Parc national du Canada Wood Buffalo

Guide des cours d'eau du parc national Wood Buffalo et des environs

Rivière de la Paix: Fort Vermillion à Peace Point

Durée de l'excursion : 6 à 8 jours
Longueur du parcours : 307 km
Pente moyenne : 0,2 m par km
Classification :
  1. Ensemble de la rivière - classe II
  2. Rapides - classes I à V
  3. Compétence du pagayeur - Intermédiaire, canot ouvert
Point de départ : Rampe de mise à l'eau de Fort Vermilion
Point d'arrivée : Peace Point, parc national Wood Buffalo
Points d'accès :
  1. Jetée Adam, kilomètre 74 sur la rive gauche, tout juste en aval de la réserve indienne Jean d'Or Prairie.
  2. Communauté de Fox Lake, kilomètre 102 , sur la rive droite, inaccessible par la route.
Cartes nécessaires : SNRC - échelle :
1:250 000
84 K Mount Watt
84 J Rapides Vermilion
84 I Lac Claire
84 P Peace Point
SNRC - échelle :
1:50 000
84 J/7 Rapides et chutes Vermilion
84 P/2 Rapides Boyer
Cartes d'accès provinciales 84 N/K
84 O/J
84 P/I

Carte hydrographique du Canada

  • Carte 6322 Rivière de la Paix-Rivière Jackfish jusqu'aux chutes Vermilion (échelle : 1:63 360)
  • Carte 6321 Rivière de la Paix-Lac Athabasca et Rivière des Esclaves jusqu'à la rivière Jackfish (échelle : 1:63 360)

Ce parcours étant situé dans une région très sauvage, il faut soigneusement préparer l'excursion et s'assurer du bon état de l'équipement avant le départ.

En aval de Fort Vermilion, la rivière de la Paix s'écoule dans une large et basse vallée. Il existe de bons emplacements de camping, moins nombreux que sur le cours supérieur, le long des plages sablonneuses de la rivière. Le paysage est en général plutôt uniforme : la rivière est extrêmement large, le terrain est plat et le parcours s'étire en longues courbes qui semblent interminables. Toutefois, les rapides et les chutes Vermilion ainsi que les rapides Boyer sont spectaculaires.

Le confluent de la rivière Wabasca, au kilomètre 58 sur la droite, constitue le premier repère important. L'île Donnelly se trouve à deux kilomètres et demi en aval du confluent. Elle signale l'approche des rapides et des chutes Vermilion, 20 km plus bas. À partir de ce point, il faut maintenir l'embarcation entre l'île Donnelly et la rive droite de la rivière jusqu'aux rapides. Un autre repère sur la rive gauche, la jetée Adam, signale encore l'approche des rapides.

De la jetée Adam, une piste traverse en direction nord la réserve indienne Jean d'Or jusqu'à la route 58. À 10 km en amont des rapides, on voit ensuite apparaître un chapelet d'îles au milieu de la rivière. Il faut éviter de rester au nord de ces îles, car leur partie inférieure se trouve à une distance dangereuse de l'extrémité nord des rapides. Aux premiers grondements des rapides, qui se font entendre à 2 km en amont, il faut piquer vers la rive sud (à droite).

En s'approchant d'un groupe de vieilles cabanes sur la rive droite, d'énormes rochers, d'un côté à l'autre de la rivière, deviennent nettement visibles à l'entrée des rapides. Les rapides s'étendent en biais, la partie la plus basse sur la droite. Le sentier de portage est situé à environ 135 m en amont des eaux vives; il se dirige vers un chemin qui suit la rivière sur une distance d'environ 8 km . Dans une clairière au point de jonction se trouve une vieille cabane de trappeur.

Le niveau d'eau de la rivière déterminera en grande partie le meilleur moyen de contourner les rapides. Un portage de 8 km le long de la rive droite permet d'éviter à la fois les rapides et les chutes. En période de forte crue, le courant devient très fort, des vagues déferlantes submergent tout, sauf les plus gros rochers, et les abords plats de la rive sont inondés. Les rapides sont alors classés V ou VI et un long portage devient nécessaire. Lorsque le débit de la rivière est faible ou moyen, la descente est en partie réalisable. Il faut cependant exécuter d'adroites manoeuvres et se sortir des embâcles de billes de bois le long du rivage. En temps normal, les rapides sont classés II ou III; en régime de basses eaux, ils se changent probablement, sur la droite, en rapides de classe IV, exigeant des manoeuvres précises pour engager le canot dans les rares passages qui se forment à travers un labyrinthe d'énormes rochers. Quel que soit le débit de la rivière, il faut recourir au portage pour franchir les chutes!

La rivière tombe ensuite en cascade sur des paliers de roche calcaire : ce sont les chutes Vermilion. En basses eaux, les chutes atteignent entre 4 et 5 m de hauteur, mais en période de crue cette hauteur diminue de beaucoup. Les cascades ne couvrent pas toute la largeur de la rivière; elles sont entrecoupées par certaines portions plus élevées qui émergent de l'eau. La carte SNRC 1:250 000 ne donne pas une idée juste de la dimension des cascades. La carte SNRC 1:50 000, qui représente une zone beaucoup plus petite, est plus précise.

En période de crue, il est préférable d'opter pour le sentier de portage plus long qui surplombe la rivière afin de contourner les chutes. L'équipe de Canotage Alberta en a fait l'expérience alors que le débit de la rivière était moyen. « Nous avons d'abord effectué une reconnaissance, comme d'habitude, puis nous avons pagayé le long de la rive droite jusqu'à l'embâcle de billots près de l'entrée des chutes. À cet endroit, nous nous sommes regroupés autour des billots et nous avons hâlé les canots sur les rochers à dix pieds environ en amont de la première cascade. »

Le portage de 69 m contournant les chutes est très agréable lorsque le débit est moyen car on peut marcher à l'aise sur les rochers plats du rivage. Il existe deux endroits pour embarquer : tout de suite après la dernière cascade ou à environ 183 m plus bas. À ce dernier endroit, il faut traverser deux petits gouffres; l'équipe a donc décidé de s'embarquer juste après les chutes.

En aval des chutes, la rivière de la Paix retrouve ses caractéristiques familières - elle s'écoule paresseusement entre des rives très basses, en s'étirant sur une largeur moyenne de 1,6 km, et on y trouve de temps à autre des emplacements de camping sur des plages sablonneuses. Il est possible de trouver un peu de ravitaillement dans la collectivité isolée de Lake Fox, au kilomètre 102.

Les cartes SNRC indiquent, en aval de la rivière Garden, les vestiges intéressants d'anciens méandres desséchés qu'il est toutefois impossible d'apercevoir de la rivière à cause du relief peu accidenté du terrain. À partir du kilomètre 288, la rivière s'engouffre entre de hautes falaises de gypse crayeux, et se jette après la première courbe à droite dans les rapides Boyer (Bouillé). On peut facilement éviter les rochers et les vagues déferlantes des rapides en pagayant du côté gauche de la rivière, près du rivage d'une île, ou encore en serrant vers l'intérieur. Peace Point se trouve à 13 kilomètres plus bas sur la rive gauche (nord). Une route sans revêtement part de là et se dirige vers le nord, en passant par le lac Pine, jusqu'à Fort Smith (Territoires du Nord-Ouest) où elle rejoint la route territoriale 5 vers Hay River et la route du Mackenzie.

Remarque : Pour obtenir plus d'information sur les territoires situés au-delà de Peace Point, veuillez consulter la description de la rivière des Esclaves.

Source : Canoe Alberta, A Guide to Alberta's Rivers 1978 (épuisé).

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