Parc national du Canada Tuktut Nogait

Kayakiste au pied des chutes La Roncière Kayakiste au pied des chutes La Roncière
© Parcs Canada / G.Wall

Le parc Tuktut Nogait est une région sauvage reculée

Le parc national Tuktut Nogait, qui représente la région naturelle des Collines de la toundra, figure parmi les aires protégées les plus isolées d’Amérique du Nord. La collectivité la plus proche, le hameau arctique de Paulatuk, se trouve à 40 km à l’ouest du parc par avion. Les visiteurs doivent parfois affronter des conditions météorologiques extrêmes, et ils n’ont accès à aucune installation dans le parc. Parcs Canada n’a pas de personnel de recherche et de sauvetage dans le parc. Son équipe de sauveteurs couvre l’ensemble des parcs nationaux de l’Arctique de l’Ouest. Les opérations de recherche et de sauvetage peuvent être retardées par le mauvais temps, la topographie, la disponibilité des aéronefs et divers autres facteurs.

Si votre groupe a besoin de premiers soins, il se peut que vous deviez dépendre exclusivement de l’expertise de vos coéquipiers. Les visiteurs doivent être en bonne forme physique et avoir l’expérience des déplacements en milieu sauvage. Il faut posséder des techniques avancées de secourisme en milieu sauvage et avoir l’équipement et les connaissances nécessaires pour affronter toutes les situations qui pourraient se présenter sur le plan médical ou météorologique.

Pour faire une excursion agréable et sécuritaire dans le parc national Tuktut Nogait, il faut un travail de planification et de préparation soigneux.

Climat

Le climat du parc national Tuktut Nogait peut être extrêmement hostile. Même en plein cœur de l’été, les longs épisodes de pluie, de vent glacial et de gel sont assez courants, et il en va de même pour les tempêtes de neige. Le parc peut se retrouver soudainement sous l’emprise d’un brouillard épais en tout temps pendant l’été et au début de l’automne. Il devient alors dangereux de tenter quelque déplacement que ce soit. Les vastes étendues de toundra offrent peu de protection naturelle. Les visiteurs du parc doivent apporter de l’équipement robuste, une quantité suffisante de vêtements chauds et imperméables ainsi que de bonnes provisions de carburant pour leur réchaud.

Hypothermie

L’hypothermie survient lorsque la température centrale du corps baisse à moins de 35 °C. Si la situation persiste, les symptômes peuvent passer de l’empâtement de la parole et d’un manque de coordination à des frissons incontrôlés, à une perte de conscience et, finalement, à l’arrêt cardiaque. Pour éviter l’hypothermie, il faut manger des aliments à forte valeur énergétique, éviter de se déplacer dans des conditions météorologiques extrêmes, s’habiller chaudement et enlever immédiatement les vêtements humides ou mouillés.

Qualité de l’eau

Malheureusement, des cas de giardiase (lambliase) ont été signalés dans le parc national Tuktut Nogait. La giardiase est causée par un protozoaire parasite qui se trouve dans de nombreuses régions sauvages du Canada. Les symptômes – douleurs abdominales, crampes, nausée et fatigue – peuvent être légers ou graves. La déshydratation est un risque qu’il ne faut pas prendre à la légère. Purifiez votre eau en la filtrant (<0,5 micron), en la faisant bouillir ou en la traitant chimiquement (l’iode est jugé plus efficace que le chlore pour prévenir la giardiase).

Rage

La rage est une maladie grave qui s’attaque au système nerveux et au cerveau. La rage peut se transmettre par des animaux infectés par le virus. En général, la maladie se propage lorsqu’un animal atteint mord un autre animal ou un humain. Dans le parc national Tuktut Nogait, les animaux comme le renard, le loup, l’ours et le caribou peuvent être porteurs du virus. Méfiez-vous de tout animal qui vous paraît curieux, apprivoisé ou anormalement audacieux. Tenez-vous loin de tous les animaux sauvages, et rappelez-vous que la Loi sur les parcs nationaux du Canada interdit à quiconque de toucher un animal sauvage, de le nourrir, de l’attirer ou de s’en approcher.

les moustiques sur le chapeau les moustiques sur le chapeau
© Parcs Canada

Insectes piqueurs

Les insectes piqueurs, tels que les moustiques et les mouches noires, peuvent être très agaçants par temps doux et calme. Cependant, les températures fraîches et les vents fréquents les tiennent généralement en échec. Envisagez d’apporter un petit flacon de chasse-moustiques ainsi qu’un manteau et un chapeau qui peuvent servir de moustiquaires.

Ours

Le parc Tuktut Nogait sert d’habitat au grizzli de Richardson (Ursus arctos). Cette espèce d’ours se rencontre partout dans le parc, mais il est présent surtout dans les zones où la végétation pousse en abondance. Avant votre excursion, nous vous recommandons de vous familiariser avec le dépliant Vous êtes au pays des ours, que vous pouvez vous procurer au bureau de Parcs Canada à Inuvik. La vidéo En sécurité au pays des ours, qui peut être visionnée à l’un ou à l’autre des bureaux de Parcs Canada, est également une excellente ressource.

Adoptez des habitudes sécuritaires pour le camping, la préparation des repas et le rangement des provisions. Déplacez-vous en groupe, restez vigilant et guettez toute trace signalant le passage récent d’un ours. En randonnée, criez, chantez ou parlez fort pour annoncer votre présence, surtout à proximité de ruisseaux et dans des parcelles de broussailles denses au creux des vallées. Si vous rencontrez des carcasses de gros animaux, quittez le secteur immédiatement.

La répartition des ours polaires est étroitement liée à celle des glaces de la banquise permanente. La plupart des ours polaires restent sur la banquise dérivante tout au long de l’été et ne devraient donc poser aucun risque pour les visiteurs du parc. Il leur arrive toutefois de gagner la côte lorsque le vent emporte la banquise permanente vers le sud, en direction de la terre ferme.

Communiquez avec le personnel de Parcs Canada à Inuvik pour vous renseigner sur les comportements à adopter en cas de rencontre avec un ours et sur les dispositifs d’effarouchement recommandés. Les armes à feu sont interdites dans le parc.

L’entente sur la création du parc national Tuktut Nogait reconnaît la valeur inhérente des populations d’ours en santé dans le parc et la valeur économique de la chasse à l’ours pour les résidents de Paulatuk.

Bœufs musqués

Bien que peu nombreux, les bœufs musqués se rencontrent un peu partout dans le parc. Ils peuvent sembler relativement dociles, mais ce sont en fait des animaux extrêmement dangereux dont il faut éviter de s’approcher. Les mâles en rut sont particulièrement agressifs. Les bœufs musqués peuvent charger : tenez-vous à une distance sécuritaire.

Traversée à gué de cours d'eau

Quelle que soit l’excursion, les randonneurs doivent s’attendre à devoir traverser de petits ruisseaux à gué. La traversée de grands cours d’eau comme la rivière Hornaday ou la rivière Brock peut se révéler extrêmement dangereuse, surtout après de longues périodes de pluie et pendant la fonte printanière. Ces rivières ne doivent être franchies que lorsque le niveau d’eau est bas, et il faut avoir l’expérience de la traversée de rapides dans l’arrière-pays.

Lorsque vous traversez des cours d’eau :

  • Évaluez les conditions et ne traversez que si vous estimez pouvoir le faire sans danger.
  • Repérez un endroit où l’eau est peu profonde et où le courant est faible.
  • Effectuez la traversée tôt dans la journée, lorsque l’eau est à son niveau le plus bas.
  • Portez des bottes ou des sandales pour prévenir les coupures causées par des roches pointues et pour avoir un meilleur équilibre.
  • Évitez de porter des cuissardes; elles pourraient se remplir d’eau pendant la traversée.
  • Défaites les sangles de votre sac à dos à la taille et à la poitrine.
  • Servez-vous d’un bâton de marche et placez-le en amont pour pouvoir vous y appuyer.
  • Traversez le cours d’eau à la diagonale, en faisant face à l’amont et en cédant au courant.

Chutes

Les voies navigables du parc sont jalonnées de magnifiques cascades d’eau. Bon nombre de ces chutes se trouvent dans des canyons profonds où le terrain environnant est souvent rocheux, boueux, glissant et très instable.

Le parc est entièrement dépourvu de glissières de sécurité et d’autres dispositifs de protection. Soyez extrêmement prudent lorsque vous vous trouvez aux environs des chutes ou que vous prenez des photos. Un pas au mauvais endroit pourrait avoir des conséquences graves.

Crues soudaines

Le pergélisol et le tapis végétal mince aux environs des nombreux canyons du parc accélèrent le ruissellement en période de forte pluie. L’écoulement de toute cette eau dans les couloirs étroits des canyons fermés peut rapidement entraîner des crues.

Falaises du canyon Falaises du canyon
© Parcs Canada / Shane Goeson

Évitez de vous enfoncer dans des canyons pendant les périodes pluvieuses prolongées ou pendant les journées chaudes du printemps, lorsque la neige fond dans les nombreuses vallées latérales.

Pentes instables

Dans bien des cas, les pentes escarpées qui longent les canyons, les berges des rivières et d’autres secteurs du parc sont faites de matériaux non consolidés. Les randonneurs qui s’y aventurent s’exposent à des risques d’éboulements et de coulées de sable ou de boue. Ne vous engagez jamais sur des pentes escarpées par temps pluvieux et évitez-les également lorsque vous choisissez votre emplacement de camping.

Berges sapées et parois rocheuses en surplomb

Dans le parc, bon nombre des parcours de randonnée naturels suivent des berges de rivière pendant de courtes périodes. Ces sections se trouvent souvent au pied de berges érodées par la base et de parois rocheuses en surplomb qui, en s’éboulant, pourraient causer des blessures. Ne trouvez jamais refuge sous des surplombs par mauvais temps et, si vous avez accès à un autre parcours, évitez-les carrément.

Choix de parcours et orientation

La plupart des parcours de randonnée du parc suivent des repères naturels, tels que des cours d’eau, des canyons et des eskers. Ces points de repère sont faciles à identifier sur le terrain et figurent sur les cartes topographiques. En s’y fiant, il n’est donc généralement pas difficile de s’orienter et de suivre son parcours.

Les visiteurs qui ont moins d’expérience ne devraient jamais tenter de traverser les grandes étendues planes de la toundra à l’écart des parcours de randonnée recommandés. Il est très difficile de s’orienter sur ce terrain vaste et sans relief. Les boussoles ne sont pas fiables dans certains secteurs du parc. Il est recommandé de transporter un récepteur GPS de bonne qualité.