Parc national du Canada des Îles-du-Saint-Laurent
Achat de terres pour le PN des Îles-du-Saint-Laurent
Près de 10 kilomètres carrés de terre ferme ont été ajoutés au parc national des Îles-du-Saint-Laurent en 2005. Ces nouvelles propriétés, situées à Landon Bay, LaRue Mills Creek et Jones Creek, protégeront les habitats d'espèces en péril et des reliefs exceptionnels représentatifs de la région.
Voici la description de quelques-unes des propriétés dont le parc a fait l'acquisition au cours des dix dernières années.
Îles Main Duck et Yorkshire
Île Victoria
Ruisseau de Brooker, île Grenadier
Zone de conservation de Skoryna
Remorqueur de pêche de King Cole©Brian Osborne
Îles Main Duck et Yorkshire
Les îles Main Duck et Yorkshire ont été acquises par Parcs Canada en 1977 à titre de réserves naturelles. Depuis, nous continuons de les gérer en tenant compte de cette vocation.
Ces deux îles font partie du parc national des Îles-du-Saint-Laurent depuis 1998. L'île Main Duck a une superficie de 209 hectares (518 acres) et l'île Yorkshire, tout près, fait environ 18,9 hectares (47,8 acres). Elles sont situées dans une région marine d'une grande richesse biologique, à l'extrémité est du lac Ontario, où l'on espère créer une aire marine nationale de conservation.
Ces deux îles font également partie d'une chaîne d'îles située dans la partie est du lac Ontario qui relie la pointe Prince Edward, près de Picton, Ontario, à Stony Point, New York. Cette chaîne constitue un couloir de migration pour les oiseaux. Pendant les migrations du printemps et de l'automne, de nombreuses espèces y ont été aperçues, dont deux que le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada a désignées comme étant des « espèces canadiennes en péril ». Le bruant de Henslow entre dans la catégorie des espèces « en danger de disparition», le hibou des marais dans celle des « espèces préoccupantes ».
Se déplaçant en canot d'île en île, les Autochtones ont profité pendant des siècles de cette chaîne pour traverser le lac Ontario. Les archéologues ont découvert sur l'île Main Duck des traces d'occupation saisonnière par les peuples de la culture pointe péninsule, des nomades ayant vécu dans la région entre 450 av. J.-C. et 450 apr. J.-C. environ. Des vestiges plus récents témoignent de la présence de la culture owasco (850 - 1050 apr. J.-C.) et des peuples iroquoiens (1250 - 1450 apr. J.-C.).
Cabanes de pêche - rue principale - île Main Duck©Brian Osborne
Le principal chenal de navigation reliant l'est du lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent se trouve juste au sud de l'île Main Duck. Au fil des ans, bien des navires se sont heurtés aux hauts-fonds perfides situés tout près quand de forts vents ou d'épaisses brumes les ont détournés de leur route. Ce cimetière marin renferme les deux-tiers de toutes les épaves du lac Ontario.
Les Européens ont commencé à s'installer dans l'île Main Duck au début des années 1800. Les premiers arrivés étaient des pêcheurs venus y établir un campement de pêche. Originaires du comté de Prince Edward, ils étaient attirés par les frayères et les zones d'alimentation du touladi, du grand corégone, du cisco et de l'anguille qui se trouvaient tout près. L'île offrait aussi un port abrité, appelé Fisherman's Cove (anse du pêcheur), et du bois pour construire abris et navires. En 1856, le capitaine John Walters a construit sur place la goélette Harriet Anne, longue de 45 pieds.
Au début des années 1900, on trouvait un village de pêcheurs dans l'île pendant la saison de la pêche et jusqu'à 60 personnes vivaient dans de petites cabanes regroupées autour du port. Ces pêcheurs pratiquaient également une agriculture de subsistance pour eux-mêmes et pour leurs familles.
Les pêcheurs ont continué de fréquenter chaque année l'île Main Duck même après que John Foster Dulles en a eu fait l'acquisition, en 1941, comme lieu de villégiature. Avocat réputé, Dulles a été secrétaire d'État dans l'administration Eisenhower. En 1960, un collègue de Dulles hérita de l'île que le gouvernement du Canada acheta en 1976 pour l'inclure dans le parc national des Îles-du-Saint-Laurent vingt ans plus tard.

Le juge John Matheson et Mme Edith Matheson, donateurs de l'île Victoria©1999 Photovisions, Brockville
Île Victoria
Cette île de 0,2 hectares (0,5 acres), située au large du parc du Saint-Laurent, du côté ouest de Brockville, a été cédée au parc national des Îles-du-Saint-Laurent par le juge John R. Matheson en novembre 2000. Ancien député du comté de Leeds-Grenville, le juge Matheson était propriétaire de l'île depuis 1959. Le parc utilisera l'île Victoria pour montrer au public l'importance de la protection et de la mise en valeur de secteurs écosensibles des îles de Brockville.
Il n'y a pas de quai sur cette île et le camping y est interdit. L'accès est limité aux kayaks, aux canots et aux petites embarcations.

Ruisseau de Brooker© Parcs Canada
Ruisseau de Brooker, île Grenadier
En mai 1999, 28,4 hectares (70,2 acres) de terres humides écosensibles situées le long du ruisseau de Brooker, sur la rive nord de l'île Grenadier, ont été inclus dans le parc national des Îles-du-Saint-Laurent. La propriété est reliée à d'autres terres humides du parc. Elle est protégée parce qu'elle revêt une grande importance pour la conservation des ressources très fragiles. Deux des espèces d'oiseaux vivant dans le secteur - le petit butor et la buse à épaulettes, sont des « espèces préoccupantes » pour le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Les forêts marécageuses et les marais abritent de nombreuses espèces d'oiseaux nicheurs et s'animent de leurs chants au moment de la migration. Des reptiles, comme la tortue musquée et la tortue de Blanding, de même que plusieurs espèces d'amphibiens, dont diverses grenouilles et salamandres, vivent aussi dans cet habitat très productif.
La propriété n'est pas facile d'accès et bénéficiera d'une protection à titre de terre très fragile.

Le Dr Stanley Skoryna et Mme Jean Skoryna, donateurs de la propriété Skoryna.© Parcs Canada
Zone de conservation de Skoryna
En janvier 2001, Stanley Skoryna a cédé au parc national des Îles-du-Saint-Laurent quelque 223 hectares (550 acres) de terres sur la baie Oak, dans la partie inférieure du lac Beverley. Bien qu'elle soit à l'écart du reste du parc, cette zone est elle aussi située le long de l'axe de Frontenac. Une partie de la propriété se trouve dans les limites d'une « zone d'intérêt naturel et scientifique » et sa partie sud-est est tout à côté de terres humides importantes.
L'importance écologique de cette zone tient à la combinaison d'habitats qu'on y retrouve, notamment des couvertures forestières et des terres humides. On y relève également des éléments inhabituels comme un grand peuplement continu de peupliers à grandes dents, des secteurs où domine la pruche de l'est et des parties présentant les caractéristiques d'une forêt ancienne. La guifette noire, considérée comme une espèce préoccupante en Ontario, a aussi été vue sur la propriété.
Il n'y a pas d'installations d'amarrage ou de camping sur cette propriété et l'accès y est difficile. En raison de son importance sur le plan écologique, elle ne sera probablement pas aménagée pour recevoir des visiteurs.
Secteur de la propriété Skoryna

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