Parc national du Canada de la Pointe-Pelée

L'histoire humaine

L'histoire ancienne

Les premiers habitants de la pointe Pelée ne tardèrent pas à exploiter les abondantes ressources alimentaires que renfermaient le rivage et les marais.

La période préeuropéenne

On ne sait pas exactement à quand remonte la présence humaine à la pointe Pelée, mais il se peut que l'occupation préeuropéenne date de plusieurs milliers d'années.

Des campements autochtones de l'an 600 de notre ère ont été trouvés près du marais. Les découvertes faites sur ces sites laissent supposer qu'ils étaient occupés l'été par de petits groupes nomades qui puisaient dans le marais une bonne partie de leur nourriture. Leur régime alimentaire se composait surtout de rats musqués, de poissons et de tortues.

Le plus grand des sites archéologiques découverts a été occupé entre 700 et 900; c'est l'endroit de la pointe que les Autochtones ont le plus utilisé pendant la période préeuropéenne.

Image historique
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© Parcs Canada/CD-0277-71

Les Autochtones aménageaient aussi des campements près du marais, ce qui semble indiquer qu'ils consommaient beaucoup de plantes et d'animaux aquatiques, comme leurs ancêtres. Mais au contraire des groupes d'habitants qui les avaient précédés, ils chassaient aussi les gros mammifères tels que le chevreuil. Les escargots terrestres étaient également très appréciés, si l'on en juge d'après la quantité considérable de coquilles mises au jour.

Les Autochtones dont nous parlons ici semblent n'avoir pratiqué aucune agriculture, à l'instar de leurs prédécesseurs. Mais on sait qu'ils cueillaient des fruits comme les noix des noyers noirs et des noyers cendrés. Le riz sauvage dont débordait autrefois le marais était peut-être aussi à leur menu.

La dernière partie de la période préeuropéenne s'étend de 900 à 1600; elle se distingue des autres par un changement culturel majeur. À la fin du Xe siècle, le nombre des lieux d'habitation saisonniers avait augmenté d'une manière importante. Ceux qui les occupaient utilisaient les mêmes sources d'alimentation que les populations précédentes, mais ils pratiquaient aussi l'agriculture d'une façon limitée, semble-t-il (ils auraient été les premiers à le faire). Il se peut toutefois que le maïs dont des traces ont été trouvées n'ait pas été cultivé à la pointe Pelée et qu'il ait été " importé " d'une région au sol plus propice à sa culture.

D'après les fouilles, la pointe Pelée aurait été peu fréquentée entre 1100 et le début de la période historique; seulement deux petits campements de chasse saisonniers appartenant à cet espace de temps ont été découverts. Les archéologues pensent qu'on évitait peut-être de fréquenter la pointe Pelée, pendant ces siècles, parce qu'elle aurait été une zone tampon entre deux groupes en guerre. Au XVIIe siècle, quand les Européens arrivèrent, la partie méridionale du bassin des Grands Lacs était occupée par des groupes qui préféraient vivre dans des villages plus permanents que des campements et pour lesquels l'agriculture, dans leur vie quotidienne, était aussi importante que la chasse.

La période historique

Le premier document écrit attestant la présence d'Autochtones à la pointe Pelée date de 1799 et est l'oeuvre d'un arpenteur, Abraham Iradell, selon qui la pointe était habitée par un certain nombre de familles autochtones vivant dans des cabanes de bois et cultivant le maïs.

Au début du XIXe siècle, un voyageur déclara avoir observé à la pointe Pelée un établissement dont la population, environ 100 Chippewas, était principalement occupée à chasser et à pêcher, mais cultivait aussi un peu le maïs et l'avoine.

Image historique
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© Parcs Canada/CD-4263-5

À bien des égards, la rencontre des Autochtones fut profitable aux Européens. Ce sont les Autochtones par exemple qui firent connaître aux premiers négociants en fourrures la route de portage qui traversait le marais et permettait d'éviter les courants dangereux de la pointe de la péninsule. Ce sont les explorateurs français qui empruntaient cette route qu'ils baptisèrent la péninsule " pointe Pelée ". Selon des descriptions anciennes et des études géologiques récentes, la pointe, à cette époque, était beaucoup plus longue qu'aujourd'hui; sur quelques milles, son extrémité abritait, au mieux, une végétation peu abondante, semble-t-il.

Mais les relations entre les Autochtones et les Européens ne furent pas toujours harmonieuses.

En 1763, un détachement des Royal Americans et des Queen's Rangers que commandait le lieutenant Abraham Cuyler et qui allait de Niagara à Détroit, établit un camp sur le côté est de la péninsule. Profitant de la nuit, des hommes de Pontiac (c'était pendant le soulèvement provoqué par le célèbre chef amérindien) attaquèrent cette troupe et, même si l'affrontement fut bref, lui infligèrent de lourdes pertes.

Mais cette attaque ne contribua pas à améliorer le sort des rares Autochtones de la pointe Pelée. Au XIXe siècle, leur population diminua. Selon le recensement de 1861, il y avait cinq familles autochtones dans la région de la pointe Pelée; en 1871, on n'en a recensé aucune.

Reproduit de Where Canada Begins, par James Robertson Graham, avec la permission des Friends of Point Pelee.