Parc national du Canada de la Péninsule-Bruce

Écologie

Plantes

En raison de la grande variété de fleurs sauvages qu'on y trouve, la péninsule Bruce est unique au Canada. Cette variété est due au fait que sur une étendue relativement restreinte, la péninsule Bruce renferme une diversité exceptionnelle d'habitats, depuis les falaises abruptes de l'escarpement du Niagara jusqu'aux plaines rocheuses plates et sèches que l'on appelle des alvars, en passant par divers types de milieux humides marécageux.

Sabot de la Vierge
Sabot de la Vierge
© Parcs Canada/ Collection BP
L'un de nos grands titres de gloire, c'est la profusion d'espèces d'orchidées que l'on trouve ici. Les orchidées ne sont pas uniquement des plantes tropicales, et il en existe, croyez-le ou non, plus de 60 espèces en Ontario. Environ 43 espèces sont présentes sur la péninsule Bruce, sans doute à cause de la grande variété d'habitats de la région. Ce sont des plantes exigeantes qui poussent souvent en symbiose avec certains types de champignons, ce qui fait qu'elles sont presque impossibles à transplanter. La plante tire des éléments nutritifs du champignon et vice-versa, dans une relation de symbiose.
Cypripède royal
Cypripède royal
© Parcs Canada/ Collection BP

Les orchidées ne sont pas les seules plantes inhabituelles qui poussent sur la péninsule. Celle-ci abrite également près de la moitié des iris nains du monde et la plus grande partie de la population de la cacalie au Canada. On trouve également sur la péninsule plus de 20 espèces de fougères, y compris l'espèce rare de la tripe de roche.

Asplénie chevelue
Asplénie chevelue
© Parcs Canada/ Collection BP

Toutefois, la découverte végétale la plus surprenante faite à la péninsule Bruce est sans doute l'ancien écosystème sur le bord de la falaise. Alors que Doug Larson, de l'Université de Guelph, étudiait l'incidence de l'activité humaine sur le thuya occidental le long de l'Escarpement du Niagara près de Milton, en Ontario, il a découvert un thuya âgé de 511 ans, poussant sur la falaise à quelques kilomètres seulement de l'autoroute 401.

C'était en 1988, et depuis lors, son équipe et lui ont découvert des arbres encore plus âgés tout le long de l'escarpement, les plus vieux se trouvant dans le parc national de la Péninsule-Bruce et le parc marin national Fathom Five. Sur l'île Flowerpot, on a trouvé un thuya âgé de 1 845 ans, mort depuis environ 1 500 ans. Le plus vieil arbre vivant trouvé jusqu'ici a plus de 850 ans.

Toutefois, ce qui est le plus surprenant, c'est la survie même de cet ancien écosystème. Ces thuyas, ces lichens et ces mousses poussent sur des corniches ou dans des fissures de falaises abruptes, loin de tout sol nourricier. Les vents violents, la glace, les chutes de roches et le flamboiement du soleil tourmentent les arbres et leur donnent ces formes naines et tordues. L'arbre âgé de 1 845 ans ne mesurait que 1,5 mètre de haut!

Comment expliquer cette végétation? C'est que si les falaises ne sont pas un endroit particulièrement propices à la croissance, elles sont par contre l'un des endroits les plus sûrs. Dans ces endroits inaccessibles, il n'y a ni feu de forêt, ni exploitation forestière.

Les thuyas font partie d'un écosystème beaucoup plus complexe qu'on ne l'a d'abord pensé. La face apparemment nue de la falaise est en fait couverte de mousses et de lichens, et les innombrables creux et crevasses sont habités par des corbeaux, des urubus à tête rouge, des hirondelles et des chauves-souris. Les thuyas ne sont que l'élément le plus visible d'un écosystème étrange et merveilleux qui s'étend des chutes Niagara jusqu'au parc national de la Péninsule-Bruce et aux îles du parc marin national Fathom Five.

Cryptoendolithique
Cryptoendolithique
© Parcs Canada/ Collection BP

Les roches mêmes grouillent d'une vie cryptoendolithique. Ce mot signifie " caché dans la roche ", et on l'emploie pour décrire les algues vertes et les champignons microscopiques qui croissent à l'intérieur même de la falaise dolomitique, dans la roche même!

Faune

Cerf de Virginie
Cerf de Virginie
© Parcs Canada/ Collection BP

La péninsule Bruce abrite une grande variété d'animaux. On voit communément des espèces comme le tamia, l'écureuil, le raton laveur, le porc-épic, le lièvre d'Amérique, la moufette, le cerf de Virginie, ainsi que des serpents et des grenouilles. Présentes, quoique moins communes, sont des espèces comme l'ours noir, le renard, le pékan, la martre et le massasauga.

Ours noir fouillant dans les déchets
Ours noir fouillant dans les déchets
© Parcs Canada/ Collection BP

Les ours noirs sont des créatures magnifiques et impressionnantes et, lorsqu'ils ont peu de contact avec les humains, ils ont tendance à les éviter. Ils sont cependant fortement attirés par la nourriture des humains et par les déchets et ils perdent leur crainte naturelle s'ils s'habituent trop à manger déchets et nourriture mal entreposés. Ces ours " dénaturés " peuvent alors causer de graves problèmes.

Pour éviter les mauvaises rencontres lorsque vous campez, prenez soin de ranger votre nourriture dans votre véhicule. Si vous vous trouvez dans un endroit éloigné, entreposez votre nourriture à l'écart de votre emplacement de camping ou utilisez un contenant à l'épreuve des ours. Rappelez-vous que les glacières et les tentes ne sont pas à l'épreuve des ours. Ramenez tous vos déchets dans des sacs de plastique scellés. Ne mangez jamais sous la tente et n'entreposez jamais de nourriture dans votre tente.

Le massasauga, un serpent à sonnettes, est une espèce menacée dont on ne trouve plus que quelques populations dispersées. Autrefois, ce serpent se trouvait partout dans le sud de l'Ontario. Lors de vos randonnées dans la région, portez des pantalons longs ou des chaussettes épaisses et des bottes. Regardez toujours où vous poser les mains et les pieds.

Massasauga
Massasauga
© Parcs Canada/ Collection BP

Le parc national de la Péninsule-Bruce joue un rôle important dans la préservation d'un habitat accueillant pour la faune. Si vous prévoyez visiter la région, prenez le temps d'en apprendre davantage sur l'ours noir et le massasauga en communiquant avec le parc.