Parc national du Canada des Mille-Îles

Puissant malgré sa petite taille

Le pygargue à tête blanche plane de nouveau au dessus du Saint-Laurent, mais ses populations demeurent peu abondantes

Le pygargue à tête blanche atteint la  maturité sexuelle vers quatre ou cinq ans, au même moment où sa tête devient  blanche. Il se cherche alors un ou une partenaire et un territoire de  nidification. Un seul couple a niché avec succès dans le Saint-Laurent depuis  1999 – les premiers pygargues à le faire depuis plus de 60 ans.
Le pygargue à tête blanche atteint la maturité sexuelle vers quatre ou cinq ans, au même moment où sa tête devient blanche. Il se cherche alors un ou une partenaire et un territoire de nidification. Un seul couple a niché avec succès dans le Saint-Laurent depuis 1999 – les premiers pygargues à le faire depuis plus de 60 ans.
© Parcs Canada

Puissant et impressionnant, le pygargue à tête blanche est encore rare le long du cours supérieur du fleuve Saint-Laurent.

Depuis 1999, un seul couple de pygargues niche dans les Mille-Îles. Cependant, comme l’espèce a été complètement absente de la région pendant plus de 60 ans, le fait qu’un couple ait réussi à produire entre un et trois jeunes par année au cours des cinq dernières années est de bon augure.

Malheureusement, dans l’ensemble, le rétablissement du pygargue à tête blanche dans la zone contaminée par les DDT a été lent. Le nid de pygargue découvert dans le Saint-Laurent fait partie d’une étude visant à découvrir pourquoi.

La durée de vie normale d’un pygargue à tête blanche est de 25 à 30 ans, mais il semble bien que les pygargues de l’Ontario ne vivent pas beaucoup plus que 15 ans. On pense qu’ils meurent jeunes à cause d’un empoisonnement au plomb et au mercure.

Des études ont démontré que les petits pygargues éclos dans le Saint-Laurent ne présentent pas un niveau élevé de contamination par les métaux lourds à la naissance. Par conséquent, le danger pour la santé se développe pendant la croissance et provient probablement de l’environnement, c’est-à-dire de la nourriture qu’ils consomment.

Comme le pygargue voyage dans tout le continent, il est difficile de déterminer la provenance de la nourriture contaminée. C’est à ce problème que s’attaque le projet de suivi des pygargues à tête blanche, que dirige Bird Studies Canada. Les jeunes pygargues sont munis d’émetteurs satellites, achetés grâce aux dons recueillis auprès d’organisations locales et de membres de la communauté,  et sont suivis pendant un maximum de cinq ans.

Jusqu’ici, le projet a démontré comme prévu que la plupart des jeunes pygargues à tête blanche aiment parcourir l’Est de l’Amérique du Nord. Regal, l’aigle du Saint-Laurent munie d’un émetteur en juin dernier, faisait exception à la règle. Jusqu’à ce que son émetteur flanche (pour des raisons inconnues), en janvier, Regal est restée assez près de son lieu de naissance. Peut être parce que son nid, dans le Saint-Laurent, constituait un excellent site d’hivernage pour les pygargues qui se rassemblent dans les zones d’eau libre pour pêcher.

Regal, un des trois  pygargues nés dans le fleuve Saint-Laurent l’été dernier, portait un émetteur  dorsal qui permettait de suivre ses mouvements. Les chercheurs espèrent en  apprendre plus au sujet de la migration et des aires d’alimentation des  pygargues dans le cadre d’un effort international visant à mieux protéger cette  espèce majestueuse.
Regal, un des trois pygargues nés dans le fleuve Saint-Laurent l’été dernier, portait un émetteur dorsal qui permettait de suivre ses mouvements. Les chercheurs espèrent en apprendre plus au sujet de la migration et des aires d’alimentation des pygargues dans le cadre d’un effort international visant à mieux protéger cette espèce majestueuse.
© Parcs Canada / Pete Nye

Le poisson ainsi pêché et le plomb que certains renferment pourraient être la principale cause de mortalité chez les pygargues en Ontario. La contamination par le plomb peut se produire dans n’importe quelle rivière, n’importe quel lac où les gens pêchent. Un seul plomb de pêche, avalé par un poisson lui-même mangé par un pygargue, peut tuer ce dernier en quelques semaines. Cela peut sembler exagéré, mais c’est vrai. La bonne nouvelle, c’est que ce problème est facile à résoudre : il existe de nombreux « plombs » faits de métaux non toxiques comme l’étain, le bismuth, le tungstène et l’acier.

Par ailleurs, l’empoisonnement au mercure est plus difficile à contrôler. La majorité de la contamination par le mercure provient de l’atmosphère et la coupable, c’est l’industrie.

Les données recueillies en suivant les jeunes pygargues du Saint-Laurent contribueront à assurer la protection de l’espèce et de son habitat – l’objectif principal du Groupe de travail international sur le pygargue à tête blanche du Saint Laurent, composé d’organismes gouvernementaux et non gouvernementaux de l’Ontario et de l’État de New York. Bientôt, espère t on, il y aura beaucoup plus de nids de cet oiseau majestueux le long du fleuve Saint Laurent.

Pour plus d’information sur la contribution du parc national des Îles du Saint-Laurent au projet de suivi des pygargues à tête blanche, composer le (613) 923-5261.

Tant que leurs émetteurs continueront de fonctionner, on pourra suivre les pygargues du Saint Laurent sur le site www.bsc-eoc.org grâce au « Eagle Tracker ». Un ou deux autres petits du nid du Saint-Laurent seront munis d’émetteurs au début de l’été qui vient.