Parc national du Canada des Mille-Îles

Merveilles naturelles et trésors culturels

L'énoncé d'intégrité écologique (ÉIÉ) du parc national des Mille-Îles a été rédigé en février 1999. Il résume les principales valeurs écologiques du parc et énonce les buts et objectifs de gestion à atteindre pour assurer la santé écologique et la représentativité du parc. Voici les grandes lignes de ce document.

Principales valeurs écologiques
Principales menaces à l'intégrité écologique du parc
Vision écologique pour le parc national des Mille-Îles
Objectifs de gestion de l'écosystème du parc

Principales valeurs écologiques

Axe de Frontenac
Axe de Frontenac
© Parcs Canada

Deux éléments topographiques dominent le parc, à savoir le fleuve Saint‑Laurent et l’arche de Frontenac. Celle‑ci, dont les îles sont des éléments, consiste en un alignement de sommets arrondis en granite qui relient le Bouclier canadien, au nord, aux monts Adirondacks, au sud. L’arche et ses îles jouent un rôle d’« entonnoir », favorisant le mouvement et la dispersion de la faune dans un secteur fortement urbanisé et occupé par des exploitations agricoles. Quant au fleuve, il joue le rôle de « filtre » ou d’obstacle partiel au mouvement des espèces du nord vers le sud.

Une combinaison de caractéristiques géologiques et climatiques ont donné lieu à une grande variété d'habitats dans le parc. La variété des milieux humides explique la grande diversité de sa flore. Situé dans une zone de transition, le parc, en dépit de sa taille, présente une grande biodiversité et sert d'habitat à des espèces rares comme le pin rigide et l'airelle à longues étamines, qui y sont à la limite septentrionale de leur aire de distribution.

La diversité floristique du parc fournit une foule d'habitats aux populations nicheuses, ce qui explique le grand nombre d'oiseaux qu'on y retrouve. De plus, étant donné que l'axe de Frontenac agit à la façon d'un entonnoir sur les déplacements des espèces, de nombreuses espèces migratrices fréquentent aussi le parc. La région est en outre réputée pour sa grande diversité d'amphibiens et de reptiles, dont la couleuvre obscure et le scinque pentaligne.  

Principales menaces à l'intégrité écologique du parc

Pressions exercées par les visiteurs - étant situé le long d'importants couloirs de transports ainsi que de la frontière canado-américaine, le parc reçoit chaque année quelque 81 000 visiteurs, dont les deux tiers arrivent à bord d'embarcations. Sans contrôle, ces visiteurs pourraient avoir des effets néfastes sur l'écosystème du parc.

Fragmentation, perte et dégradation de l'habitat - la modification progressive de l'environnement physique de la région, notamment sur les rives, a entraîné la fragmentation, la perte et la dégradation des habitats naturels, en plus de contribuer à l'isolement des habitats et des espèces.

Isolement des espèces - tout accroissement de l'isolement physique mène à un isolement génétique et, à long terme, à une diminution de la viabilité des espèces.

Espèces exotiques - divers types d'espèces introduites ont un impact sur l'environnement : végétation (salicaire pourpre), mammifères (chats et les chiens sauvages), oiseaux, poissons, invertébrés (moule zébrée) et même microorganismes (virus du Nil occidental).

Toxines et polluants - la région est touchée par divers facteurs de stress : égouts, systèmes d'évacuation des navires, produits pétrochimiques, pesticides, métaux lourds, précipitations acides et déchets solides. Ces stress affectent la qualité de l'eau et de l'air ainsi que la chimie du sol, et contribuent peut-être à la perte d'habitats, à la pollution atmosphérique et aux changements que connaissent les populations et les communautés.

Impacts directs sur la nature - l'accessibilité de la région contribue à l'augmentation du nombre des incidents associés au braconnage, des décès causés par des véhicules et des perturbations par l'homme. La pêche sportive constitue un facteur de stress additionnel.

Vision écologique pour le parc national des Mille-Îles

L'objectif du parc est de protéger son riche patrimoine naturel et d'encourager le public à le comprendre et à l'apprécier, afin de le léguer intact aux générations futures. Étant donné que le parc est petit et fragmenté, la seule façon d'assurer le maintien de son intégrité écologique consiste à oeuvrer à l'échelle régionale. Les employés doivent donc collaborer avec des partenaires afin de relier le parc aux autres aires protégées importantes, de promouvoir le développement durable dans la région et de trouver des appuis grâce à un programme d'éducation et d'interprétation.

Objectifs de gestion de l'écosystème du parc

  • maintenir ou restaurer la connectivité écologique afin de permettre la circulation des gènes entre les populations
  • maintenir ou restaurer les processus physiques et biologiques naturels, notamment les feux
  • maintenir ou restaurer les communautés végétales indigènes du parc
  • maintenir ou restaurer la faune indigène du parc
  • restaurer dans leur état naturel les secteurs et les communautés endommagés par l'activité humaine
  • réduire les impacts des visiteurs et des activités d'exploitation courantes sur le parc
  • étendre le programme de communications sur les valeurs et les efforts de gestion de l'écosystème du parc