Parc national du Canada Auyuittuq

Végétation

L'Arctique est bien connu pour sa période de floraison courte mais intense. En juillet et au début d'août, les visiteurs peuvent se régaler du merveilleux spectacle que leur offre la toundra : des tapis de fleurs sauvages minuscules mais robustes qui transforment le paysage en une fresque aux couleurs vives.

Linaigrette de Scheuchzer © Sonia Langer

Le parc national Auyuittuq chevauche le cercle arctique dans une zone de transition écologique entre l'Extrême Arctique et le Bas Arctique. Le territoire inhospitalier du parc, dominé par la roche et la glace, restreint à la fois la diversité et la répartition des plantes. La végétation ne recouvre que 15 % de la superficie du parc, et elle est pour l'essentiel concentrée au creux des vallées et au pied des pentes, à moins de 500 m au dessus du niveau de la mer.

La diversité des plantes est plus faible dans le parc national Auyuittuq que dans d'autres régions de l'Arctique. Les chercheurs n'y ont recensé que 112 espèces de plantes vasculaires, 97 espèces de lichens et 136 espèces de bryophytes (mousses). Cependant, il est possible que le parc serve d'habitat à d'autres espèces de lichens et de mousses qui n'ont pas encore été découvertes.

Les plantes de l'Arctique doivent surmonter de nombreux obstacles pour survivre, mais elles sont remarquablement bien adaptées à leur environnement inhospitalier. Voici quelques uns des facteurs qui font obstacle à leur croissance :

  • le pergélisol, qui limite la profondeur du système racinaire;
  • les températures basses de l'hiver (les plantes doivent résister à un gel soutenu);
  • les étés courts et frais, qui limitent la productivité et la croissance en ralentissant le métabolisme des plantes et l'activité des insectes pollinisateurs;
  • la quantité limitée d'azote dans le sol, qui est attribuable au faible taux de décomposition des matières organiques (à cause du pergélisol et des températures basses);
  • les vents forts, qui peuvent causer des dommages aux plantes par abrasion (particules de sable ou de glace emportées par le vent);
  • les faibles précipitations.

Les plantes possèdent divers moyens d'adaptation qui leur permettent de survivre dans ces conditions hostiles. Certaines poussent en rosettes (groupes de feuilles rapprochées) ou en tapis dense, ce qui limite la perte de chaleur. D'autres sont pourvues de tiges velues ou de gaines laineuses. Toutes les plantes de l'Arctique sont petites et poussent au ras du sol.

Dryade à feuilles entières © Parc Canada

Les plantes possèdent divers moyens d'adaptation qui leur permettent de survivre dans ces conditions hostiles. Certaines poussent en rosettes (groupes de feuilles rapprochées) qui limitent la perte de chaleur. D'autres sont pourvues de tiges velues ou de gaines laineuses. Toutes les plantes arctiques sont petites et poussent au ras du sol.

La plupart des plantes de l'Arctique contiennent une quantité variable d'un pigment appelé anthocyanine, composé qui, en absorbant les rayons solaires, permet à la photosynthèse de s'opérer à des températures plus basses qu'à la normale. Lorsque la végétation est abondante, les températures à la surface du sol peuvent être jusqu'à 20 oC supérieures à la température de l'air, en raison de la présence de l'anthocyanine, qui absorbe la chaleur. Les plantes de couleur foncée emmagasinent plus de chaleur que les plantes de couleur pâle, mais ces dernières contiennent malgré tout une certaine quantité d'anthocyanine (masquée par d'autres pigments).

Les plantes ont recours à plusieurs stratégies de reproduction. De nombreuses espèces arrivent à se reproduire par fragmentation des tiges, des rhizomes ou du système racinaire (multiplication végétative). Certaines plantes dépendent d'insectes pollinisateurs, alors que d'autres ont besoin du vent pour propager leurs graines. Dans le cas des espèces qui dépendent des insectes, il arrive que les fleurs mâles et femelles poussent les unes à proximité des autres, de manière à accroître les chances de pollinisation. Compte tenu de la faible densité de la faune, les plantes qui ont besoin d'oiseaux ou de mammifères pour disperser leurs graines sont plutôt rares.

Il convient également de mentionner un autre moyen d'adaptation intéressant, la capacité de certaines plantes de tolérer des conditions exceptionnellement froides pendant plus d'un an et de suspendre leur croissance et leur reproduction jusqu'au retour de températures plus clémentes l'année suivante.