Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
Population de tortues en crise
Des recherches sur les tortues permettent de déceler des tendances alarmantes
La chercheuse Marie-Andrée Carrière tient un récepteur au dessus de l’eau pour localiser une des 22 tortues géographiques du fleuve Saint Laurent qui portent un transmetteur. Chaque transmetteur a sa fréquence propre, afin de permettre le suivi et la localisation de chaque tortue.© Parcs Canada
Les tortues ont des problèmes. Leur nombre tombe en flèche et si les résidants, visiteurs et membres personnel du parc ne les aident pas, certaines espèces pourraient disparaître du secteur.
Ce n’est qu’un aspect du troublant portrait que vient de tracer Marie Andrée Carrière, qui étudie les tortues du fleuve Saint Laurent. Mme Carrière, étudiante à la maîtrise à l’Université d’Ottawa, travaille en collaboration avec le parc national des Îles du Saint Laurent pour étudier la tortue géographique et la tortue musquée, deux espèces en péril du Canada dont on connaît mal les populations et les habitudes.
Depuis l’été dernier, Mme Carrière et les membres de son équipe se dévouent, par tous les temps, pour attraper des tortues – en bateau, à la nage ou en plongée. Ils poursuivront cette année la première recherche approfondie sur ces timides reptiles.
Carine Verly est aide de terrain à l’Université d’Ottawa. Elle tient l’une des 210 tortues géographiques attrapées et mesurées l’été dernier. Les données recueillies permettront d’élaborer un programme de rétablissement pour cette espèce en péril.© Parcs Canada
Ce sont les taux de mortalité chez les tortues qui suscitent le plus d’inquiétude jusqu’à maintenant. Comme les tortues vivent longtemps et que leur croissance est lente, même une petite augmentation du taux de mortalité peut faire basculer une population dans le camp des espèces disparues d’un endroit donné.
L’été dernier, en moins de trois semaines, Marie Andrée Carrière a recensé plus de 15 tortues noyées dans une seule baie; les animaux étaient coincés dans des pièges placés sous l’eau. Il s’agit d’une perte immense pour une population si petite.
« Comme les humains, les tortues ont des poumons et doivent sortir de l’eau pour respirer », explique Mme Carrière. « Quand elles ne peuvent pas remonter à la surface, elles se noient ». Ses travaux amèneront peut-être les pêcheurs à relever leurs pièges l’an prochain pour permettre aux tortues piégées de respirer.
Un nombre étonnant de tortues portent également des marques physiques résultant des activités humaines. On peut voir sur leurs carapaces les traces des moteurs de bateaux, blessures subies alors qu’elles nagent dans des endroits très fréquentés, l’été.
On s’apprête à fixer un transmetteur à la carapace de cette tortue femelle avant de la relâcher dans le fleuve Saint Laurent. Les transmetteurs sont fixés aux tortues en vue d’une étude qui durera deux ans.© Parks Canada
Mais les moteurs de bateaux ne constituent pas la menace la plus importante pour les populations de tortues, rappelle Mme Carrière. Au printemps, lorsque les femelles sortent de l’eau pour pondre, un grand nombre d’entre elles sont tuées en traversant la rue pour chercher un endroit où faire leur nid. Comme il faut 10 ans à une tortue géographique pour devenir adulte, lorsque l’une d’elle est tuée sur la route, c’est une perte énorme. On perd non seulement un individu reproducteur, mais tous les oufs qu’il porte.
Aidez une tortue à traverser la rue. Protégez un milieu humide. Si nous ne les aidons pas, les tortues sont condamnées.
Vous vous demandez ce que vous pouvez faire? Au printemps, ralentissez! Soyez attentifs aux panneaux qui signalent les habitats où les tortues préfèrent nicher et évitez les tortues qui se trouvent sur la route. Arrêtez vous et aidez la tortue à traverser, si vous pouvez le faire sans danger.
Pour obtenir de plus amples renseignements quant aux études portant sur les tortues dans le parc national des Îles du Saint Laurent, veuillez communiquer avec Marie Andrée Carrière à mcarr052@uottawa.ca ou téléphoner au 923-5261.
Attention aux voitures!© Parcs Canada
Aidez une tortue à traverser la rue
Attention aux voitures! Assurez vous de pouvoir vous arrêter et aider la tortue en toute sécurité.
Déplacez la tortue dans la direction qu’elle suivait déjà. Sinon, elle fera probablement demi tour pour tenter sa chance de nouveau.
Ne soulevez jamais une tortue par la queue. Elles sont lourdes et vous pourriez lui disloquer une vertèbre et la tuer. Il faut les soulever par la carapace, près de la queue (pour éviter les morsures).
Attention aux morsures – les tortues ont de longs cous et des becs coupants!
Si vous utilisez une pelle pour déplacer une tortue, tenez la pelle près du sol, au cas où la tortue bougerait.