Parc national du Canada des Mille-Îles

Gestion du parc

Plan directeur du parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent 2010

icône PDF Version imprimable (4.1 Mo)

Qu’est-ce qu’un plan directeur?

Le plan directeur d’un parc est un document qui en établit l’orientation pour les années à venir. Il décrit les objectifs du parc et les mesures nécessaires pour préserver l’environnement naturel et fournir des services pertinents à la population. La prise de décisions touchant l’utilisation du territoire, la recherche et les programmes repose sur le plan directeur le plus récent. Il est mis à jour tous les cinq ans afin de tenir compte des changements locaux, régionaux et nationaux dans l’environnement, la société et l’économie.

Introduction

Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
© B. Morin

Depuis sa création en 1904, la communauté a toujours joué un rôle clé dans le développement du parc national des Mille-Îles (PNISL) tel qu’on le connaît aujourd’hui. Beaucoup de groupes, d’organisations et d’autres partenaires ont aidé le parc national des Mille-Îles à trouver l’équilibre entre la protection de la région des Mille-Îles et le fait de permettre à la population de continuer à profiter de cet endroit exceptionnel.

Au fil des ans, le parc a connu beaucoup de changements à l’échelle locale, régionale et nationale. Les changements dans l’environnement et dans la société canadienne s’accélèrent avec l’urbanisation rapide, le stress croissant sur les écosystèmes naturels et la prise de conscience de la fragilité du lien entre la santé écologique et la qualité de vie durable. Le plan directeur traite du rôle que jouera le parc national dans l’avenir pour ce qui est d’offrir aux Canadiens des avantages et des services pertinents; il porte aussi sur son engagement à travailler avec les communautés, les organisations et les individus à la préparation d’un avenir durable et au maintien ou à l’amélioration de l’intégrité écologique du parc.

Vision : Le parc en 2015


© Parks Canada
Un milieu de vie à la rencontre de la terre et de l’eau

Le parc national des Mille-Îles est l’endroit où les os de la Terre, notre Mère, émergent des eaux de l’un des plus grands fleuves du monde. Longtemps considérée comme une région sacrée et un lieu de rencontre pour les Autochtones en raison de sa beauté naturelle et de sa richesse, la région des Mille-Îles, représentée par le parc, est un héritage qu’il faut chérir, apprécier et protéger pour le bénéfice de tous. Le parc est un lieu de beauté et l’hôte d’une immense diversité de plantes et d’animaux qui évoluent dans un écosystème dont la santé est relativement bonne. C’est un modèle de respect et de responsabilité envers la terre qui permet le maintien de la vie.

Le parc national des Mille-Îles a été créé pour permettre aux Canadiens d’apprécier nos richesses naturelles et d’en profiter, et pour attirer les visiteurs afin qu’ils tirent un apprentissage et une expérience enrichissante de la région. Partenaire de la communauté, le parc unit les efforts de beaucoup de gens en vue d’assurer la gestion du paysage de manière durable et favorise la collaboration entre les gouvernements, les organisations et les communautés. C’est aussi une vitrine régionale connue dans tout le Sud de l’Ontario et dans la région de la capitale nationale pour ses expériences exceptionnelles, ses programmes créatifs et inspirants, sa gestion progressive de l’écosystème et son leadership en matière d’intendance.

Le parc national des Mille-Îles est un ambassadeur pour Parcs Canada. On y célèbre le savoir traditionnel et la culture des Autochtones. Il est un modèle d’intendance par son action et par les expériences mémorables qu’il offre aux visiteurs au sein d’un paysage durable.   

Les parcs sont créés à l’intention du peuple canadien pour son agrément et l’enrichissement de ses connaissances; ils doivent être entretenus et utilisés conformément à la présente loi et aux règlements de façon à rester intacts pour les générations futures

Loi sur les parcs nationaux du Canada  – disposition sur l’usage public des parcs

Partenariats avec les Autochtones

Programmes pour tous les âges.
Programmes pour tous les âges.
© B. Morin

La présence des Autochtones dans cette région remonte à 7000 ans. Les Premières nations nous livrent un profond message d’intendance, fondé sur le respect et la responsabilité à l’égard de la terre. Nous proposons que, par le biais de partenariats, les visiteurs et les résidents apprennent des Mohawks d’Akwesasne les usages qu’ils faisaient autrefois du paysage et ceux qu’ils en font aujourd’hui, notamment les noms des lieux traditionnels et l’utilisation des plantes. Les pratiques de gestion des ressources, l’expérience du visiteur et les programmes éducatifs seront enrichis par cette intégration du savoir traditionnel autochtone.

Pour l’agrément et l’enrichissement des connaissances des Canadiens

Programs for all ages.
Programme de diffusion externe au belvédère de la baie Landon.
© B. Morin

Le parc national des Mille-Îles s’engage à préserver et à célébrer les valeurs et les atouts de la région des Mille-Îles avec les communautés locales. Dans une société qui s’urbanise rapidement, le parc doit réagir rapidement aux besoins des Canadiens des milieux urbains ainsi qu’à ceux des résidents et des utilisateurs traditionnels.


Un lien puissant unit les gens à ce paysage et il faut le dire. En invitant des résidents de longue date, des guides de rivières, des agriculteurs, des travailleurs forestiers et des Aînés autochtones à raconter leur histoire, les visiteurs en apprendront davantage sur le patrimoine naturel et culturel de cette région diversifiée. Avez-vous une histoire de famille ou une anecdote à nous faire partager au sujet des Mille-Îles?
Sur la partie continentale
Randonneur au ruisseau Jones.
Randonneur au ruisseau Jones.
© Parcs Canada

Situé aux abords de la capitale nationale et à proximité de grands centres urbains tels que Toronto et Montréal, le PNISL est géographiquement bien placé pour toucher à la fois les citadins, les jeunes et les néo-Canadiens et pour les inciter à vivre l’expérience de la visite d’un parc national. Le PNISL a beaucoup à offrir aux visiteurs terrestres afin qu’ils tirent de la satisfaction et des connaissances des programmes et des activités du parc.

En ce moment, le parc n’a pas de point central, de lieu de réunion pour mobiliser les résidents, les intervenants et les visiteurs. L’acquisition de terres sur le continent est l’occasion idéale de renforcer la présence du parc sur la terre ferme et d’offrir aux visiteurs plus d’expériences mémorables tout en impliquant les résidents, les partenaires autochtones et les intervenants dans un partenariat créatif en matière de conservation. Le parc propose l’aménagement d’un lieu de réunion pour permettre aux résidents et aux visiteurs de se rencontrer et d’engager le dialogue, d’échanger, d’écouter et d’apprendre les uns des autres.

Améliorer les expériences offertes aux visiteurs. Planifier de nouveaux sentiers sur la terre ferme.
Améliorer les expériences offertes aux visiteurs. Planifier de nouveaux sentiers sur la terre ferme.
© Parcs Canada

Dans un proche avenir, résidents et visiteurs feront l’expérience du parc en faisant de la randonnée pédestre dans les sentiers continentaux dont l’aménagement est en cours à Jones Creek et à Landon Bay, deux des plus beaux secteurs des Mille-Îles. Aux deux endroits, les sentiers conviendront à des marcheurs de différents niveaux et offriront diverses activités éducatives et récréatives. Il est proposé que les activités de la partie continentale du parc soient offertes durant toute l’année aux résidents et aux visiteurs, qui pourront ainsi profiter davantage de ce parc national.

Même si le parc peut adopter certaines mesures pour restaurer l’intégrité écologique des écosystèmes sur ses terres, il est proposé que la mesure la plus importante à prendre pour assurer la santé du parc à long terme soit de sensibiliser les résidents et de continuer à bâtir une culture de la conservation et de l’utilisation durable des ressources. Ces efforts de diffusion externe doivent mener à l’amélioration de la connectivité entre les habitats à l’intérieur du paysage et à une meilleure compréhension de la nécessité de mesures de gestion variées à l’intérieur du parc. Ces efforts doivent finalement aboutir à l’amélioration de l’intégrité écologique et à la promotion des communautés durables. 

Assurer l'équilibre entre les besoins des plaisanciers et la protection des ressources.
Assurer l’équilibre entre les besoins des plaisanciers et la protection des ressources.
© B. Morin
Sur les îles

Il est proposé que les utilisateurs insulaires aient le choix entre deux différentes expériences, chacune étant aussi attrayante que l’autre à sa manière. À la suite d’une évaluation des besoins des plaisanciers visitant le parc, des impacts de la présence de visiteurs et de la capacité opérationnelle du parc, nous avons mis au point deux modèles de services qui constituent un juste milieu entre les besoins des plaisanciers et l’intégrité écologique de ces précieuses îles.

La proposition est que la majorité des îles du parc reflètent l’environnement naturel que beaucoup de visiteurs ont dit préférer.

  • toilettes à compostage
  • sites de camping rustique
  • obligation de rapporter ses déchets
  • brochures pour sentiers autoguidés
  • génératrices interdites
  • achat possible de bois de feu
  • possibilité d’amarrage diurne
  • bouées d’amarrage

Trois îles (Grenadier, McDonald et Beaurivage) offriront d’autres services, notamment :

  • sites de collecte de déchets;
  • eau potable;
  • utilisation possible d’une génératrice.

En réponse aux préoccupations exprimées par les visiteurs concernant le respect du parc et des autres visiteurs, le parc propose d’approfondir ses recherches sur la façon de favoriser une utilisation convenable et sécuritaire du parc. Nous prévoyons évaluer tous les aspects de l’accès aux îles (désignation des zones d’ancrage et d’amarrage, aménagement des quais, etc.). Nous avons discuté de la possibilité d’affecter danvantage de quais à l’utilisation diurne et des aspects liés à la sécurité concernant les grandes embarcations amarrées à des petits quais.

Cette approche concernant les îles permet un équilibre entre l’intégrité des ressources naturelles et culturelles, la capacité du parc, les possibilités éducatives et l’agrément des plaisanciers.

Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
© Francis / Leggo

Préserver notre héritage naturel

Technologie verte – éolienne à Mallorytown Landing.
Technologie verte – éolienne à Mallorytown Landing.
© Parcs Canada

Le parc national des Mille-Îles est un élément crucial du corridor faunique Algonquin-Adirondacks. Il fait partie intégrante du paysage et est vulnérable à tout ce qui se passe autour. Comme on peut s’y attendre, une évaluation de l’état du parc a permis d’établir que la perte et la fragmentation de l’habitat, combinées aux changements environnementaux physiques comme le changement climatique et l’introduction d’espèces exotiques, sont des enjeux de taille qui ont une incidence sur le bien-être futur du parc et de la région. Le parc adoptera des mesures de gestion prioritaires pour restaurer et améliorer l’intégrité écologique à l’intérieur de ses limites.

Les toilettes à compostage sont appréciées des visiteurs.
Les toilettes à compostage sont appréciées des visiteurs.
© Parcs Canada

En conséquence, nous proposons :

  • d’étudier et de surveiller les enjeux écologiques pertinents, y compris les valeurs, les besoins et les désirs du public;
  • d’élaborer les plans d’action appropriés en vue du rétablissement des espèces en péril;  
  • de nous porter chefs de file en matière d’utilisation de technologies vertes et de saines pratiques d’intendance;
  • de travailler avec les résidents et les organismes communautaires à promouvoir l’intendance du paysage;
  • de consacrer la vocation du parc comme centre d’expertise scientifique en matière d’écosystème dans la région et comme partenaire de choix avec d’autres organisations liées à ce paysage; 
  • de nous engager dans la restauration et l’amélioration des habitats, le contrôle des espèces surabondantes et le rétablissement du feu comme outil de gestion du parc, afin d’améliorer à long terme l’état écologique du paysage; 
  • d’offrir aux visiteurs et aux résidents des possibilités éducatives fondées sur l’écocivisme, des pratiques d’intendance écologiques et de l’information scientifique fiable.
Collaborer avec les voisins – planter des fleurs sauvages à Mallorytown Landing.
Collaborer avec les voisins – planter des fleurs sauvages à Mallorytown Landing.
© Parcs Canada

Nous allons aider le public à comprendre la fragilité des écosystèmes et des liens entre la santé écologique et la qualité de vie durable. Avec votre appui et votre aide, nous allons conserver notre patrimoine naturel pour les générations futures. 


Espèces surabondantes
Réhabilitation des berges à Mallorytown Landing.
Réhabilitation des berges à Mallorytown Landing.
© Parcs Canada

Une espèce surabondante est une espèce dont la population a atteint une abondance telle qu’elle excède la capacité du milieu à lui fournir un habitat convenable et suffisant. Après plusieurs années de surveillance et d’étude du cerf de Virginie dans le parc, on a conclu que la population de cerfs de l’île Hill a un impact environnemental considérable. Le parc analyse des options visant à restaurer l’équilibre écologique de l’île Hill, notamment d’éventuelles mesures de réduction de la harde.

Zonage des terres
Essentiels à la survie de diverses espèces végétales et animales, les milieux humides subissent des pressions.
Essentiels à la survie de diverses espèces végétales et animales, les milieux humides subissent des pressions.
© Parcs Canada

Le zonage est une démarche de classification des terres conforme aux exigences de protection des ressources et à la capacité de chaque endroit à composer avec la vocation qu’on lui attribue. En se fondant sur le plan directeur de 1998, il est proposé que le plan de zonage du PNISL soit simplifié de manière à refléter avec précision les objectifs de gestion des terres du parc. La zone 2, réserve intégrale, sera le niveau de protection fondamental; la zone 1 servira à protéger des ressources vulnérables; la zone 3 sera créée où les services seront concentrés. La composante Mallorytown Landing demeurera zone 5, aire de service du parc. Pour de plus amples renseignements, consultez nos politiques sur les parcs nationaux.

Carte
Acquisition de terres

Nous proposons que l’acquisition de terres se fasse uniquement à des fins écologiques ou d’amélioration des expériences offertes aux visiteurs.
Les terres seront cédées ou acquises par entente de gré à gré. Les terres dont le parc a fait ou fera l’acquisition seront placées sous la protection de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. Cette mesure entraînera l’obligation de préserver et de protéger ces terres pour toujours.

Influence régionale
Vue depuis le belvédère de la baie Landon.
Vue depuis le belvédère de la baie Landon.
© B. Morin

Les terres fragmentées que possède le parc sont trop petites et trop isolées les unes des autres pour permettre le maintien de l’intégrité écologique sans aide extérieure. Nous proposons qu’à titre de principale aire protégée au sein de la réserve de la biosphère de l’Arche de Frontenac, le parc national des Îles‑du‑Saint-Laurent travaille en collaboration avec des partenaires, les communautés locales et les propriétaires fonciers de la région à encourager les décisions et les pratiques responsables en matière d’utilisation des terres. Le parc est hautement tributaire des communautés environnantes pour ce qui est du maintien et de l’amélioration de l’intégrité écologique de ses écosystèmes. À long terme, la santé écologique de la région a un impact direct sur la qualité de vie de ses habitants et dépend de l’appui, de l’enthousiasme et de l’engagement des propriétaires fonciers et des résidents.

Rôle international

L’emplacement du parc sur une frontière internationale et en plein cœur de la réserve de la biosphère de l’Arche de Frontenac (UNESCO) lui confère une visibilité internationale. Nous proposons de continuer à travailler en collaboration avec les organismes de conservation de l’État de New York et des États-Unis à des enjeux communs qui nécessitent une coopération internationale pour arriver à des solutions efficaces. Le parc propose également de poursuivre son étroite collaboration avec les organisations du réseau des réserves de la biosphère et d’autres intervenants voués au développement durable.

Propriétés administrées par Parcs Canada - Îles Main Duck et Yorkshire, et zone de conservation de Skoryna au lac Beverly inférieur

Le plan directeur confirmera le rôle du parc comme gardien de ces propriétés afin que leur avenir ne soit pas compromis. 

Tique occidentale à pattes noires et maladie de Lyme

La tique occidentale à pattes noires et la maladie de Lyme sont maintenant présentes dans toute la région de l’Arche de Frontenac. Le parc, dans un effort collectif de sensibilisation du public, appuiera Santé Canada, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, les bureaux de santé de l’Ontario, les exploitants d’entreprises touristiques ainsi que d’autres intervenants.


Discussions sur le projet d'écocivisme avec des propriétaires fonciers.
Discussions sur le projet d’écocivisme avec des propriétaires fonciers.
© Parcs Canada
Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
© Parcs Canada