Parc national du Canada de la Pointe-Pelée

Migration printanière

Nombre d'oiseaux à la pointe Pelée et arrivée des migrateurs

À la pointe Pelée, on a répertorié au total 364 espèces d'oiseaux, dont 340 au cours de la période de migration printanière. Les oiseaux n'arrivent toutefois pas en un flot continu en provenance du sud. Ils viennent habituellement par vagues intermittentes, un phénomène unique à l'est de l'Amérique du Nord. Certaines années, ces vagues sont bien marquées, mais d'autres années, les fluctuations dans les nombres et les espèces sont si faibles qu'il est difficile de détecter une vague. Une « vague » se produit lorsqu'un front chaud, venant du sud ou du sud-est, rencontre un front froid en provenance du nord ou du nord-ouest. Deux situations font en sorte que les oiseaux doivent se poser : lorsque les deux fronts se rencontrent au niveau du sol et lorsque le front chaud dans lequel les oiseaux migrateurs volent passe au-dessus d'un front froid. L'air chaud ascendant devient de plus en plus froid en altitude jusqu'à ce qu'il soit finalement trop froid et que les oiseaux soient forcés de faire escale.

Si les migrateurs nocturnes se trouvent au-dessus du lac Érié, peu avant le lever du soleil, ils doivent poursuivre leur vol ou ils risquent la noyade. Après avoir parcouru des centaines de milles en une nuit, ils puisent dans leurs dernières forces pour parcourir cette distance supplémentaire de 30 à 40 kilomètres au-dessus du lac. C'est pourquoi on trouve parfois des oiseaux exténués au bout de la Pointe. Une situation semblable se produit, mais sur une plus grande échelle, lorsque les migrateurs traversent le golfe du Mexique (800 à 1 000 kilomètres). Si le temps est favorable, ils continuent à l'intérieur des terres sans s'arrêter, mais si le vent du nord et la pluie se mettent de la partie, les oiseaux doivent s'arrêter sur la côte en très grand nombre, souvent épuisés. Au printemps, tout le monde souhaite l'arrivée d'une grosse vague de migrateurs obligés de faire escale à la pointe Pelée, comme cela s'est produit du 9 au 12 mai 1952.

Cette année-là, les relevés indiquent entre autres la présence de 1 000 parulines noir et blanc et de 20 000 bruants à gorge blanche. Une vague semblable s'est produite du 12 au 15 mai 1978. Le 12 mai, les observateurs ont vu clairement 3 000 orioles du Nord pris dans un mouvement de migration inversée au bout de la Pointe, tandis que le décompte de martinets ramoneurs atteignait 900, pour cette journée seulement. Le 15 mai 1978, dans le secteur de la Pointe, on a compté entre autres 80 coulicous à bec jaune, 70 piouis de l'Est et 250 tangaras écarlates.

Mentionnons d'autres arrivées massives pour certaines espèces comme les cygnes siffleurs (2 500), les becs-scie à poitrine rousse (100 000), les courlis corlieu (500), les pics flamboyants (250), les hirondelles de rivage (12 000), les viréos aux yeux blancs (50), les parulines à capuchon (18) et les parulines du Kentucky (13).