de la route, Parcs Canada a essentiellement reboisé l'espacement qui était couvert par la route. Habituellement, on plante des arbustes et des bois résineux dans un secteur afin d'éliminer l'herbe avant d'introduire les feuillus, de manière à recréer la succession forestière normale, mais, dans ce cas, comme des zones boisées étaient déjà présentes à proximité, les résineux et les feuillus ont été introduits en même temps.

La restauration d’une dune de sable au parc national de l’Î-P-É
© Parcs Canada

Le reverdissement du secteur s'est déroulé en 2014; les jeunes arbustes et les arbres indigènes ont bien poussé malgré le temps chaud et sec de l'été. La surveillance va se poursuivre à certains endroits pour évaluer l’impact de l’enlèvement du chemin et des efforts de remise en état sur les écosystèmes environnants et les objectifs de rétablissement à long terme. Avec l'enlèvement de la route, le niveau de salinité du marais est mesuré afin de déterminer l'efficacité des efforts de remise en état, et les premiers résultats indiquent qu'ils ont été couronnés de succès.

Des écologistes de Parcs Canada ont entrepris un autre projet de remise en état à Cavendish, dans le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard, afin de recouvrer le lieu de déflation d'une dune qui était autrefois utilisée pour accéder à la plage.

Des employés du Parcs Canada « plantent » des conifères morts dans une dune de sable
© Parcs Canada

Pour rétablir la structure et le rôle de cette dune, et pour améliorer l’intégrité écologique du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, nous avons placé des pins sylvestres (qui avaient été retirés d'autres secteurs du parc dans la cadre du programme d'enlèvement des espèces envahissantes) dans le creux de déflation de la dune afin qu’ils puissent former des obstacles naturels pour retenir le sable poussé par le vent. Nous avons ensuite transplanté des ammophiles élevées en pépinière à côté des arbres pour favoriser le maintien en place des dunes en formation.

À mesure que le sable s’accumulera, les arbres fourniront un substrat et des substances nutritives à la dune en formation. Pour optimiser les résultats, on a planté un certain nombre d’arbres debout dans le sable et on en a couché d’autres à l’horizontale dans le creux de déflation de la dune.

Des jalons ont été plantés à cinq endroits dans le creux de déflation, afin de mesurer l’accumulation du sable capturé par les branches et les aiguilles des arbres.

Observation de l’aster du Saint Laurent : rétablissement de l'écosystème côtier

L’aster du Saint-Laurent (Symphyotrichum laurentianum) figure sur la liste des espèces menacées depuis 2004. C’est une petite plante annuelle qui pousse dans les milieux à forte salinité, comme les bords des marais salés et des étangs situés derrière les dunes côtières. Cette plante rare se trouvait historiquement dans sept endroits de l'Île-du-Prince-Édouard, et six d'entre eux étaient situés dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Mais, au cours des dernières années, on retrouvait cette plante dans le parc uniquement à la pointe Blooming. Heureusement, cinq plants ont été trouvés en 2014 à la décharge de l’étang Campbell’s, où la plante n’avait pas été observée depuis 2009.

En partenariat avec l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, une étude de faisabilité a été menée pour voir s’il était possible de transplanter des pousses d’aster du Saint-Laurent élevées en serre dans l’habitat naturel de la pointe Blooming. La surveillance continue des résultats permet de constater que les pousses transplantées survivent et se reproduisent dans ce milieu. On ne sait toutefois pas si cette technique permettra de viabiliser la population à long terme. Parcs Canada continue de surveiller l’aster du Saint-Laurent dans les lieux où il poussait autrefois et dans ceux où on le trouve aujourd’hui.