Chaque espèce végétale et animale a un rôle particulier à jouer dans l'écologie globale. Cependant, certaines situations ou conditions ont parfois des répercussions sur la capacité d'une espèce de survivre et de prospérer. Le Pluvier siffleur ( Charadrius melodus melodus ) est un petit oiseau de rivage migrateur qui, tous les printemps, revient nicher sur les plages de l'Île-du-Prince-Édouard, ainsi que dans d'autres secteurs des provinces de l'Atlantique et aux îles de la Madeleine (Québec). Cet oiseau figure depuis 1985 sur la liste des espèces en voie de disparition établie par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada ( COSEPAC ).
Le pluvier est confronté à des problèmes communs à de nombreuses espèces dans la nature. Dans son cas, les tempêtes saisonnières ou les marées du printemps, les prédateurs naturels et les effets éventuels du réchauffement de la planète (hausse du niveau de la mer) sont autant de facteurs limitant les chances de survie de l'espèce. Cependant, le problème qui nuit le plus au rétablissement de l'espèce est celui de la perte d'habitat qui résulte le plus souvent de l'utilisation des plages par l'être humain et donne lieu à la perturbation près des sites de nidification par les gens et leurs animaux.
Pour visionner la vidéo, vous devez activer le Javascript dans les préférences de votre fureteur et téléchargerAdobe Flash Player.
Vidéo : Les pluviers en temps difficilesVisionnez la vidéo en haute définition sur YouTube
Que faisons-nous pour aider?
Il y a eu 25 ans en 2002 que Parcs Canada surveille la population des pluviers dans le parc national. C'est donc dire que les données recueillies constituent une étude imposante sur une espèce en péril. À l'Île-du-Prince-Édouard, le personnel de Parcs Canada travaille en étroite collaboration avec le Service canadien de la faune (voir « Baguage ») et l'association Island Nature Trust . Depuis quelques années, un plus grand nombre de pluviers nichent sur des plages situées à l'extérieur du parc national, et c'est l'association Island Nature Trust qui en assure la surveillance et la protection dans le cadre d'un programme ambitieux de gardiens du Pluvier siffleur.
Le personnel de Parcs Canada travaille en étroite collaboration avec le Service canadien de la faune .
© Parcs Canada / Barrett et MacKay, 2002
L'une des raisons pour lesquelles les animaux domestiques sont interdits sur les plages du parc national de l'Île-du-Prince-Édouard entre le 1er avril et le 15 octobre tous les ans est d'assurer au Pluvier siffleur (et à d'autres oiseaux de rivage) un habitat plus sécuritaire. D'autres parcs nationaux, comme le parc Kouchibouguac au Nouveau-Brunswick, ont adopté des politiques de protection similaires. Les nids de pluvier sont en effet si bien camouflés que les gens ou les animaux domestiques peuvent les piétiner sans s'en rendre compte. En outre, si les pluviers perçoivent la présence de prédateurs ou d'autres menaces, ils peuvent dépenser beaucoup d'énergie, parfois inutilement, à défendre leur territoire.
Une équipe de « moniteurs du pluvier » est à l'oeuvre dans le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard depuis 1982. Ces moniteurs commencent leur travail d'observation à l'arrivée des oiseaux, vers la mi-avril, et consacrent les quelques mois suivants à surveiller les aires de nidification et à recueillir des données qui servent à l'avancement des efforts déployés en vue du rétablissement de l'espèce et de son habitat.
Un nid de pluvier avec des oeufs .
© Parcs Canada / Barrett et MacKay, 2002
Le quotidien des moniteurs
Sur le terrain, les moniteurs sont à l'affèt de signes et de pistes indiquant la présence de prédateurs, d'êtres humains et d'autres oiseaux de rivage, et ils enregistrent les conditions du temps et des marées. Règle générale, Jennifer commence sa journée de travail à 8 h. Elle passe au bureau prendre le matériel dont elle aura besoin : carnet d'observations, jumelles, télescope, nourriture, eau, écran solaire et peut-être un blouson, car le temps sur la côte est parfois imprévisible. Elle se rend ensuite au point d'accès le plus proche, d'où elle doit marcher environ trente minutes pour atteindre la première aire de nidification. Ce matin, l'un des pluviers fouille le sable au bord de l'eau, pendant que son partenaire est assis sur le nid. Le nid renferme quatre oeufs et a récemment été entouré d'un exclos anti-prédation. Jennifer ne s'approche pas trop, s'accroupit et bouge le moins possible afin de pouvoir observer le nid sans perturber les oiseaux. Tout semble bien aller ici.
Les choses ne vont pas aussi bien au prochain site, à quelque vingt minutes de marche. En effet, les pluviers crient et courent frénétiquement sur la plage, parce qu'un couple se chauffe au soleil dans la zone interdite. Jennifer explique aux gens pourquoi ils doivent quitter cette zone. Comme ils quittent la zone, un autre couple s'approche; Jennifer attend afin de les informer. Ces personnes sont mieux renseignées sur les pluviers, et elles espéraient justement en voir un. Les oiseaux se sont quelque peu calmés et se nourrissent au bord de l'eau. Jennifer dit aux gens qu'ils ne devraient pas trop s'approcher des oiseaux pour éviter de les perturber davantage.
Jennifer doit compter les oeufs dans ce nid ou, à tout le moins, vérifier que le nid est encore en bon état, mais elle ne veut pas en préciser l'endroit exact pour éviter que les gens ne s'en approchent. Elle attend donc d'être seule, et elle trouve le nid qui renferme trois oeufs; cependant, elle voit des empreintes de renard à moins de 3 mètres du nid. Elle recommandera l'installation d'un exclos autour de ce nid, et elle reviendra sous peu avec des collègues pour en installer un.
Installation de l'exclos pour nid de pluvier. L'exclos n'empêche pas les pluviers d'aller et venir à leur guise, mais il tient les prédateurs à l'écart, de sorte que les oiseaux sont mieux protégés pendant la période de nidification .
© Parcs Canada / Barrett et MacKay, 2002
Baguage
Le baguage est l'un des moyens les plus utiles de surveiller le progrès des efforts de rétablissement du Pluvier siffleur. Le Service canadien de la faune a commencé le programme de baguage en 1998, et le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard y participe depuis le tout début. Avant d'installer la bague, il faut enregistrer son numéro, de mème que la date et l'endroit où le baguage s'effectue. Ce programme a permis de mieux comprendre le comportement du pluvier. Par exemple, une femelle baguée en mai 2002 à l'Île-du-Prince-Édouard a été retrouvée en octobre à l'île « Little Talbot », en Floride!
Baguage d'un oisillon .
© Parcs Canada
Recensement
En 2002, on a dénombré moins de pluviers siffleurs sur les plages de l'Île-du-Prince-Édouard (101 par rapport à 112 en 2001), mais plus de couples nicheurs (45 par rapport à 41 en 2001), ce qui signifie que plus d'individus ont trouvé des compagnons et construit des nids. La situation s'améliore très lentement, et il faudra du temps, de la patience et la collaboration d'un grand nombre de personnes et de groupes pour continuer en ce sens.
Ce que vous pouvez faire pour aider
Rien de plus facile que d'aider au rétablissement du Pluvier siffleur. Le simple fait de rester à l'écart des aires de nidification favorise grandement le rétablissement de cette espèce en péril. Si vous vous trouvez sur une plage où nichent des Pluviers siffleurs, vous pouvez aider en respectant les panneaux d'interdiction et en informant d'autres personnes sur la situation du pluvier.
Dans le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard, des panneaux d'information sont érigés pour renseigner les utilisateurs et les visiteurs, surtout près des zones fermées sur les plages où nichent les pluviers. Voici les panneaux que vous verrez sur les plages du parc :
Voici les panneaux que vous verrez sur les plages du parc .
© Parcs Canada / 2002
Et voici le genre de panneau que vous verrez sur les plages à l'extérieur du parc :
Voici le genre de panneau que vous verrez sur les plages à l'extérieur du parc .
© Parcs Canada / 2002
Pour en apprendre davantage
Les sites Internet suivants renferment des renseignements sur le Pluvier siffleur et sur les efforts déployés pour rétablir cette
espèce en danger de disparition :
Parcs Canada - Espèces en péril
( www.pc.gc.ca/especesenperil )
Service canadien de la faune
( www.cws-scf.ec.gc.ca/ )
Site du gouvernement du Canada sur les espèces en péril au Canada
( www.especesenperil.gc.ca )
Island Nature Trust
( www.peisland.com/nature ) (en anglais seulement)
COSEPAC
( www.cosepac.gc.ca )